‹ L'intelligence humaine jugéeChapitre 1 sur 2 · JUGÉE PAR SAINT PAUL · texte numérisé non relu

JUGÉE PAR SAINT PAUL

Rom. III, 11.

« n n'y a personne qui ait de Tîntefligence ; « il n'y eu a point qni chftrche Dieu. »

L'apôtre né fait ici que confirmer , en les répétant, des paroles du roi-prophète. C'est donc te témoignage réuni de David et de saint Paul que nous vous apportons aujourd'hui. Ou , pour parler plus exactement, c'est celui du Saint-Esprit, se reproduisant en termes précisément pareils sous l'ancienne et sous la nouvelle économie. C'est le Saint-Esprit qui déclare dans ces deux temps et pour tous les temps, que Thomme naturel est destitué d'intelligence. Et par le mot à^pfUelligence\ il faut entendre ici, conformément a la valeur du terme original, non une conception facile et vive des choses, mais la justesse dçsvues, le honsens, la sagesse pratique. Voila ce qui, selon l'Écriture Sainte , manque à l'homme , et à tout homme.

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Mille faits, au premier coup-d'œil, si*élèvent contre cette proposition. Mais avant de tirer dedœ'MtA uhe cendtemion'£i!V|QV2d>^ gence humaine, qu'on laisse Tapotre expliquer ta pensée , e( <|à''ohl^ë^4<Klë d^âKoi^a cette question , que nous croyons pouvoir mettre dans sa bouche: Un homme qui conduit avec discernement et qui mène a bien des affaires d'un intérêt frivole y une fête , un dîvertîsBement , mais qui, sur ce qui lui importe le plus , procède constamment de la manière la plus contraire a son intérêt, pet(t41'pâssef^^tfùr uif^ hiMSitiie s^é ? N''efttHon ^as éh^ dK'oâ- èk IM- t^mtrc& titre , si la^ pr^tailbt^' émditiètf de là' sageste ]^àtiqiie ^t de nvokr dïsëâme^ nM véritables intârêtsv et delesappré* etei^sefoti lenï^itupértâRce ? — Ouiv san^dôute. Ebe bi^' I dit l-apâ tre , c'est le cas de tous l0$ hommes^; ils- s%pplH{aent avec succès k' mille olrôses, m^ia ils il2gli^6nt celle au prix dé laquelle toutes lecr âtltres fift>nt frivoles : ikiie cherchent point Dieu.- Chercher Dieu , troiïver Dieu,.c^estdon^, daab lèi j^hsée de Papâtre, un^ intérêt si mcljëiir pour éh^cun de nous; que quiconque le néglige estpâr^ \& tiiéioie atteint et convainourde folie. Nous-entre^ « |nrettùii8 de le pv^uver, mes frères, mais non sans éënfusi^m. Pourquoi faut-il prouver une telle chose ? Pourquoi le seul nom de Dieu ne dilr>tl pas tout à tous? Nom adorable, nomjsaint,ne

(Jevrait-il pas suffire de te prononcer pour jkiiétr.ertous les coeurs de vénération et d'amour? et notre prédication ne deyrait-elle pas se borner ii remplir de toi seul le 3olennel silence des temples, à dire à nos frères assemblés : Dieu, c'est Dieu! concluez vous-mêmes, c'est-a-dire , prpstçrne^-yous et adorez !. Plaise k Dieu que nos dévQloppeniens ^oieQt superflus ; mais notre, cœur nous dit trop bien (jue les développemens et les preivves ne sont psis de trop en un tel sujet; nous allons donc nous v livrer , et d'abord, nous aurons a déterminer la vraie signification de ces mots : chercher Dieu.

Cbercher Dieu, ce n'est pas , dans le sens de rapôtre^ chercher à nous assurer que Dieu existe. QVil soit raisonnable ou non de nous livrer à cette, recherche , toujours est-il vrai que la natu^iQ nous en a dispensés. La croyance a l'existence d.ç Dieu est une des propriétés distinctiveé de l'espèce humaine. Nous la partageons, nous, peuples civilisés , avec les peuples sauvages ; et faut-il vous rappeler, mes frères, que selon la déclaration de l'Ecriture, noue la partageons avec les dénions? maiscette croyance, infiniment pré^ cieuse, puisqu'elle est la base de nos rapports ayec Dieii , n'est précieuse que par \\\ . Croire que Pieu e:^ste ne nous sert de rien si , ensuite , nous ne cherchons pas Dieu. Le chercher, c'est faire

ce qiii dépend de nous pour le connaître , at pour nous mettre en communication avec lui. Quand nous aurons atteint ce but, alors nous pourrons dire que nous avons trouvé Dieu.

