‹ L'intelligence des animauxChapitre 9 sur 122 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

atavi>nie, ni transformisme ; soit, mais du moins je comprends. » La science serait, il faut le reconnaître, trô^ simplifiée si les physiciens et les chimistes avaient compris les phénomènes naturels comme M. Fabre comprend les phénomènes relatifs àlinstinct. Toutes leurs inductions et déductions auraient tenu dans cette simple phrase : « Les choses sont ainsi parce que Tlntelligence directrice de rUmvers la voulu de la sorte. » Quel immense repos acquis à notre esprit si tourmenté 1 ("e repos, M. Fabre l'a-t-il (onciuis? Je ne sais; mais s'il le possède, il Ta certainement bien mérité par ses laborieux efforts pour démêler les mœurs des Insectes, par les brillants résultats qu'il a obtenus et qui en font le Kéaumur de notre temps. Quel dommage qu'un aussi habile observateur se soit toujours refusé à envisager à un autre point de vue ces instincts des Insectes dont il a su pénétrer, avec tant de patience, les m^'stérieuses complications ! Quelle lumière il aurait pu répandre sur la psychologie, s'il avait voulu, riche de son expérience, mettre en ordre tous les faits connus relativement aux facultés psychiques des animaux ! Que de découvertes seraient, sans doute, venues s'ajouter à celles dont nous lui sommes redevables ! Mais non : son siège est fait à cet égard. En voulez- vous un exemple? Une singulière particularité distingue les larves de Cétoine des autres larves de Lamellicornes vivant dans les mêmes conditions qu'elles en apparence : elles marchent sur le dos, les jambes en l'air. Pourquoi? Il y a là toute une série de problèmes à résoudre ; il serait pour le moins intéressant de chercher comment on peut les aborder; M. Fabre le dit en toutes lettres, et personne ne serait plus apte que lui à le faire. Mais, la question une fois posée, l'éminent entomologiste tourne bride tout à coup, il déclare l'exception inexplicMble, essaie de jeter le ridicule sur quelques tentatives d'explication de faits sans aucun rapport avec la Cétoine et s'écrie : « Qui n'adnn.'ttra pas l'explication sera bien difficile. Je suis un de ces difticilos. Si c'était là cocasserie de table, après boire, entre la poire et le fromage, volontiers, je ferais chorus : mais hélas î trois fois hclas ' cela se débite sans rire, magistralement, soloMiiollemcnt, comme le dernier mot de la science. » A quoi bon, en eirel, se mettre tant en peine ? « La larve de Cétoine . marche sur le dos [»arce qu'elle a toujours marché ainsi. Le milieu no fait pas l'animal, c'esi l'animal (|ui est fait pour le milieu '. »

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