PREFACE
J'ai passé la meilleure partie de ma vie à défendre la valeur métaphysique de la raison. Dès l'année 181)0, je commençais cette tache, devant la Sorbonne, dans ma thèse de doctorat intitulée L'intellect actif ; et depuis cette date, je suis revenu sans relâche, dans mes travaux ultérieurs1, à
l. V. L'idée ou Critique du Kantisme, Paris, 189;»; Ûèstinée de l'homme, F. Alean, Paris, 1898 ; De la croyance
'■n Dieu, Y. Alean, Paris. 1907; Insuffisance drs philosophies de l'intuition, Y. Alean, Paris, 1908; Quelques conférences sur l'âme humaine. Y. Alean, Paris. l'H'.. Dans nombre de revues, catholiques ou libres, j'ai défendu la môme idée el sans variation. J'ose dire d'ailleurs que Je tiens de mes méditations sur saint Thomas d'Aquin la ihcse dont je -ni- parti H que j'ai toujours soutenue. Elle me vin! un jour, entre la Critique
vi PRÉFACE.
ce problème fondamental autour duquel se sont livrées tant de batailles.
Restait à formuler la conclusion générale qu'appelle cette longue série de débats : restait à définir quelle place il faut faire à la raison dans la direction de la vie humaine. Les uns disent qu'elle est tout; d'autres veulent qu'elle soit principalement une grande faiseuse d'artifices. Quel parti convient-il de prendre sur cette querelle toujours renaissante?
Ma réponse se trouve dans la plaquette que je présente ici.
J'ai d'abord fait une sorte d'enquête sur les diverses manifestations de l'activité rationnelle chez l'enfant, chez les primitifs et dans les peuples civilisés, cherchant à décrire les lois que doit suivre l'intelligence, les écarts qu'elle peut commettre sur sa route et la justesse dans la force que donne
de la raison pure et la Somme théologique, dans la bibliothèque de l'École des Carmes.
PRÉFACE. vu
à l'esprit une éducation bien faite. Puis, cette série d'analyses historiques et psychologiques une fois terminée, il m'a paru que, si la force de la pensée est le secret de la victoire dans 1rs luttes doctrinales et même dans l'ordre des œuvres, elle ne suffit pourtant ni à diriger les esprits, ni à gouverner les âmes. La raison est d'abord dogmatiste. Mais elle ne tarde pas à s'engager dans la voie du criticisme . Alors, elle s'écarte de plus en plus de la vérité ; et, quand par hasard elle y « tombe », toujours est-il qu'elle n'a pas assez d'empire pour nous inspirer l'amour dominant du bien. Les vrais stoïciens sont rares; il n'y en eut peut-être jamais.
Où se trouve donc le foyer de lumière dont nous avons besoin pour connaître « le gens e1 le prix d<> l'existence » ? Où se trouve l<4 foyer de vie qui doit nous délivrer peu à peu du servage de l'instincl M»1 ne l'aperçois que dans riïglise catholique. C'était la répons*1 du cardinal Newman. G*es1 aussi