Or , a cet égard , que nous dit l'intelligence ou le bon sens ?

Supposons premièrement l'existence humaine libre de toute misère , de toutes ténèbres et de tout désordre; que dans l'homme et autour de l'homme tout soit santé, régularité, équilibre, harmonie ; dans une telle situation la raison lui prescrit-elle ou le dispcnse-t-elle de chercher Dieu ? Je dis, mes frères, que la question ne sera pas même posée. Car il est impossible d'admettre un seul instant que l'homme possède tous ces biens et que Dieu lui manque. On ne peul avoir tous ces biens sans avoir Dieu lui-même , tout comme on ne peut avoir Dieu sans avoir tous ces biens ou tout ce qui les remplace. En e£fet Dieu est le souverain bien. Qui a trouvé Dieu a donc trouvé le souverain bien; et qui aspire encore à ce bien doit nécessairement et uniquement chercher Dieu, lequel sans doute il n'a point encore trouvé.

Or , mes frères , quelle est notre situation présente? Sachons-le bien, afin de savoir, non pas si nous devons chercher Dieu ou ne le point chercher, (la question ne peut jamais se poseir en

ces termes), mais si nous avons trouvé Dieu, ou si nous avons encore à le trouver.

Jetez les yeux sur l'ensemble de la condition humaine. Embrassez d'un coup-d'œil toute l'histoire, toute la société, (ous les siècles^ toutes les destinées. La masse et Timmense variété des maux sous lesquels gémit l'humanité, est pour l'homme un problème désespérant ; et si l'on en saisisait à la fois tous les détails , et si l'on ressentait à la fois toute la pitié que toutes ces infortunes réclament, je pense qu'on en mourrait. Maux infligés par la nature , maux que l'homr e doit k ses semblables, calamités nationales et malheurs individuels , maladies de l'ame et du corps, tourmens du cœur et de l'esprit. aucune nomenclature scientifique n'est aussi riche que celle de nos misères. Leur nombre, leur gravité, leur perpétuel retour n'ont laissé de choix aux esprits méditatifs qu'entre deux suppositions terribles ; ou le monde e^t disputé par un bon et un mauvais génie , ou il doit y avoir au fond de notre histoire un épouvantable mystère. — Impression douloureuse qui s'aggrave , pour chaque homme , du poids de ses infortunes personnelles. Chacun de nous est soumis àla loi générale, et paie un tribut plus ou moins onéreux k la douleur. Il y a , pour chacun de nous , des peines sans compensation ,

des'iiéMes (fôrit riéh ne console. Le temps, qu^oh

a appelé le grand Cônëôlatetir , ne côhsole point:

il éjhoàssé les douleurs en émotissàintles affections^

on oublie ! et cet dtibli Itii-inêroe 'e^ une ' tie nos

ttitéères. liés impresdbns tlti malheur s^effaceiit

trtie à une ,' Puhejpair Pautre, comme un flot est

effacé pariin autre flot;inâis ce 'qui reste/ après

tbtrt, c'est rimpréssidn générale ffuiie'^ toute

livrée atix caprices de la iortutie, et tonte sillon-

^ëedeprofoiiâéi ciidàtrîci?s Voila ce qui demeure

mitks consolation, et qui nourrit 'dans^Tame un

aVétigtë et confus ressenitimentcontre la destinée.

' ïl' feut voir , dira-t-on , lès choses dans leur

éti^émblei lés lois^énéràles de Funivers omt fait de

fa ^vie' htimàine un mélange^ une ^tèrnative de

%iëns et de maux ; Tes individus, il est vrai , sont

tirès-iiiégalement' partagés j de Fun à Tautre la

dîîfférence est soùvcntMénormé; tout semble sou-

'" Élire aux: uns , aux autres tout est Icoiitraire ; mais

'en passant des^ individus àlliurrranité, etencon-

^^si^dérant Fhuthàirït^'elle-mSine comme un mem-

"îi^e du grand tout, *^bùs verrez lés nuages se

'dissiper, et le^biènabèoltfirëg^^^ Nous doutons

"^que cette belle statistique console jamais un seul

^Infortuné. "Non pas, èei*tés, qiie le-iàèrifice de la

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