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âme; et nous le serons avec grandeur. La force nous reviendra et d'autant plus puissante qu'elle sera plus pure de mobiles étrangers. « Hœc est fides quee vincil mundum. » Voilà l'exemple que nous devons au monde, nous les descendants des chevaliers « sans peur ni reproche ». Et sans doute, il sera suivi des autres peuples, vu la leçon sanglante que les événements nous infligent à tous; il n'y en a jamais eu ni de plus terrible ni de plus convaincante. Nous ne voulons pas de Hegel. Sa philosophie est la suppression du droit et du devoir; c'est le triomphe de la force : c'est l'apologie de la barbarie armée, la plus redoutable de toutes les barbaries. Nous ne voulons pas non plus des extravagances de Nietsche, cet autre dieu du germanisme actuel. Car son « surhomme » apparaît comme le plus égoïste et le plus sanguinaire des tyrans : avec lui, c'est encore la barbarie qui prend le dessus. Il nous faut une religion faite de justice et d'amour, une religion qui proclame très haut la valeur imprescriptible de la bonté de la douceur et du pardon, ces mots divins apportés par le Christ lui-même. Il nous faut le catholicisme, le catholicisme pur : c'est là que se trouvent la formule
adéquate de la civilisation et les moyens de la réaliser.
Mais, je le répète, le catholicisme ne reprendra pour de bon son empire sur les âmes qu'à condition de reconquérir son crédit intellectuel; et cette royauté de l'esprit ne lui sera rendue que si Ton travaille de concert à faire éclore une moisson de talents qui sachent dégager la vérité de ses « formules vieillies » et la présenter comme il convient aux hommes de notre génération.
L'enseignement supérieur : voilà l'œuvre vitale pour nous, l'œuvre sans laquelle il n'y a pas <le salut.