EFFET DE L’EXERCICE MUSCULAIRE SUR LE SANG ET L'AIR ALVÉOLAIRE
L'exercice musculaire a des conséquences respiratoires plus complexes.
Le point de départ de ces perturbations n’est plus dans les qualités de l’air respiré, il est humoral.
L'exercice musculaire augmente les oxydations, appauvrit le sang en O? et le charge d’une grande quantité de CO2.
D’autre part la contraction musculaire enrichit le sang en acide lactique qui est « tamponné » par la réserve alcaline formant ainsi des lactates. L’acidose
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du sang pendant l’exercice musculaire est tout d’abord une acidose gazeuse due au CO?, puis une acidose non gazeuse, c’est-à-dire avec une réserve alcaline abaïissée de 8 à: 10 %. L’air alvéolaire est en conséquence appauvrit en COZ.
Mais ces particularités physico-chimiques, acidose gazeuse où non gazeuse se traduisent également par Pabaissement du Ph sanguin et l’excitation du réflexe respiratoire; celui-ci détermine par l’augmentation de ia ventilation une intense élimination du CO? sanguin, qui dans les deux cas neutralise cette excessive acidité
ionique du sang.
Le sang veineux au sortir des muscles en travail est appauvrit en O2. Au repos il contient 15 cè. d’02 %,; le travail musculaire abaisse ce taux à 11- 10 ce. % pendant les efforts moyens, et si exercice est à la limite des forces du sujet, il s’abaisse à 4 cc. %, (NY. Henderson). L’anoxémie du sang veineux est donc marquée pendant le travail musculaire. Mais tandis que l’anoxémie de la respiration en espace clos se manifeste aussi bien dans le sang artériel que dans le sang veineux, par défaut d’hématose oxygénée du sang au contact d’un air alvéolaire pauvre en O2, par contre le sang artériel pendant l'exercice musculaire est presque toujours suffisamment oxygéné. : | Lorsque la réponse respiratoire est normale, le sang veineux très appauvri en O2 se sature complète-
ment d’02 pendant son passage dans le poumon. Le
sang artériel est done normalement oxygéné pendant
l'exercice musculaire, La ventilation plus intense enrichit même l’air alvéolaire en O2 et le sang artériel est plus complètement saturé qu’au repos. Sa capacité pour l’O2 est également légèrement accrue par une Lyperglobulie secondaire. (Himwich et Barr, Harrisson, Robinson et Syllaba).
Cette opposition entre l’anoxémie du sang artériel pendant la respiration en espace clos et la saturation normale du sang artériel pendant l’exercice musculaire peut-elle se traduire par une réponse différente du centre respiratoire ?
Pour un taux de 12 à 8 % d’O?2 dans l’air du spiromètre, le sang artériel peut encore se saturer dans des proportions convenables et l’anoxémie artérielle cst donc assez faible pour que pratiquement nous ren tenions guère compte. En effet nous savons que la réponse à l’anoxémie ne se fait que lorsque le sang s’appauvrit en O2'dans une large mesure, tandis que la réponse à l’excès de CO? manifeste pour un faible accroissement de ce gaz dans le sang et l'air alvéolaire. | :
Aussi pouvons-nous comparer assez étroitement l’action de l’exercice musculaire et de la respiration en espace clos sur la ventilation pulmonaire.
AVANTAGES DE LA MÉTHODE D'HYPERPNÉE PROVOQUÉE PAR LA RESPIRATION EN ESPACE CLOS
Si la réaction ventilatoire causée par l’épreuve d'hyperpnée provoquée dans le spiromètre de
ti.
FER MM. Goiïffon et Parent est comparable à celle que manifesterait le sujet pendant un exercice musculaire Fr intense et créant une « soir d’air » également impé- % & rieuse, nous préférons employer la technique que nous avons décrite plutôt que d'utiliser le travail mus-
culaire fourni, par exemple par le pédalage sur un
cycle ergométrique.
Tout d’abord l'appareil est plus simple, transpor- . table et d’un usage facile; d'autre part la méthode de respiration en espace clos peut être employée sans. difficultés, ni inconvénients chez tous les sujets et
même au lit du malade. \ Nous éliminons dans une large proportion le rôle
de l'effort musculaire et ses effets sur le travail du
cœur ; l’accélération du pouls après l’épreuve d’hy-
perpnée provoquée étant très légère, de 15 à 20 pul-
sations par minute dans la moyenne des cas. Cros
Nous pouvons donc considérer cette épreuve comme
créant la réponse respiratoire du travail musculaire, sans le travail musculaire.