‹ L'intelligence humaine jugéeChapitre 2 sur 2 · partie au tout n'ait en lui-même ^a nécessité, son · texte numérisé non relu

partie au tout n'ait en lui-même ^a nécessité, son

(ihàrme et'sa rééomprense. L'héroïsme le plus

généreux n'est jamais en perte ; ôtez-lui la gloire,

VOUS ne sauriez lui-même l'enlever k lui-même; Pamour suffit k Tamour ; le dévouement se paie magnifiquement de ses propres mains; mais Tamour, le dévouement, k tout le moins, veulent un. digne o]>jet, un digne motif : et quel être voudrait s^annulçr çn faveur d'un je ne sais quoi que \Qus appelez l'ensemble des choses? — Vous parlez de l'humanité ! nous vous permettons de l'individualiser et de l'interroger. Croyez-vous qu'elle accepterait la destinée que vous ima-ginez de lui faire ? Ses prétentions vont plus haut que cet équilibre ; et elle ne peut envisager sa condition présente que comme un état impar^ fait^ transitoire 9 et au-dessous des plans définitifs de l'Etre qui n'est en lui-même que vie , béatitude et amour.

Que. dis-je? la vie ne nous appprt&t-elle aucun malheur positif 9 nous auripns encore delà , peine k pardonner k la vie. Qu'est-elle en eflTet .>qu'une attente perpétuelle , un chemin trompeur oîi le but sans cesse aperçu s'élbîgne sans cesse ; ou l'on marche , V ce qu'il semble , poiir marefaèr et non pour .arriver; où il est plus &cile de dé- , passer le but que de l'atteindre; où le poursuivre, bien souvent, c'est le fiur î N-ai-je décrit ici que les vies agitées et tumultueuses? La même inquiétude ronge intérieurement tous leshommes; tous, les yeux bandés , sont en route vers le bonheur ;

tous ignorant qu'il a son siège clans Tâmc ; tôi^^ ignorant du moins comment on peut l'y fixer.

— Ainsi les années st'écoulent^ se détachent de nous 9 nous réduisant k notre avenir , qui nous délaissera de même. Cet avenir s'appauvrit de plus en plus; le passée c'est-à-dire le néant , s'enrichit de plus en plus -, il a bientôt tout dévoré -, il ne reste plus d'espace que pour la.catastrophe, il reste le temps de mourir. — J'attends ici ceux qui auraient cru pouvoir contester pour ce qui les concerne ce que j'ai dit de la vie humaine. Ajprès la vie la plus heureuse, comme au terme de la plus infortunée , il est affreux de mourir.. Que personne ne se vante : on peut éluder plus ou moins la pensée de la mort, on peut ruser avec elle ; mais que prouvent ces efforts mêmes , ces pénibles artifices, sinon que la mort fait horreur, et qu'elle est de tous les malheurs le plus grand et le plus redouté? Qu'est-ce qu'un événiement dont la pensée , si elle était habituelle , enipêcherait de vivre? Qu'est-ce qu'une industrie qui réussit tout au plus à éloigner nos terreurs , mais qui ne saurait en éloigner l'objet?

On dira tant qu'on voudra que le monde est ainsi fait , qu'on n'y peut rien , qu'il faut subir la loi commune. Raisons frivoles, dont chacun se laisse payer, et qui ne satisfont personne ; elles n'entament point le mystère; il demeure tout

entier , également accablant pour Fesprit et pour le cœur.

Mais , ô ame humaine , sont-ce là tes seules angoisses , ou plutôt sont-ce là tes Vraies angois* ses ? Parle , ouvre-toi sans réserve , et dis-nous ce q[ui véritablement te fait baisser les yeux devant la pensée de la mort ! N'as-tu peur que d-une seule chose , de ne pas revivre ? Ne vois-tu dans la mort qu'un grand voile jeté sur la question de ta perpétuité? Situ es sincère, tu nous diras que tu crains à la fois et de ne pas re^âvrCsCt de revivre,

et de ne pas te retrouver au-delà du tombeau et de t*y retrouver; tu redoutes la mort et tu redoutes le jugement. La voix delà conscience dit bien à l'homme qu'il a besoin de pardon ; n'en croyez pas les airs indifférens et superbes de certaines gens ; ils vous taisent leurs angoisses ; leur lit de mort vous les dira peut-être ; mais fussentils parvenus à s'affranchir des terreurs du vulgaire , encore leur a-t-il fallu s'en affranchir ; et comment ? en évitant d'y penser ; ils n'ont pas peur de ce qui vous effraie , croyez-vous ; mais ils ont peur d'avoir peur; c'est bien la même chose; et lorsque, en dépit de leur surveillance , un de leurs regards s'échappe vers l'éternité , ce qu'ils entrevoient dans cet abîme les glace d'horreur; le mot seul d'éternité retentit dans leurs oreilles comme un tonnerre. C'est que ce mot

