Despois : Le Vandalisme révolutionnaire
le dix-septième siècle, sous radministration de Colbert, des cours de chimie, d'anatomieel de chirurgie y avaient été institués, et bien avant la révolution, Daubenton,Jussieu, Buffon, l'avaient illustré. Toutefois, il s'en fallait que l'importance de cet établissement se fût accrue dans la proportion de celle des sciences naturelles. Son enseignement, ses collections, son étendue même, étaient devenus tout à fait insuffisants. Avec ses trois chaires, ses trois galeries et ses quelques hectares consacrés à la culture, il faisait une assez triste mine en un temps qui se piquait d'avoir découvert la nature. La botanique, popularisée par Rousseau, la zoologie surtout, révélée par Buffon, réclamaient de plus vastes espaces, d'autres aménagements, et surtout une nouvelle et plus complète organisation des études.
Il était réservé à Lakanal de préparer, et c'est l'honneur de la Convention d'avoir réalisé, cette utile réforme. Le 10 juin 1793, à l'heure même où la cause de la révolution semblait le plus désespérée, l'organe habituel du comité d'instruction publique montait à la tribune, et donnait lecture d'un rapport tendant à la transformation du Jardin des Plantes en un vaste établissement d'enseignement scientifique. De trois, le nombre des chaires était porté à douze ^ Ne fallait-il pas, disait le rapport, « ouvrira la science le livre immense de la nature ? »