‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 12 sur 110 · LES DESTRUCTIONS. — LES PROJETS. — LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

LES DESTRUCTIONS. — LES PROJETS. — LES ŒUVRES

Trois parts dans l'œuvre pédagogique de la Révolution : les destructions, les projets, les œuvres. — L Les destructions. Dès le principe^ unani- 'mité sur ce point : la nécessité d'une nouvelle organisation des études.

— Cahiers des États généraux. *— Projets émanés de membres de l'Université. — Pouvoir discrétionnaire et sans limites de l'Assemblée nationale.

— Ce qu'elle en fait : au lieu de réformer, elle détruit. — Longue agonie des collèges et des uoiversités. — Décrets successifs qui les ruinent ou les frappent dans leur personnel. — Abolition des dîmes et des octrois. — Constitution civile du clergé. — Serment — Suppression des corporations. — Vente des biens des collèges. — Dernière distribution des prix du concours général. — Pétition du 15 septembre 1793. — L'Université condamnée par la rue et exécutée par la Convention. — II. Les projets. Le travail de Mirabeau sur l'éducation publique. — Le rapport et le projet de Talleyrand. — Le rapport et le projet de Condercet. — Le projet de Lanthenas. — Le projet de Lakanal. — L'essai de Lepelletier de Saint- Fargeau. ^ Le projet de la commission des ^euf — III. Les œuvres. Le décret du 29 frimaire an IL — Le décret du 9 pluviôse an II. — Le décret du 12 germinal an II. *— Le décret du 18 prairial an IL — L'École normale. — Les écoles de santé. — Le Muséum. — L'École révolutionnaire de Mars. — L'École Polytechnique. — Le décret du 27 brumaire an III. — Le décret du 7 ventôse an llf : les écoles centrales. — L'école des langues orientales vivantes. — Le décret du 3 brumaire an IV : écoles primaires, centrales, Institut. — Testament de la Convention.

Il y a plusieurs parts à faire dans l'œuvre pédagogique de la Révolution : la part des destructions, la part des essais et des projets, la part des œuvres et la part des résultais.

Après avoir jeté bas toutes jcs fondations de l'ancien régime, constituants, législateurs et conventionnels entreprennent successivement d'élever sur ses ruines un monument grandiose, et s'épuisent en d'interminables et fastidieux efTorts sans y parvenir. Cependant, à la Qn, dans les tout derniers jours de la Convention, ce laborieux enfantement aboutit: un vaste projet* embrassant tous les degrés d'enseignem.ent voit le jour, et bientôt, à la période des tâtonnements, succède une période d'action, de mise en œuvre. Le Directoire tente de donner corps et vie à ce projet, legs suprême de ses terribles devanciers; un sérieux essai se poursuit ainsi pendant plusieurs années, jusqu'au moment où, devant la faiblesse des résultais acquis, la nécessité d'une nouvelle organisation se fait sentir. — On se propose de parcourir ces diverses phases de l'histoire de l'instruction publique pendant la Révolution, sans toutefois leur accorder une égale importance. On s'attachera de préférence à la dernière, qui est de beaucoup la plus intéressante et la moins connue. Le reste tiendra facilement en un seul chapitre.

Lorsque le 5 mai 1789, les États généraux se réunirent, il n'y avait peut-être pas une seule des institutions de l'ancien régime qui n'appelAtde profondes réformes. Les finances, l'administration, l'armée, les parlements, la noblesse, le clergé, les corporations, les jurandes et les maîtrises, toutes ces fondations, vieilles de plusieurs siècles, branlaient à crouler. Môme, à considérer l'ardeur des esprits et le grand mouvement d'idées devant lequel la royauté venait de capituler, c'était miracle qu'elles fus-

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