Kirby, vol. II, page
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» chant bien qu'elle peut Inscrire une circonférence dans » un triangle aussi bten que dans un carré ; ce qui la » guide dans le choix des points d'attache c'est leur degré » d'éloignement. Mais par exemple elle s'ap|>lique à donnera » ses câbles une solidité et une tension convenables, et dans » ce but elle les forme de cinq ou six fils collés ensemble et » le^ir adjoint tout un sj'sl^me de lignes latérales. Le cadre » ainsi préparé, elle se dispose à le remplir. Et d'abord elle at- » tache un fil à l'un des câbles, puis le gardant avec une patte » de derrière de manière à emp^Vher qu'il n'adhère au cadre, » elle passe au côté opposé où elle l'amarre. Au milieu de ce » premier fil elle en fixe un autre qu'elle relie au cadre, et » dès lors l'ouvrage marche rapidement. Durant les préli- » m inaires l'insecte se repose de temps à autre comme pour » réfléchir, mais une fois le cadre établi et deux ou trois » rayons fixés, il travaille si vite que Tœil a de la peine à » suivre ses mouvements. On compte environ une vingtaine T» de rayons dans une toile; quand ils sont finis, l'araignée se » porte rapidement au centre, les tire avec ses pattes pour les » éprouver, brise et remplace ceux qui ont un défaut. Après » cela elle décrit autour du rentre une dizaine de cercles dont » les cinq ou six premiers sont environ à une demi-ligne et » les autres à un demi-pouce de distance Tun de l'autre. Les » plus écartés lui servent pour ainsi dire d'échafaudage pour » vaquer à ses opérations aussi bien qu'à maintenir les » rayons en position pendant qu'elle les colle à d'autres » cercles dont elle remplit l'espace compris entre la limite ex- » térieure de la toile et la première série de réseaux. Pour » décrire le cercle extrême, elle se place au bout d'un rayon » et, tout en filant, le remonte vers le centre d'une distance » égale à l'écartement du rayon voisin ; puis, guidant le fil » avec une patte de derrière, elle va le coller à l'autre » rayon, et ainsi de suite. Elle procède ainsi de cercle en » cercle jusqu'à une petite distance de ceux du centre; là » elle s'arrête. Il ne lui reste plus qu'à enlever le petit flo- » con du milieu qui réunit tous les rayons : ceux-ci se trou- » vent alors seulement rattachés aux réseaux circulaires, » et leur élasticité en est probablement augmentée. C'est » dans l'espace ainsi dégagé que l'araignée se poste pour » guetter sa proie, à moins qu'elle ne se retire dans le petit
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» réduit qu'elle s'aménage sous une feuille et qui lui sert » d'abattoir*. »
D'après Bùchner, « les maîtres fils ou câbles d'attache par » lesquels l'araignée commence sa trame, sont toujours les » plus gros et les plus solides; tandis que ceux dont se com- » pose la toile sont beaucoup plus faibles. L'insecte répare » promptement les avaries, mais sans se préoccuper de son » premier devis ; son souci est de se donner le moins de peine » possible. Aussi en y regardant de près, trouve-t-on que la » plupart des toiles présentent des irrégularités. Quand il y a » menace d'orage, l'araignée qui est très économe de son » étoffe précieuse, n'a garde de tisser ni môme de réparer sa » toile, car elle sait que les éléments la mettront en pièces et » que toute sa peine serait perdue. Aussi peut- on dire en gé-
» néral que l'araignée qui file annonce le beau temps
» Les jeunes ne produisent d'abord qu'une trame fort irrégu- » lière, mais peu à peu ils apprennent à agrandir et à perfec- » tionner leur toile, aussi bien ne font-ils pas exception à la » loi universelle du progrès par la pratique et l'expérience... » Quant au site, la condition est qu'il présente des points d'at- » tache de côté et d'autre. On se demande comment, ne pou- » vant voler, les araignées s'y prennent pour tendre leurs fils » d'un bord à l'autre ; mais quelque difficile que soit la tâche, » ces ingénieuses petites créatures s'en tirent de différentes » manières. Quand la distance n'est pas trop grande elles » lancent une petite boule de matière visqueuse qui, munie » d'un fil, s'en va adhérer là où elle touche ; ou bien elles se » laissent pendre par un fil et s'en fient au vent pour les pous- » ser au but ; ou bien encore elles se glissent jusqu'au point » choisi, en filant une ligne qu'elles raidissent une fois sur les » lieux. Enfin, quelquefois elles laissent flotter dans l'air plur> sieurs fils et attendent que le vent les emporte çà et là. Les 1» rayons de la toile sont tellement élastiques qu'ils se tendent » d'eux-mêmes aussitôt que l'araignée en a amarré les extré- » mités. Le premier fil étant établi, notre petit artisan s'oc- » cupe de le renforcer jusqu'à ce qu'il soit assez solide pour! » lui servir de passerelle et lui permettre de travailler au » reste de la toile *. »