‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 80 sur 110 · MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR

CONSEIL d'instruction PUBLIQUE

Extrait du procès-verbal de la séance du 16 pluviôse an VIII de la République française, composé des citoyens Lagrange, Garât, Palissot, Ginguené^ Domergue, Darcet, Lebreton, Jacquemont et Tracy.

Après avoir entendu la lecture de la correspondance, un membre a proposé de présenter au ministre le rapport suivant :

Citoyen Ministre,

Le Conseil a examiné avec beaucoup d'attention le dépouillement qu'il a fait faire de la correspondance des conseils d'administration et des professeurs des écoles centrales ; il a recueilli les renseignements que ces professeurs y donnent, les vues qu'ils y exposent, môme les plaintes qu'ils y font, pour vous faire connaître l'état au vrai de l'instruction publique dans la France, les espérances et les craintes qu'il est permis d'en concevoir et les améliorations qu'il est possible d'y apporter, sans toutefois donner une trop grande commotion à cette vaste machine telle qu'elle est établie ; car les pièces mêmes sur lesquelles s'appuie ce rapport, font témoignage que toutes les fois qu'à la tribune législative ou dans les actes du gouvernement on a annoncé le projet d'un changement ou d'une réforme dans le système d'éducation publique, cette annonce a été dans les départements le signal de l'attiédissement des professeurs, du découragement des élèves et de la désertion des écoles.

Il est cependant quelques réformes très légères qui sont désirées de tous les bons esprits ; elles sont demandées d'une manière très instante par la plupart des professeurs, et leur vœu à cet égard est déposé dans la correspondance dont le Conseil va vous rendre compte. Mais peut-être est-il nécessaire, citoyen ministre, de se reporter d'abord à l'époque où le Conseil fut institué^ et à l'état dans lequel il trouva les écoles centrales; de retracer en très peu de mots la marche qu'il a prise, pour tirer un parti plus heureux de ces établissements, et de vous faire connaître le résultat de ses efforts. C'est un moyen de mettre tout à la fois &ous vos yeux le but de cette institution et la manière dont on a essayé de l'atteindre; et les améliorations déjà obtenues, malgré les obstacles qu'opposait sans cesse une loi faite dans des temps difficiles', seront un sûr garant des succès qu'il sera permis d'attendre des écoles centrales, lorsque des changements très faciles auront fait disparaître les obstacles dont nous parlons.

Le Conseil d'instruction publique a été institué pour examiner les livres élémentaires, imprimés ou manuscrits, destinés aux écoles centrales ou primaires, les cahiers et les vues des professeurs de ces écoles, et, enfin, pour s'occuper sans cesse des moyens de perfectionner l'éducation républicaine. Avant de prescrire aux professeurs et aux élèves l'usage de tel ou tel livre, le Conseil a cru devoir s'informer d'eux-mêmes quels étaient les ouvrages dont se servaient ceux d'entre eux qui n'avaient point composé de cahiers pour leurs cours; leurs réponses ont fait connaître que ces ouvrages étaient en général : pour les cours de langues anciennes, les méthodes de Oail et de Guéroult, appliquées aux meilleurs autears grecs et lalins; pour Thistoire naturelle, Buffon, Jussieu, Daubenton, Lacépède, Cuvier, etc.; pour les mathématiques, fiezout, Bossut, Lcgendre, Cousin; pour les cours de physique et de chimie, Fourcroy, Brisson, Cuitton, Hangt, etc.; pour la grammaire générale, Condillac, Dumarsais, Duclos, Court de Gebelin, Locke et Harris ; pour les belles-lettres, Le

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