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INTELLIGENCE DES LARVES

» nille jusqu'au chef, et bientôt la colonne se remettait en » marche. L'insecte dérobé restait immobile et replié sur lui- » même; mais il suffisait de le mettre à proximité de la » colonne, pour le voir se dégourdir et s'efforcer de rentrer » dans les rangs, ce à quoi il finissait par réussir grâce à un » mouvement de recul de la part de la chenille devant laquelle » il s'était engagé. L'expérience montra à M. Davis qu'en » enlevant la cinquantième chenille à partir de la tète de la » colonne, il fallait juste trente secondes, montre en main, » pour que la nouvelle arrivât au chef, les choses se passant » d'ailleurs comme précédemment. Il remarqua particulière- » ment que, dans leurs efforts pour rejoindre les deux bouts » de la colonne, les insectes ne semblaient se guider ni par » la vue, ni par l'odorat; ainsi, la première chenille en ar- » rière de la brèche à qui incombait le devoir de la combler, » tournait à droite et à gauche, faisant souvent fausse route » alors qu'elle ne se trouvait guère à plus d'un demi- pouce de » distance de celle qui la précédait. Une fois le contact ré- >; tabli, quelque signal en répandait la nouvelle. Quant à ï> l'objectif de la colonne, c'était la recherche de nouveaux » pâturages. Ces chenilles se nourrissent ù' Eucalyptus^ et » quand elles ont complètement dépouillé un arbre de ses » feuilles, elles se rassemblent sur le tronc et se mettent en » marche de la façon qui vient d'être décrite. »

Les observations de de Villiers* quant à la manière dont ces chenilles Ctenocamptiis pitzocampa s'y prennent pour communiquer entre elles ne s'accordent pas entièrement avec celle de M. Davis. Il dit, en effet, qu'ayant expérimenté sur une colonne de 600 insectes, il constata qu'à chaque interruption la massé entière semblait avoir de suite connaissance de ce qui se passait, et s'arrêtait tout d'une pièce.

D'après Kirby et Spence les chenilles de la piéride gazée {PieHs croiœgi) vivent par petites colonies de dix à douze dans des cellules tapissées de soie. Un petit sac en forme de poche, également en soie, sert de cabinet d'aisance à la communauté ; quand il est plein les insectes le vident en se servant de leurs pattes *.

1. Transactions de la Société Entomoîo pique de France^ vol. I, p. 201.

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