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D’'O2 AU COURS DE L'ÉPREUVE

\ Tout d’abord l’aplatissement de la courbe du CO2

peut être dû au jeu des bases sanguines. En effet lorsque la tension du CO? dans l’air alvéolaire dépasse celle de ce gaz à l’état normal et s’accumule dans atmosphère respirée, le sang tend à neutraliser l'effet de cette acidose gazeuse en transformant le CO2 en CO3 NaH au moyen des bases dont les tissus peuvent disposer alors au bénéfice du sang. Ce mécanisme entraîne donc une élévation de la réserve alcaline et l’accroissement du CO? dans l’air respiré se ralentit d'autant.

Quant au ralentissement dans la baisse de lO2 peut-être est-il partiellement causé par le défaut de saturation oxygénée du sang lorsque s’abaisse 14 tension de ce gaz; le ravitaillement des tissus e! par conséquent la consommation d’02 sont alors réduites.

Mais la baisse de la consommation d’O2 se fait sentir dès 13 à 12 %,, et pour les tensions de cet ordre la saturation du sang se fait encore très largement.

Dans l’air atmosphérique à 20 % d’O2 avec une ventilation normale, la tension de l’O2 alvéolaire est à peu près de 120 mm. Hg. Lorsque l’air respiré ne contient plus que 10 % d’O? la tension de ce gaz dans l'air alvéolaire, si la ventilation n’avait pas augmentée, serait donc de 50 mm. Hg. environ, et cependant le sang serait saturé à 80 %.

Comme d’autre part dans nos expériences de respiration en espace clos la ventilation s’est considérablement accrue, l'air alvéolaire contient plus de 50 mm. Hg. d’O2 ; il est presque aussi oxygéné que l'air contenu dans le gazomètre et la saturation du sang sera presque aussi complète que dans la respiration normale à l’air libre.

Rôle de la tension de l'O? du sang dans les échanges gazeux au niveau des tissus.

Si la diminution de la consommation d’O2 ne peut être due à une diminution de la saturation oxygénée du sang, il se peut qu’elle soit causée par la baisse de la tension gazeuse de l’O2 dissous dans le plasma.

En effet c’est l’O2 dissous qui joue un rôle actif dans les échanges avec les tissus, l’oxyhémoglobine n'étant qu’une réserve d’O2 (1).

(1) Les expériences d’Haldane entretenant les échanges respiratoires sur des animaux intoxiqués par le CO illustrent ce fait d’une manière éclatante. Les animaux témoins ainsi intoxiqués succombaient, tandis que ceux qui étaient placés dans une atmosphère d’O° à une tension élevée pouvaient dissoudre suffisamment d’O° dans leur plasma pour assurer les oxydations au niveau des tissus et continuaient à vivre malgré leur profonde intoxication.

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Il se peut que pour une tension de 76 mm. Hg. d’O2 dans Pair inspiré, la tension d’O2 dissous. soit trop faible pour assurer convenablement les: échanges avec les tissus. |

Le passage de l’O2 du sang artériel vers les tissus se fait grâce à la différence de tension d’O2? existant entre ces milieux. Or si la tension d’O2 dans le sang, artériel est normalement voisine de 100 mm. Hg. celle qui existe dans les tissus semble d’après les expériences de Campbell et de Y. Henderson être aux 2lentours de 30 à 40 mm. Hg. On peut concevoir qu’il puisse résulter un moindre ravitaillement en O2 de tissus, si la tension dans le sang s’abaisse vers. 60 ou. 50 mm. Hg. bien que la saturation oxygénée soit encore voisine de la normale (2).

Le CO? ralentit les oxydations.

L'augmentation du CO2 et lacidose gazeuse qui en résulte peuvent être une cause de ce ralentissement de ka consommation d’'O2. |

D’après Cordier, Magne et Mayer l’action du CO2

(2) Invérsement, c’est peut-être pour cette raïson que des sujets profondément anémiés dont le sang ne contient qu’un taux d’hémoglobine de 25 %, ce qui correspond à une capacité d’O° inférieure à 5 ce. % au lieu de 20 cc. dans le sang normal, peuvent assurer leurs échanges au niveau des tissus; car malgré la très faible quantité d'oxygène, la tension de ce gaz dissous dans le plasma des anémiques reste normale; il faut d’ailleurs ajouter que d'autre part le débit cardiaque des anémiques est dans une assez large mesure, comme l’a montré Dautrebande, inversement proportionnel à leur taux d’hémoglobine, ce qui assure un ravitaïllenrent total en O? suffisant au repos.

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abaisse la consommation d’02 d’une manière importante. Pour un taux de CO? de 8,02 % et un taux d’O2 de 19,83 %, c’est-à-dire celui-ci pratiquement normal, la consommation d’O2 est abaiïissée de 60 %. î

Or l’hypercapnie créée par la respiration en air confiné est comme nous l’avons vu à peu près du même crdre; l’abaissement de la consommation d’02 pendant l’épreuve d’hypercapnie provoquée en espace clos peut être causée au moins en partie par cette action du CO?2.

Mais l’action du CO? n’est sans doute pas seule en cause. En effet faisant respirer des sujets en aïr confiné dans les mêmes conditions expérimentales, mais après avoir rempli d'oxygène pur le gazomètre, ce qui établit un décalage entre l’apparition de l’anoxémie et l’accumulation du CO?, celle-ci précédant cellelà, nous avons observé que le ralentissement dans la consommation de l’O02 se fait encore lorsque le tauxde ce gaz n’est plus que de 13 à 12 % ; or l’aplatissement de la courbe du CO? a eu déjà lieu et dans le même délai que pendant les épreuves habituelles

pratiquées avec l’air atmosphérique.

Il semble que ce soit bien moins le taux de CO?2 que celui de l’02 lui-même qui ralentisse la consommation de ce gaz.

DES RÉACTIONS ANAÉROBIES PEUVENT SUPPLÉER A L'ANOXÉMIE

Quelle que soit la cause de ce ralentissement considérable de la consommation d’O?2 qui se manifeste

en général à partir de la troisième minute de l'épreuve, il faut conclure qu’il est accompagné soit d’une diminution du métabolisme, ce qui n’est guère vraisemblable, soit de la compensation des oxydations insuffisantes par des réactions anaérobies. Cette relative anaérobiose qu’entraînerait la respiration en espace clos paraît fort vraisemblable.

Le travail musculaire comporte une phase anaérobie que traduit l’augmentation d’acide lactique dans le sang. | :

Une semblable augmentation de lacide lactique sanguin, indice d’anaérobiose, est fréquente: dans les troubles circulatoires locaux, comme le stase veineux. Il ne paraît donc pas impossible que pendant quelques minutes un individu puisse accomplir son

métabolisme avec une quantité très diminuée d’oxy-

gène.

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