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CHAPITRE VIII

Les transformations proportionnelles des dimensions dans le toucher sphérique.

Rappelons d’abord que le toucher d’un seul doigt peut correspondre à la représentation mentale simultanée des quatre orientations différentes que comporte un objet déplaçabie à volonté, et que cet effet n’est obtenu que si l’objet touché est sphérique.

Si la circonférence de la bille n’est pas en disproportion avec les dimensions du doigt, cette représentation sphérique est provoquée sans que le doigt, par un mouvement léger de va-et-vient, fasse osciller la bille : dans ce cas Le doigt, en la touchant, devient le contenant, la bille le contenu : il la couvre dans une certaine mesure.

Nous reviendrons, page 139, sur ce phénomène

spécial qui paraît très simple, parce qu’on y est habitué.

Comme nous l'avons déjà vu, page 57, si nous touchons une bille avec les régions différentes du même doigt, il y a corrélation absolue entre les différences d'intensité dela sensibilité, les différences de vitesse des pressions selon leur orientation, et les différences de dimensions attribuées à une même bille.

La vitesse de transmission des pressions ne peut se modifier sans que les dimensions se modifient, et la proportionnalité de ces rapports pourrait sans doute, comme dans les révolutions de la toupie, être ramenée à des lois très précises si l’on pouvait estimer l'augmentation ou l’amoindrissement de la sensibilité tactile autrement que par les différences de perceptions qui en dérivent.

Transformations de deux unités dans le toucher des deux index.

On s’est servi, dans cette série de discriminations du toucher, de billes relativement petites (9 millimètres de diamètre) et l’on à utilisé sur chaque doigt exclusivement la région moyenne.

Comme on a pu déjà le reconnaître par ce qui a été dit, page 53, la transformation des dimensions est aussi caractéristique si le toucher s'effectue sur les différentes régions d’un même doigt ou avec des doigts différents sur la même région; mais dans ces dernières conditions des ressources plus diverses sont mises en jeu parce que le cadre des observations se trouve singulièrement élargi par l'accumulation simultanée des contrastes,

Dans ces recherches qui ne s'étendent d’abord qu'au toucher de deux billes d’égales dimensions, la discrimination peut s'étendre par la suite à huit billes d'égales dimensions touchées simultanément, et dans ce toucher collectif complexe, toutes les billes seront, malgré leur égalité réelle, perçues avec des dimensions différentes par chacun des doigts.

Cette différenciation des dimensions sphériques se coordonne par des lois encore inconnues, mais qui apparaissent nettement dans la logique inébranlable avec laquelle ces phénomènes se manifestent.

Comme nous l’avons dit, la proportionnalité des dimensions du toucher sphérique semble, à légal de la proportionnalité des révolutions de la toupie, être apparentée aux lois qui relient entre eux les astres dont se forment les systèmes planétaires. Il est vrai, par son équilibre toujours mouvant elle en paraît très distincte : l’élasticité des rapports perçus est, en effet, telle que la propriété essentielle de ces images mentales semble résider dans leur tendance à se transformer sous les plus petites influences perceptibles, mais surtout imperceptibles. C'est à travers les proportionnalités nouvelles des dimensions qu'on voit sans cesse des états de conscience nouveaux se former.

Les rapports évoqués sont si frappants par leur corrélation différentielle que la sensibilité ne semble plus subsister par elle-même, mais seulement par les variations constantes à travers lesquelles elle se manifeste.

Donc si, après avoir posé très légèrement la région moyenne de l’index gauche sur une de ces billes, on

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