COELENTÉRÉS
pas à être expliquée. Uae jeune acinète, tendre et sans tenta-cules vénéneuses (elles ne déveloi)pent qu'après la naissance) était sur le point de sortir de l'acinete mère. Or cette sortie s'opère si vite et les mouvements qui la suivent sont si rapides qu a priori il eût été bien difficile pour la^noeM d atteindre une proie aussi agile. Mais si elle est lente et molle dans son allure, elle est aussi infaillible et tenace dans son étreinte que sans pitié pour ce qui peut lui servir de pâture. Celle dont il s'agit s'était disposée tout autour de l'entrée de l'ovaire de l'acinete; elle n'eût qu'à recevoir le rejeton dans son sein funeste et, l'ayant enveloppé, elle s'en alla par où elle était venue. Ne sachant trop quel était son objet, et pensant que l'acinete s'échapperait peut-être, ou en tout cas changerait de forme avant de passer dans le corps de son hôte, je continuai pendant quelque temps à observer Vainoeba et en fin de compte je vis l'acinete se partager en deux fractions dont chacune fut réduite et digérée sur place par un estomac improvisé à l'endroit où elle se trouvait *.
Ces observations sont très remarquables et suggèrent sans doute quelque chose de plus qu'un mouvement machinal répondant à une stimulation ; mais elles ne nous autorisent pas à attribuer à ces membres infimes de la hiérarchie zoologique le moindre élément d'intelligence proprement dit. En somme le cas est des plus difficiles, vu que l'amoeba ne possède ni système nerveux, ni organe d'aucune espèce que l'on puisse observer ; il nous est loisible de supposer qu'il n'y avait rien d'intellectuel dans les mouvements adaptés que décrit M. Carter, mais il n'en est pas moins étonnant que ces mouvements soient le fait de créatures privées de tout organisme apparent ; car, sous le rapport de l'éloignement du but comme sous celui de la subtilité complexe de la cause déterminante de l'adaptation, ils ne le cèdent en rien aux ajustements non intellectuels des systèmes nerveux les mieux organisés.
Cœlentérés.
Le docteur Eimer reconnaît aux Méduses la faculté d'agir
1. H.-J. Carter, F.-R.-S., Annales d*histo%re naturelle^ 3« série, 1863, p. 45>46.