SUICIDE DES SCORPIONS
'V habitants de la région dont il est question dans le récit » que j'ai cité. Enfin, on trouvera encore d'autres preuves à l'appui dans les articles signés « G. Biddlé » et « M. L. » que » publie le journal Nature (vol. IX, pages 29 à 4} et je ferai » remarquer que partout les circonstances qui poussent l'ani- » mal au suicide se ressemblent. Il est donc bien évident que » M. Hutchinson est mal fondé à dire que « la croyance popu- » laire au suicide du scorpion est une erreur qui repose sur » une impossibilité » ; cette impossibilité, il la trouve dans la » forme recourbée du dard qui selon lui suffirait à elle seule » pour empêcher ranimai de se tuer, mais c'est justement >î cette forme qui facilite l'opération. J'estime que M. Hut- » chinson, s'inspirant de l'exemple des abeilles et des guêpes, » se figurait qu'en pareille circonstance le dard du scorpion » se trouverait porté en avant par la queue parallèlement au » dos, tandis qu'en réalité, la queue se replie de manière » à donner au dard la direction nécessaire. »
Comme on le voit, les faits qui précèdent ne furent point observés par le docteur Allen Thompson en personne, et \ '. récit n'est pas sans contenir quelques contradictions, sans c )mpter que, comme procédé de destruction, on aurait pu irouver quelque chose de plus expéditif. Néanmoins l'opinion iUi docteur Thompson a un grand poids, et comme il m'a assuré qu'il avait toute confiance dans la véracité de son correspondant, je ne me suis pas cru en droit de supprimer ce témoignage. Mais je trouve qu'un phénomène aussi curieux demande à être plus entièrement confirmé pour qu'on puisse l'admettre sans réserve * ; car si le fait existe, c'est le seul exemple que l'on puisse citer d'un instinct funeste tant à l'in- .dividu qu'à l'espèce.
1. M. Joyeuiî-Laffuie a fait récemment, à cet égord, une série d^expériences au laboratoire de Zoologie expérimentale de Banyuls ; leurs résultats ont été absolument contraires à la légende du suicide des scorpions qui reste possible, mais paraît être de leur part tout à fait involontaire. [Traducteur,)