' ifëierniêé VB^ signifieiaitiriea d'il^n^ lignifiait. pas rétribution , jugement , vengeance ; c'est qu'en éJOTét^il'» ]^ur>euacjeette;^fiification.r Aussi .voit- 'tm.'enrgéiiéital^e.ceiîix /^ veiu)|ent, réduire leur morale à4a tnesnre^ lieur #Mrçe iji4ivid|ieUe, pu 'ia-trsnsimsnerà Vimjf^e de^ leurs inclinations ne ÉAanquent pas d'écarter, ou, .^ils l'ioser^t, de ni^r ' cêUenredoulabler^éternit^ ; -etrécipi;Q,cpement on -r^onnaStra)que c^\\% qui , en spéculation , i*^jet- > temp Immortalité ' de ^ l'ame dans ia: région des • dmMesi et des . chimères , . professei^t a une morale fi)îmteœoiAS{iéyère> et mpins complète que .ceux ^i croient sérieiis^mça ta la^ perpétuité de Têtre :imoral.>fU^ ne désarpae jia conscience comme la négaUoA'diif gira^d avenir. .Quand la préoccupa- -tîoi^d'iii^ jugement futuv ^st mise de côté, quand i.^n acessédesQ figurer vivement une économie où .L'hœoame^ réparé de4put€e,qui, en ce monde^'le - fiéparait-de^a conscience^ sera.livré sans défense^ «'saii^ réelle et sans.diversion aux cruelles ven- : gea33ice& de ce juge insulté; quand on.ne voit plus ides yeuXidala £pi cette sqlitude étemelle et pro- ^fondej oii' le: ri@mord^,o assidu, infatigable, sera . la: sdùlc' société et l'unique pensée de Pâme iûfi- : dèle ,. où le pécheur «uhira le[.plus grand des sup- ' ]|^i<:%s , celui ide. rester, éternellepient seul .avec lai^même, alors )a conscience. peut être impunéi ^ment rudoyée, et l'hpffîme, saps^a renier exprès-

séfti^ént, ii*ddifiët']^Às ile toutes ses «Kigén^es ^ë 'les lifioiti6'séVèfdS',Jes plus proportioniiâes à sa faibiéjssé è^ «k so|i^<($y^^«6il ^et Vil parle encote de principes et de devoirs , c'^t' des principes qu'il s^est "filifs et des devoir» qu'il a «bôisis. fEelle esiit^ta'ÉHlte iidturelle de la^diipartliim d^rni^o^fioe aussi néoessai^e -àifidtré nature ^oio«*ale , aussi piféèiefUic, lorsqu'il nK^aeeque Imrsqu^il console ; et par là s'ei:plique le*«oin t^^el'oniiietiki^^ diispârs^i^e^ou à le péi^re de vue ; et voilà pourq\ioiie tïiot d'é^^rnà^fait'peup^-mais cette peur elle - même , ' qu'est- elle qu'im faomma^ invo^ iojitaire «mis: ^pirinaipes dent i l'éternité est tJa éaviiftion poisëante? et^^pii me voit que la crainie de la tùndaimiation et le belM^în^ de <pdrden sont eà^stë tés i par Felmpreésisment^iinênle qu^on apporte ' là rtécàrter ^ l'f dée : qui • rend ki condamnation imminente' et ^ le: pardon ^indispensable? Ainsi, > de -tdutës-les imiamèrès , toit ^qu'onie vetrille • 'eu '- qu'on ^fie ^ le ^^ veuille pas , la grande ' et» wifete > vérfté ^P po«[Trtîant ar^diuéi^ ; ^ et quand yeiùs'voy^^ la'W^ssé^U'ge»re' IwM à la

vie cdimtîê a ufï jeu terrMe où etles'appoFteelie- Â^iâ& pôùi^ enjeu ^q^and vous la voyez se* précipfite^vensl'àv^nir au milieu d'un tumulte effrayant de^ dlluteûrs v^de rires'ou de pleurs, i^aais sans réjBéxiôn , à- ce» quSl ■ vous- semble , satts -prévision èt^ffihfèpeUBsée^coiïiptel^pourtantque^ celte pensée

même qu'elle croit avoir étouffée , elle la traîne avec ellevers l'abîme, sous la forme d'une sourde aqgoisse qu'elle ne peut remplacer que par l'étour- . dissement et le délire.

