La Nature, vol. XX, page
202 AIUIGNÉES ET SCORPIONS
» au gré des ventj et des flots; un insecte surgit-il à la sur- » face pour respirer, elle fond sur lui avec la rapidité de » l'éclair, le ramène à son radeau et le dévore à loisir. Ainsi » partout dans la nature voyons-nous Tantagoiiisrae et Tas- » tuce résultant de Tégoïsme féroce qui porte les créatures » à sacrifier l'existence d'autrui pour assurer la leur. »
L'Araignée à trappe doit son nom à rap[)areil qui ferme rentrée de son nid. Ce dernier consiste en un trou cylindrique d'environ six pouces de profondeur, sans embranchement (excepté dans le cas d'une seule espèce) et tapissé de soie qui recouvre également la trappe à l'intérieur et lui sert de charnière. En ce qui concerne l'exception, l'embranchement (il n'y en a qu'un) commence à trois ou quatre pouces de l'ouverture et remonte obliquementet sans courbes jusque près du sol où il se termine en cul-de-sac. Cet embranchement est muni à son orifice d'une trappe semblable à celle de l'entrée, ajustée de manière à le fermer hermétiquement lorsqu'elle est en place, et à boucher tout aussi complètement lorsqu'elle est ouverte, le trou principal qui se trouve ainsi avoir deux clapets.
Chaque espèce s'en tient à un genre de trappe qu'elle adopte une fois pour toutes ; on en distingue quatre sortes. P La trappe -bouchon, ainsi nommée à cause de sa forme et de la manière dont elle bouche le trou comme le goulot d'ane bouteille. 2® La trappe mince, dont l'épaisseur ne dépasse guère celle d'une feuille de papier. 3® La trappe double, ou système de deux trappes l'une sous l'autre. 4<» La trappe double, à embranchement déjà décrite. Elles ouvrent toutes du dedans au dehors, et quand le nid est situé sur une pente (ce qui arrive d'habitude), la trappe ouvre de bas en haut, ce qui l'empêche de bâiller en vertu de son poids qui tend à la fermer.
Le but que se propose l'insecte étant de cacher son nid, il a toujours grand soin de donner à l'extérieur du clapet l'apparence de la surface environnante, et il y réussit si bien, grâce à remploi intelligent de morceaux de feuilles, de mousse, d'herbes, etc...., qu'un œil exercé s'y tromperait quand la trappe est fermée. Moggridge* raconte comment ayant dé-