EFFETS DU BESOIN D’02 SUR LA VENTILATION PULMONAIRE
Cette constatation pose à nouveau la question de l'influence du besoin d’O2 sur la ventilation pendant l'épreuve de respiration en espace clos.
En effet, précédemment, nous avons conclu que le : taux d'environ 10 % qui se trouvait en général dans le spiromètre à la fin de l’épreuve était assez élevé pour que la saturation oxygénée du sang soit presque normale et le rôle de l’anoxémie peu important, relativement à l’acidose gazeuse créée par l’accumulation du CO? dans l’organisme et dans l’atmosphère du spiromètre.
Mais la forme particulière de la diminution de l'oxygène dans le spiromètre montre que très tôt après le début de l’épreuve le sujet cesse pratiquement de consommer l’oxygène de l’air qu’il respire? Cette particularité cache un manque d’oxygène tissulaire, par diminution des oxydations.
Pour mettre en évidence le rôle hypothétique d'un
tel besoin d’O2 sur les mouvements respiratoires au cours de cette épreuve, nous avons pensé la réaliser après avoir introduit de l’oxygène pur dans le spiromètre avant l’épreuve. L’acidose gazeuse s’établissant
ainsi avant que le taux d’O? dans le spiromètre soit
abaissé en dessous des conditions physiologiques normales nous obtiendrons une réponse de la ventilation uniquement due au CO? sans le besoin d’O2. Si le besoin d’O2 créé par l’épreuve ordinaire pratiquée dans l’air atmosphérique exerce une influence sur les mouvements respiratoires, on pourrait penser qu’il en diminue l’amplitude, car telle est en effet 1
réponse de la ventilation dans une atmosphère pauvre
en O2.
LES MOUVEMENTS RESPIRATOIRES DIMINUENT D'AMPLITUDE DANS UNE ATMOSPHÈRE PAUVRE EN O2 (HAUTES ALTITUDES, MÉLANGES ARTIFICIELS PAUVRES EN O2)
L’anoxémie causée par une diminution de l’oxygène dans l'air respiré (hautes altitudes, mélanges artificiels dans lesquels la proportion d’azote est augmentée) a pour conséquence deux types respiratoires : au premier degré une simple accélération des mouvements respiratoires, ensuite la respiration de Scheyne Stokes caractérisée par des périodes alternées d’hyperpnée et d’apnée; puis lorsque la carence d’O2 est plus sévère la respiration est « superficielle », c'est-à-dire avec des mouvements respiratoires très fréquents et de peu d'amplitude.