Mais , mesfi!ères, il est encore dans l'ame humaine un besoin qui demande impérieusement h être. satisfait. C'est celui de l'ordre et de la perfection. Ce besoin, démêlé et reconnu chez les uns , qui lui donnent son véritable nom, est confus et sans nom chez les autres, mais il existe chez tous ; et , chez tous, demeurant sans satisfaction, entretient dans l'ame un incurable malaise. Aussi long-temps qu'elle n'est pas réunie à son centre, l'ame se sent égarée; aussi long-temps qu'elle n'est pas remplie de son véritable objet , Famé se sent vide ;aussi long-temps qu'elle n'accomplit pas sa destination, l'âme est malheureuse . Tel est le secret de l'agitation qui nous est comme attachée , et qui nous pousse à travers les affaires , les embarras , et même les périls ; nous aurions tout obtenu que nous nous agiterions encore; car nous avons à nous fuir. Nous ne voulons pas d'une rencontre qui nous mettrait face à face de notre misère. Et cependant cette misère., nous la connaissons! La peine même que nous prenons pour en éviter la vue , montre que nous la connaissons! Mais le même homme qui, jeté dans des embarras de fortune , en voudrait

absolument mesurer l'étendue , ou qiii^ atteint d'un mal sérieux , insisterait pour On connaître la gravitvé, ou qui, jaloux de son perfectionnement intellectuel , provoquerait une critique sévère des productions de son esprit, ce même homme ne peut se résoudre avoir de près le désordre, de son ame , encore moins à en sonder les causes, peut-être moins encore k en chercher le remède! — Ce n'est pas qu'il soit dégoûté de la perfection j vous le verrez la poursuivre encore, non pas en lui-même (il semble pour son compte y avoir renoncé), mais dans la société humaine; comme si la société était autre chose que l'individu multiplié ; comme si ce qui ne se trouve pas dans l'individu pouvait se rencontrer dans la société; et comme si une société composée d'individus qui ne cherchent point la perfection, était eh état de la chercher elle-même! — Amoureux d'une errcurvolontaire, on laboure le sable comme si le sable pouvait produire ; on s'obstide à fouiller dans line mine épuisée , on attend impatiem* ment le dernier mot de l'humanité ; on sourît d'avance au magnifique développement de ses destinées; et, ne doutant point que le monde ne porte dans son sein la vérité , on se prépare à saisir le premier cri de ce glorieux nouveau-né y duquel , depuis six mille ans , les générations abusées se lèguent en soupirant l'infatigable es-

péi!aiice..£t: 1^ 8QGi4t4,,spur4Q .^: t^t d^: yqmnkA PenouFC^ aûlte £^i9 $esi dehors s^t^^^baiiig^rr^^ bases; reproduirai, injQ^^H^miiient^ s^^us; unj^ grande vai^ét^ dei forrine^» les m^nes élémei^ deiiïlisère.iQe^ralav f^^iumt lesyeux di^ la^ ipuUi- Ukde pfur; qiieliqpiefi! aspecU Boièveaujt, i^ais^ fa|#r gaaOEl les ye^Ti^^ plus: ejairvoyan^ du r^pi^ pofs pétftel des meures pasûo^S;,^ et de te pçç^p?!ç^ ^Ve d'tin avenir' q%i|' ne sera que la réimpressipi^ du pa^. Cl^aipie UIhsîoi^ ç'4v^pi>ui( k s^^ tpHi; , Hiab pow faîrQ plaqe à. i^îielq^ip. autre: iUinsig^ ^ çmeSpté pour queUpiesriiAs pour^aat» dont l'e^p^t^ eDnuji^ d'espérer toujours , iluÂt par ii'^udQiiiQpiÂr aiiecHxie apathique résignation sur 1^ <^brÂ9 de toutes ses cfai mères..

Jè'iL-ai rien: dit jusqu'ici opie ne. cpn&?fiieffH ^ PeKpérîeuce et Ib: consciexiiee de toU9 k^ h^jp^ii^ saérieus. Je dois co]iT»nii!;toutefioûs que le déaes^n poirserait la conoiusfidn naturelle d'uju pareil ta«hleaik, et que tous: 1^ hon^mes ue |o^ p2|$ Ibfrèa au désBspoia^ C'est que ht nature et hi tf0 offrent à l^àmedes diversioas puissantes ; e'es( cpœ le talent de ne row qiiie ce qu'on yeuA iFoir est aussi ebimiinn qu'U est merveiUçua^ ^ e'^^ q^'îl y a aqsai dans biea des amês i:^ trktiq^ Qourag^ , cehtt d^aller^ les yie>u* o%iyeiîtsjj k kresHPfw We d'up ûmneiise danger; c'est qtfUy a eh«9. plusieurs une orgueilleuse philosophie:, la quelle , ^ous disent-

ilè, prescrit se Hiomme d'éti<e son unique appui ;c'est qu'il y a une faussre humilité ^ un faux désintéressement, qui se plaisent à répéter quel-indit* vidii li'est rien et que ses destinées sont, accomplies par les disstinéé^dë ta société }• c'est «pi- il y a» enfin un art malhéruretnc d'enfermer* nosregardsdans^ lllorizon de cette vie , die faire complète-» ment et continuellement abstraction de tout ce ' ce' qui e'stau-d'elli', dé comprimer aTecune<ciHielLe> sévérité Pessor mstinctif d'une âme immortelle,, de réfotiler Phomme de 1- éternité dans l!homme. du temps, dër^oucher t^enfkntduciel dans^sonbërceau de proudre. Toutefois, met» frères,, ce qiii est, est y ni les danger», ni tes difficultés^ ni ïes pt*o&Ièmes ne cessent d'exister parcequ^on. cesse de les TÔir ; et la nécessité de ptéTéaic le» uns et de irésottdre lés autres subsista en dépit de^ tous nos effortspotrr là mécenitaitre.

