‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 72 sur 110 · Gic.,2de Div., n · texte numérisé non relu

Gic.,2de Div., n

convenablement les fonctions : du moins c'est à quoi ont voulu pourvoir les souverains et les législateurs, en chargeant les pasteurs et les magistrats de veiller à ce qu'ils s'en acquittent dignement. Hoc enim in omnibus cum domesticis tum publicis doctoribus examinandum puto^ dit Quinlilien *, ilaque (ajoute-t-il) magislrum eligent sanclissimum quemque eruditum.

Telles sont, Nosseigneurs, les qualités que les pasteurs et les magistrats exigent et doivent exiger dans les instituteurs de la jeunesse. Mais si les ministres du Seigneur et les magistrats doivent veiller sur l'accomplissement de leurs fonctions, ils doivent aussi être leurs protecteurs et leur soutien; ils doivent empêcher qu'on ne leur nuise, avertir et exhorter les citoyens à écouter et profiter de leurs leçons; soutenir et approuver leurs corrections ; les exciter par leur exemple et leur autorité à ne point tolérer le vice, les aider même à le punir, comme à récompenser le mérite et la vertu. Ils doivent enfin leur procurer une honnête subsistance et pourvoir aux besoins du corps de ceux qui nourrissent l'âme et l'esprit de leurs enfans.

Nous connoissons tous combien est glorieux l'emploi d*un instituteur; combien sont estimables et respectables ceux qui l'exercent; mais nous voyons, et tout le monde doit voir avec douleur, combien ils sont avilis et méprisés de nos jours.

N'est-ce pas ici le cas de s'écrier avec le prince des orateurs romains : tempora! ô mores! temps ! ô mœurs! Que sont devenus ces tems heureux où les maîtres étoient regardés comme les dépositaires de l'autorité souveraine, comme les gardiens du plus précieux trésor de l'État (c'est-à-dire de la jeunesse). Ge tems où les parens les considéroient comme leurs représentans, comme d'autres eux-mêmes; ce tems enfin où les enfants chérissoient leurs maîtres comme leurs pères, comme leurs meilleurs amis, en un mot comme des personnes auxquelles ils étaient redevables de quelque chose de plus beau que la vie même, et qu'ils comblaient de leurs bienfaits?

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