I/instruction publique dans l'ancien diocèse de Rouen
8 l'instruction pobltoue et la révolution
district de Rouen, on en comptait seulement 15 où il n'y avait pas d'école. » Quant à la ville mdme, elle comptait des écoles de deux sortes, et il y en avait plusieurs de chaque sorte : celles des maitines écrivains jurés et celles de charité, ces dernières exclusivement réservées i la classe indigente et généralement tenues par les frères de la Doctrine chrétienne. Les maîtres écrivains n'étaient pas moins de 35 en 1789.
Dans ce même diocèse de Rouen, M. de Beaurepaire constate encore l'existence de 5 congrégations de femmes vouées à renseignement: Ursulines, sœurs de Notre-Dame, sœurs grises de la Providence et d'Ernemont, dont les écoles étaient presque partout complètement gratuites.
Les Ursulines, qui possédaient plus de 300 maisons' en France dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, étaient établies à Pontoise, à Eu, à Gisors» à Gournay, «à Magny, à Elbeuf, à Dieppe et à Rouen. Dans ces deux dernières villes, le chitl're de leurs élèves se montait à près de 1000 et celui de leurs membres à plus de 100.
Les religieuses de la congrégation de Notre-Dame tenaient deux établissements, l'un à Gaudebec et l'autre à Rouen.
Les sœurs grises ou des écoles charitables en avaient fondé 7 i Rouen et dans les faubourgs.
Les sœurs de la Providence en comptaient plus de 20 dans le diocèse.
Les sœurs d'Ernemont possédaient 4 écoles considérables à Rouen et rayonnaient sur tout le département ^ Au fur et à mesure qu'on avance dans le dix-huitième
1. J*emprunte ce chiffre à M. J. Jolly {Histoire du tnouvement intellectuel au seizième siède^ 1. 1, p. 174).
2. A partir du dix-septième siècle, chaque province pour ainsi dire a son ordre particulier : & Paris, ce senties filles de Sainte-Geneviève, les dames de TUnion chrétienne et de la Mère de Dieu qui s'établissent de 1730 à 1750 ; au Puy, ce sont les sœurs de Saint-Joseph; & Agen, celles de
siècle, leur nombre augmente dans des proportions très sen^bles. Et si Ton veut réfléchir aux conditions exprimées dans les divers contrats de ces écoles^ — nous empruntons encore cette remarque à H. de Beaurepaire, ^ on reconnaîtra quil était impossible de faire le bien à moins de frais : « 100 livres au dix-septième siècle, 150 pendant la plus grande partie du dix -huitième siècle, 250 vers la fin, c'est à ces chiffres modestes que se réduisait l'entretien d'une sœur dévouée qui apprenait non seulement à lire, à écrire et à compter aux petites filles, et suppléait le curé ou le vicaire pour renseignement du catéchisme, mais encore était la garde malade de tous les pauvres de la paroisse » et la distributrice des remèdes du roi dans les terribles épidémies qui ravagèrent à plusieurs reprises nos provinces.
Les autres diocèses n'étaient guère moins bien partagés. Dans celui d'Autun, H. de Charmasse compte S95 écoles sur 383 paroisses visitées ^ Dans celui de Ghàlons, M. Edouard Barthélémy en trouve 235 sur 319 ^ Dans celui de Sens (arrondissement de Sens), il y avait presque autant d'écoles que de communes (Quantin^). Dans celui de Goutances, au rapport de M. l'abbé Trochon, presque toutes les paroisses étaient pourvues d'écoles. « Sur les 446 communes que renferme aujourd'hui le département de TAube, écf it M. Albert Babeau \ nous pouvons affirmer que 403 au
la Foi. Un peu plus Uni, daas le Velay, les béates; ailleurs, les sœurs Marquettes, les sœurs Barrettes, les sœurs de la Charité, d'Évreux, qui avaient 89 établissements en 1785; les sœurs de la Charité de l'instruction chrétienne, de Nevers, qui en possédaient 120; les sœurs de Saint-Charles, les sœurs de Sainl-Paul, et tant d'autres qu'il serait trop long d'énumérer.