Faudrd-t-iï maintisnant démontrer' que celui pour qui tous ces maux demetirent ihcmrsd^les et fous ces problèmes însolubles^^ n'a point encore trouvé Dieu, et que son suprême ilitérét est de lé cfaèrcber ? L'instinct qui nous dit que nos-ténè^ bres et nos misères sont un mêmemal,.nanou&dii? il pas d'appeler à Dieu deaunes et de^ autres^ puisque le souverain bien suppose la aouvei^sûne lumière et réciproquement, etioUsdeuxeB$0mble la souveraine bonté. Toutefois abordons le détail»

Toùf e yie est' tributaire du malheur et de la • mort. Eh bien ! si sur ce mystère , Dieu est demeuré muet, faisons de notre mieux; arrangeons habilement notre vie; tirons-en le meilleur parti possible; a mesure que la tempête déchire nos voiles, appliquons- nous a en recoudre les déplorables lambeaux ; payons-nous sur le présent de ce que l'avenir nous enlèvera ; du reste fermons les yeux et oublions. Une telle vie sera mutilée , misérable , indigne de tout ce que nous, portons en nous de sublimes besoins et d'ambition infinie, elle sera moins raisonnable encore que ne léserait une recherche toujours trompée, mais, sainte dansson objet, noble martyre quiremplirait mieux l'existence et l'ame que toutes les voluptés ! toutefois il y aura dans ce choix l'apparence d'un raisonnement, le caractère d'un grossier bon sens. Mais , avant de nous être assurée» si Dieu n'a pas parlé, si Dieu ne pourraitpoint parler, nousjeter dans ce parti ou daiis le désespoir; ne point nous informer s'il a quelque pari expliqué cette énigme^ s'il a ménagd quelque part i^nç consolation à nos douleurs, une indemnité à nos pertes, une espérance k notre mort.... c'est manquer, vous le reconnaîtrez, aux notions les plus communes et aux règles premières: de la raison. — En second Keu l'homme est accusé par la voix intérieure de tromper sa destination nH)rale ou de l'avoir mal

»9 remplie ; et cette sentence de son cœur renferme lasentence d'un juge plusgrand queson cœur. Or s'il y a un abri contre la condamnation y s'il y a un moyen de salut , qui le sait si ce n'est Dieu ? A qui le demander si ce n'est à Dieu? et comment, à moins d'être insensé, peut-on prendre du repos avant de s'être ppunru en grâce auprès de lui ? — Lnfin» toute terreur mise à part, l'homme porte en lui un incorruptible besoin d'ordre et de perfection. Mais si, demandant à l'bomme ces biens , à l'homme qui ne les a pas , il ne les demande pas a Dieu qui en est là source et la pléni* tude, si des efforts continuellement trompés, des désabosemens sans cesse renôuTelés, ne tour^ nent pas enfin vers l'orient d'en haut ses regards supplians et ses vœux ; certes , il est insensé autant qu'on le peut être; et en réunissant ce trait de folie au précédent, on peut être embarrassé , comme Tétait un sage , de trouver des termes pour qualifier une aussi extravagante créature;

Je me demande en effet , mes frères , ce qui pourrait manquer à une telle folie pour être parfaite. Quoi donc? de taxer de folie ceux qui sont dans leur bon sens et qui en useilt? Eh bien! cela même ne lui manquera pas« De tout temps iesenfans du siècle ont traité de fous ceux qui ^ a ces différons égards , ont fait usage de leur bon

sens. Un homme qui consacre tonte sa vie et tout son cdDur k Tacquisition de quelque avantagé teiHporél, n'est jamais tenu pour ihsensé <!lans le monde ; c'est bien plutôt uii homme solide , ]^o^itif , sérieux. Mais qu'un pauvre ôœur, touché de componction et du tioble déisir de k perfection môî'ale, s'informe de Dieu, le cherché, s'efforce défaire sa paix avec lui, s'eterce k l'aimer et a lui obéir , que de voix aussitôt vou^ apprennent que cet homme a perdu la raison! Eiï effet, ttii homme qui met l'esprit au-dessus dé la iliatiè3fe> Fétémité au-dessus dutemps,lesàlûtàu-deâistis de ces joies mondaines dont nous-mêmeé, toupies jout*s, nousprodamons la vanité, un tel homme a certainement l'esprit égaré! Dn'y a que ceux qui vivent au hasard, sans Dieu et sans espérance ' dàbs lëknonde, qui puissent passer à bôii droit pour sensés et judicieux ! — Quelques perÉoûhes làéitie vont pluis loin k l'égard de ces prétendtis fous; tout eu les traitant de fous , elles l^s hàiéseht^ Haïr un fou! quelle contradiction étrange! Gàir s'il est fou, vous ne devez point le haïr, et si vous lé haïssez, il n'eè^ point fou. Cest que probable^ ment k vos yeux il ne Test pas ; c'est que , tout au contraire , vous le tenez întérieurémént pour sage et pour prudent ; c'est que vous reconnaissez en lui la paix qui vous manque; et c'est pour cela que vous le haïssez.

