ANIMAUX INFÉRIEURS
avec intention ; il accentue même la différence entre les mouvements qu'il considère « volontaires » ou c< involontaires ». Sur ce point, je ne suis pas d*accord avec lui ; il se fonde sur une différence de vitesse dans les pulsations ; cette différence je la reconnais, mais je ne vois pas qu'elle implique un élément psychologique. L'allure rapide répond à une stimulation, et a sans doute pour but de mettre Torganisme en sûreté ; mais en cela elle ne dépasse pas les limites ordinaires de l'action réflexe. Et môme lorsque des périodes d'activité se manifestent soudain et sans provocation visible, ainsi que cela arrive souvent dans certaines espèces, elles s'expliquent soit par un surplus d'énergie ganglionnaire qui se dégage, soit par le fait d'une excitation invisible et n'autorisant pas à-supposer la présence d'un élément intellectuel *.
Nous trouvons dans M*° Crady la description d'une Méduse portant ses larves à la paroi intérieure de la cloche qui lui sert de corps et dont le manubrium ou cavité mobile dans laquelle s'opère la digestion de l'animal, pend en forme de battant au dôme de la cloche, comme chez les autres spécimens de l'espèce. D'après M'*^ Crady, cet organe se met en oscillation pour se mettre à portée des larves tout autour de la cloche et leur permettre de plonger leur trompe dans la pâture liquide dont il est rempli. Je cite cet exemple, parce que s'il se présentait chez des animaux d'un ordre supérieur, on y verrait probablement une preuve d'instinct ; mais chez un être infime comme la Méduse, il ne serait pas raisonnable d'y faire une part à l'intelligence. On peut donc le regarder comme le résultat simple et direct de la sélection naturelle.
Certaines espèces de Méduse, notamment la *Sar5ia, recherchent la lumière, et se pressent au sein d'un rayon, le suivant avec une grande activité quand il se déplace. Mais comme elles ont intérêt à agir ainsi, vu que les petits crustacés dont elles se nourrissent recherchent aussi la lumière, il est à peu près certain que leur conduite tient à une action réflexe dont le développement, par la sélection naturelle, a pour objet de mettre l'animal en contact avec sa proie. Il a été .reconnu par Paul Bert que le Daphnia pulex recherche la
1. Pour ce qui concerne les mouvements naturels aux Méduses et les effets stimulés qui leur sont propres, consulter l'article intitulé « Croonian Lecture * dans les Transactions philosophiques^ 1875, 1877 et 1879.