Réfutation de Touvrage d'Helvétius
l'instrcctiok publique. o
élèves supérieurs à tous les autres se succéder pendant le cours entier de Tannée dans les places d*honneur et décourager tous le^ autres ; j'ai vu ces cinq ou six sujets merveilleux occupés pendant six ou sept ans de l'étude des langues anciennes qu'ils n'ont point apprises. Je les ai vus tous sortir du collège sols, ignorants et corrompus. »
Voilà pour la faculté des arts ; voici maintenant pour les autres.
a Notre faculté de droit est misérable. On n'y dit pas un mot de droit français ; pas plus du droit des gens que s'il y en avait point; rien de notre code civil et criminel; rien de notre procédure, rien de nos lois, rien des constitutions de l'État, rien du droit des souverains, rien de celui des sujets, rien delà liberté, rien delà propriété,pas davantage des offices et des contrats... De quoi s'occupet-on donc? On s'occupe du droit romain dans toutes ses branches. La faculté de droit n'habite plus un vieux bâtiment gothique, mais, elle parle goth sous les superbes arcades de l'édifice qu'on lui a élevé.
a La faculté de théologie a réglé les études sur les circonstances présentes : elles sont tournées vers la controverse avec les protestants, les luthériens, les sociniens,les déistes et la nuée des incrédules modernes. Elle est ellemême une excellente école d'incrédulité ; il y a peu de sorbonnistes qui ne recèlent sous leur fourrure ouïe déisme ou l'athéisme. Ils n'en sont que plus intolérants et plus brouillons; ils le sont par caractère ou par ambition, ou par intérêt, ou par hypocrisie. Ce sont les sujets de l'État les plus inutiles, les plus intraitables et les plus dangereux...
« Notre faculté de médecine est la meilleure des quatre. On y enseigne l'anatomie, la chirurgie, le traitement des maladies dans toutes les branches, les éléments de l'histoire naturelle, la botanique^ la chimie et la pharmacie.
D'ailleurs point de pratique^ et c'est un graiMi défaut....*»
Dans Y Encyclopédiej d'AIembert va tout aussi loin ; c*est la même inspiration, le même esprit de dénigrement. Humanités, rhétorique, philosophie, mœurs, religion, sous tous ces rapports, qu'il examine successivement, noire philosophe ne trouve qu'à condamner.
Les humanités? « (Test ainsi que Ton appelle le temps que Ton emploie dans les collèges à s'instruire des principes de la langue latine. On y joint vers la fin quelque connaissarce du grec. On y apprend à expliquer tant bien que mal les auteurs anciens les plus faciles, puis à composer tant bien que mal en latin. Et cest tout. » La rhétorique? « Étendre une pensée, circonduire et allonger des périodes, faire des amplifications, presque toujours en latin, et s'habituer ainsi à noyer dans deux feuilles de verbiage ce qu'on pourrait dire en dix lignes, voilà tout le fruit qui peut être retiré de cette classe. »
La philosophie? Celle qu'on enseigne dans un grand nombre de collèges « est à peu près celle que le maître de philosophie se propose d'apprendre au bourgeois gentilhomme. »
Les mœurs et la religion? ce Quand la corruption fut-elle plus grande? Au .résumé, après dix ans passés dans un collège, un jeune homme, un bon élève encore, en sort avec la connaissance imparfaite d'une langue morte, avec des principes de rhétorique et de philosophie qu'il doit tâcher d'oublier, souvent le corps etrâme également flétris par de précoces débauches, quelquefois avec les principes d'une dévotion mal entendue, mais le plus ordinairement avec une connaissance de la religion si superficielle qu'elle
1. Il n'y avait pas, au temps de Diderot, une seule chaire de clinique en France.