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Que dirons-nous maintenant , mes frères ? Y a-t-il de rintelligènce parmi les hommes ! Oui, certes^ si \ôus faites abstraction deTéternité. A la vérité i cette intelligence est répartie en très* il^4^;deBmesiBres. Les uns ont à peitie léboit sens, les Mtres <^nt le génie , et les nuances se pressent «n foule ehtre ces detut limites. Mais dans le do^ maihé des choses spirituelles, ces distinétiohs ^'^▼intfèâwènt ; ici plus de diSëréncë' entré lés circonspects ^t les téméraires', tous sont iémé- Yaiifes; ni eiitre les solides et les iméleé^ totis soiiit «fiirolës; ni entre leisiiiteUigehs ètlésstupidés, tôiis ^ont stûflides ; ni entre les Àa^es et les insensés , tôu;» sont insensés. Chacun, au fait de la religion, pèrd'sôti caratëre et son empreinte; tout s'eiivëlôpj[)>e et s'ègiailise en d'uniformes téhi^bres; la sagesse 'de l'un, Pextrâvâgànce de loutre serapprocheiit 90 tbuchiént, etsecbîi&iident dans une même folié.

Il le faut avïitter ; ce coiitrkste n'est bas dans là nàtùjre. IntelUgéns jusqu'à un certain point, 'ittupides à partir de Ik ! Pesprit ne sùïprpôrte pas tféttè coiitradîctioïî. Elle serait cônte^able, si Ton disait cpie Pin telligettce la plus élevée ne Test pdthftiànt pas 'assez pour trouver Jiievi -y maïs nbtisnépàrlohseflicore que de le c^^rc^er; et voilà qài e^t ^angé, qu'on soit même incapable dé le chérélier. Cela ne peut s'expliquer que de déifx

manières : ou bien on n'espère pas le trouver , du bien on craint de le trouTer.

A quoi bon , disent les uns , à quoi bon chercher Dieu ? on ne saurait trouver Dieu ! Mais l'aTez^-vous cherché? Qseriez-vpus bien Taffirmer? Et faites-vous autre chose ici que répéter les déclamations de quelques sageà du monde , qui , ayant le plus grand intérêt a ce qu'on ne trouve point Dieu , se sont mis à crier sur les^toits qu'on ne le trouve point et qu'on nef saurait le trouver? Et devez-vous moins de confiance a ceux qui disent qu'on le trouve , qui assurent l'avoir trouvé, et qui nous en donnent pour preuve la paix dont ib jouissent, etle changement qui s'est opéré dans la direction de leurs pensées et de leur vie? Mais au fait, pourquoi ne le chercheries-vous pas vousmêmes? Qui vous dit que cette recherche soit.l^ privilège de quelques-uns? Qui vous a dit qu'il faille être philosophe pour trouver Dieu ! Le but d'une telle recherche ne vaut-il pas la peine d'un essai? Quant a moi , si je vous voyais chercher Dieu, je croirais déjà en quelque sorte que vous l'avez trouvé; tant il me paraît impossible que Dieu ne se laisse pas trouver à ceux qui le cherchent.

Mais vous insistez, et vous dites : Nonj nous avons cherché Dieu , et nous ne l'avons point trouvé. Mais dites-nous dans quel esprit vous l'a-

vez cherché ? Etait-ce pour satisfaire la curiosité de votre raison ? Alors , vous avez cherché une notion, une idée; et vous Pavez trouvée en effet, vague , ohscure , incertaine , inutile ; mais vous ne cherchiez point Dieu ; et aussi ne Favez-vous point trouvé. Etait-ce pour remplir votre imagination? Alors ^ vous avez cherché des images, de la poésie , mais vous n'avez point cherché Dieu , et aussi ne Favez-vou^ point trouvé. — Encore une fois, mes frères^ il faut chercher Dieu comme un être réel , vivant , de qui l'on s'approche^ non pour analyser curieusement son essence, non pour faire son portrait, mais pour connaître son caractère , ses desseins , sa volonté , pour communiquer avec lui , pour recevoir de lui ce que lui seul peut donner. Qui le cherche de cette manière , le trouvera sans doute ; car TÉternel se communique à ceux qui ont le cœur droit , c'està-dire a ceux qui le cherchent sincèrement , k ceux qui pensent avoir hesoin de lui , k ceux qui confessent ingénument ce besoin , aux cœurs humbles, aux cœurs soumis. Est-ce ainsi que vous Tavez cherché ?

« Mais enfin , où le trouver, ce Dieu , direz-vous encore ? Jusqu'à présent , qu'avons^nous de lui que son nom ? et qu'est-ce que chercher, qu'est-ce qu'invoquer un nom ? » Ah ! laissez, laissez s'échapper de votre bouche ce nom ! laissez s'échapper

a4 (le votre ame une sérieuse , une instante prière , un vœu , que dirai-je ? un soupir ! Ce soupir, ame$ alarmées y saura bien Irouver son chemin* ULvio se perdra pas dans Tin^mensité de l'espace ; il arr rivera à son but invisible. Ce soupir sans Qom après un être à peine nompié, arrivera vers cer li^î qui a nom le seul Bon , le Dieu qui console ; et Dieu appellera ce soupir/?rier€ç, et cette prière/?a/>sance; et la puissance de Dieu, si je l'ose dire, flé-r cbira devant la puissance qu'il a mise dans un sour pir. Et pourquoi non? Ce soupir, c'était lui-même I II est obligé , ce Dieu souverain , de s'aimer luir pienxe ; il ne peut pas repousser ce qui vient de lui^ il ne peut pas se refuser ce qu'il s'est demanda \ l^ui-même ; et c'est pourquoi aucune rechercke dont il est l'objet n'est vaine ; etil sera fait à chacun de vous dans la mesure de votre foi et de votre désir; car cette mesure est exactement celle de l'éternelle volonté de Dieu.

Oh! soye:^ vrais enfin; avouez que vous ayez moins désespéré de trouver Dieu , que vous n'^ vez craint de le trouver. Avouez-le, sinon poiur excuser votre folie (car elle n'en est pas moins grande), mais du moins pour l'expliquer; car alors on pourra la comprendre : est-il un faux calcul qui nous puisse étonner de la part des passions humaines? Vous avez craint de le trouver, parce que irouver Dieu, c'est trou'^er son maître^

e'est trouver $a règle, c'est jQngager sst Ub4r:té^ c'est abdiquer son indépendance « c'es^ se déti^-, ner soi-même dans son cœur ; c'est accepter un joug etun£trdeaui avant 4 avoir appris çQ((|b^«n ce joug peut devenir aisé et ce fardeau léger; c'est en un mot une série de reooncein^ens et de sacrificeSf que l'amour rend délicieuk, mais dont^ avantqued'aimer,onnepeutconnaîtreladpuceur.

Il y a dans l'homme naturel , je dis dans le plus distinguée, ime i^pugaance profonde pouf* toutes ces choses; et voilà pourquoi Fou ne ch^chjB pas Piieu; et voila pourquoi on ne le trouvé p^s.

Vous donc qui préteodez n'avoir pu trouvepr Dieu, sachez que vous l'ensaiez trouvé si v(>usl'(çusr siez voulu , et d'autant plus sûrement qu'il voii^, cherchait lui-même. Cf^9^ qui l'ont troii^vé vqiis diront tous qu'il leur a tendu les mains; et e^lii; de deux manières., qu'il nous, reste à e^pliquep^

Aux uns, il a ménagé les occasions ^ il afaçîr li té les moyens de se connaîtra- Ils sont de3ceiir dus au fond de leur conscience 9 et y ont trouvé ce que chacun pourrait teouver^ dans la sienne» la loi du devoir indignement trahie, t }a soif 4e! la perfection indignement trompée, une affreuse; indigence sous le splendidQ amas des talcns \Mr mains et de la gloire humaine 9 un désespoir c^^ché au fond de toutes leurs joies , une misère sana nom par-dessous toutes les misères qui en ont un;

une ignorance terrible sur le but de la vie et sur Ténigme da malheur; Une ignorance plus terrible encore sur leur sort à venir ; et quand il les a ainsi abreuvés du fiel de leurs pensées, quand ik ont savouré toute leur misère , quand il a fait parvenir a maturité l'angoisse de leur conscience, quand Phumiliation a eu le temps d'enfanter le repentir : alors il vient j ou plutôt, au lieu de se présenter k eux dans la splendeur de sa justice , il se retire en quelque sorte derrière sa gloire, et envoie au devantd'euxl'homme de douleur, celui qui a été livré pour leurs offenses , le Dieu doux et humble de cœur, en qui toute âme trouve so*n repos. En d'autres teniies, mes frères, il les amène à TEvangile, il leur ouvre cette divine révélation, il la leur explique, il la leur prouve, il la leur fait recevoir ; et dès-lors toutes les questions sont résolues. Plus d'inquiétudes sur le salut : le péché est pardonné , Dieu est appaîsé , la cité de la paix est ouverte à quiconque accepte le pardon de Dieu. Plus de désespoir sur les maux de la vie : la consolation est au bout, ou plutôt elle ctôt répandue sur tout le cours de la vie. C'est un père qui châtie ; ses châtimens sont le chemin de la gloire j et ce qui peut rester d'obscur dans acft dispensations se perd dans la lumière que répand sur ses intentions paternelles le don ines* péré d'un Sauveur. Enfin , l'ordre est rentré dans

^7 l'ame j car elle aime Dieu. Elle l'airné , comme on aime le bonheur , la vie , la gloire , l'immortalité ; car il est pour elle toutes ces choses ensemble. Unie a lui par se^ parties les plus intimes , elle aime tout ce qu'il aime , elle se détourne de tout ce qu'il hait. Cherchée, recueillie par le Dieu saint au fond de son indignité , elle apprend a aimer, comme chrétienne, ceux que, comme mondaine, elle eût jugés indignes de son affection. En un mot, elle a trouvé en Dieu la satisfaction de ces trois grands besoins qui commandent impérieusement à toute ame de chercher Dieu.

Avec d'autres , Dieu suit une marche inverse. Avant que leur cœur ait été convaincu de sa misère, il les adresse directement k l'Evangile. Dixhuit siècles d'existence , les respects des peuples , d'immortels et nobles souvenirs, que sais-je ? un parfum de sainteté^ de sagesse et de paix , les attirent vers ce divin livre. Us le lisent j ils en sont frappés. Les preuves diverses de la vérité évangélique subjuguent leur incrédulité. Ils croient dèslors. Mais comme , dans le premier cas , la connaissance de l'homme avait mené a la connaissance de Dieu , ici la connaissance de Dieu produit la connaissance de ITiomnie. Par les mesures do Dieu a leur égard, ils apprécient leurs propres besoins; par le remède , ils jugent du mal; la

croix leur révèle toute leur misère. Us se connaissent enfin ; et cette connaissance reportant leurs yeux sur l'Evangile même , il leur semble se convaincre une seconde fois de la vérité de ce livre ; ils l'admirent tout de nouveau ; ils sç l^^pp^io^r prient ; ils s'en nourrissent ; ils l'appliquent k leur ame ; ils s'approchent de Dieu de plus en plus; et ce commerce , toujours plus intime, devient pour eux la source intarissable de grâces toujours plus précieuses.

Tel est le succès de celui qui a cherché Dieu ; nous pourrions dire de celui qui s'est laissé chercher par ce Dieu tout bon , et s'est laissé trouver par lui.

Y a-t'il donc quelqu'un qui veuille chercher Dieu ? je dis Dieu , mes jfrèSres y et non l'idée > l'image , le mot de Dieu. Eh bien I il le trouvera ; mais il le trouvera tel que je viens de le dire et non autre. Il n'y a point , pour l'ame , de Dieu véritable et vivant hors des conditions que nous venons d'exprimer. Celui qui ne le reçoit point avec ces caractères , c'est-a-dire , quiconque nç le reçoit point tel qu'il est révélé dans l'Évangile , c'est-à-dire encore , quiconque ne reçoit point Dieu réconciliant le monde avec lui par Jésus-Christ , ne reçoit point Dieu , ne le connaît point , ne le possède point. Nous le disons avec une. pleine assurance : Hors de l'Evangile , vous

^9 trouverez , sous le nom dç Diei^. , une idée , le inonde entier, la nature , yous-n^êmes peut-être, mais vous ne trouverez point Dieii. Ce n'est qu'en Jésus-Christ que vous frouveresdoiit à la^ fois le Dieu qui est dans la nature et le Dieu qui est audessus de la nature , le Dieu de l'univers et le; Dieu de votre ame , le Dieu souverainement çaint; qui ne pardonne rien, et le Dieu souverainement bon qui pardonne tout , le Dieu qui donne la première et la nouvelle naissance , le Dieu qu'il vous faut , Dieu tout entier. Ainsi donc , en résumé, ou ne cherchez point Dieu ^ ou résolvezvous a le recevoir tel qu'il est donné par l'Évangile ; continuez a recevoir les leçons de la chair et du sang , ou recevez celles de Jésus-Christ y soyez athées ou soyez chrétiens; il n'y a vraiment pas de milieu. Choisir entre le christianisme et ce qui ne l'est pas , c'est choisir entre la sagesse et la folie (i).

Heureux qui aura été intelligent çt aura choisi Jésus-Christ I II aura choisi le plus doux des maîtres et le meilleur des amis. Ce Christ, la Parole faite chair, cette sagesse des hommes et des anges , ce soleil spirituel de la terre et des cieux , ce majestueux prince de toute la création morale, est plus tendre a l'ame quivientàlui qu'une mère

(i) Yojez la note à la fin du discours.

an fruit de se$ entrailles. Et comment Taimeraitiil moins ? Lui aussi Ta enfantée datis la douleur. U a gémi , pleuré , prié , souffert , expiré pour elle. Toute la tendresse qui peut se rassembler dans le cœur d'une mère n'égale point Famour de Jésus-Christ pour le pécheur qui le rebute , pour l'orgueilleux qui le renie , pour l'infidèle qui l'outrage. Il porte sur son cœur tous ses ennemis. Que sera-ce de ses amis ? Et quelles douceurs n'ont point a attendre de son amour ceux qui seront venus se ranger , humiliés et attendris , sous sa houlette pastorale !

Vous donc , qui que vous soyez , qui ne l'avez point encore cherché , soyez intelligens et allez à lui. Que tardez-vous ? Que calculez-vous encore? Qu'avez-vous a perdre , en le suivant, qu'il ne fallût haïr^ si vous étiez sages , ou dont il ne faille vous séparer tôt ou tard ? Et , dans la vérité , que veut-il vous enlever ? Des peines , des soucis , des tourmens d'esprit 9 des péchés qui vous rendent malheureux. Et quoi encore ? Le pouvoir de faire du bien ? Vous en ferez davantage, et vous le ferez mieux. L'estime des hommes ?Mâis si un jour il vous fallait la perdre, il vous tient en réserve la gloire qui vient de Dieu, L'intelligence peut-être? Chose étrange , que vous dussiez juger moins bien des choses de la terre pour mieux apprécier celles du ciel , et

qu'une si douce lumière dût vous aveugler, ou une si pure sagesse vous rendre stupides ! Non , il vous laissera l'intelligence qui sert pour le monde, et vous donnera, par-dessus, l'intelligence qui sert pour l'éternité. 11 ne veut vous dépouiller que de la mort et du malheur -, toute son œuvre à votre égard n'est que libéralité , grâce et charité. Puisse donc son bienfaisant appel être entendu ! Et puisse , bénie par lui , la méditation de ce jour avoir convaincu cpiel- (|ues âmes que la véritable intelligence est de chercher Dieu , et qu'il ne se trouve qu'en Jésus- Christ !

Note relative à un passtige de la page 29.

On ne verra pas, je pense, de contradiction entre ce paragi^phe et celui qui conimenee par ces mots : « Mais , enfin» ■K OÙ le trouyer, ce Dieu... ?» ^^ Il est très-vrai que « hors de « Jësus-Ckrist, nous ne pouvons rien faire;' qu'il est le chemin, « la vérité et la vie, et que nul ne vient au Père que pai\|ui. » Il est également vrai que Faccès auprès du Père ne fut jan^ais à -u» autre prî»; mais ce prix, toi]^ours lie^ même,.a pu porter dijOférens noms, plus ou moins précis^ suivant le plus oiJi moins de lumière des temps. Pour nous^ ce nom ne peut être qn« celui de In cirois. j pour Jes fidèles de l'ancienne ftlli^ncç, j'oserai ajouter, pour les fidèles du monde païen, lejBOt,,l'imagç> la vue distincte du fait n'existaient pas ; mais, pour eux comme pour nous, le salut vient de la foi ; de la foi , disrje , en Dieu et non en nous, de la foi qui attend tout de Dieu et noii, de l'iiomme $ de la îol qui accepte la^gr&ce pour unique, ressource ; de la loi qui met sous ses pieds tout mérite humain, et. se . dé- ^uille ée toute jusdce et de toute capaciité propres, pouiT Sie Tevâtir de Dieu S6td, C'est dé «cette foi qu'ont vécu les 8aiDLt3 -de tous les Ages, à partir de MelchisédeO;, à cozitiimer |Mir Ije •centorum de Césarée, k terminer par Wifterforce*. Et n'est-c^ |His, peiiâ-i>étre , la même imptdsioa qui poussait, k tra,vers les désevts,- ces Indiens du nord de l'Amérique vers les den^euires des.blaacs, dans le seul but de s'enquérir de Dieu, la même impidsion qui a fait descendre de leurs montagnes ces hommes ide l'empire Birman k la rencontre des missii^u^iaires chr^liens, porteurs, si l'on peut s'exprimer ainsi, d'un Dieu inconnu? L'Esprit de Dieu siège dans l'Evangile comme dans son trône; mais cet Esprit n'.e5t pas lié | il ne l'a jamais été j il est l'auteur de tous les soupirs qui , de cette terre profanée , ont cherché

dans les cieux un Dieu saint et sanctifiant , de tous les efforts tentés par des âmes sincères pour approprier k leur faiblesse la f€H*ce divine, de tous ces élans vers un Evangile inconnu , vers un Christ sans nom , vers une sainteté sans type, qui depuis la grande catastrophe de notre nature morale, se sont , de. loin à loin , et plus iouvent qu'on ne croit peut-être, élevés en témoignage pour la vérité, ensevelie sous les ruines de notre innocence. Approchez l'Evangile d'une de ces anies à qui l'Esprit céleste a enseigné les rudimens de la foi, vous verrez , à la manière dont elle s'en emparera , qu'elle j crojait d'avance , que d'avance elle était chrétienne. Tâchons , nous qui vivons dans Pabondance du sanctuaire, de lui faire autant rapporter qu'ont su faire produire & leur indigence ces fidèles aivticipés. ,

Ajoutons une remarque importante. Dans la route de Pîgnbrance vers la foi et dans ceUe de la foi vers la perfection , tout est assuré k la persévérance, mais rien n'est promis qu'à elle. Sans doute un soupir est compté, aussi bien qu'un verre d'eau ; mais un soupir n'obtient pas tout à la fois, et il est vain s'il ne se répète. Il suffît à la gloire de la fidélité de Dieu que ce soupir ait eu sa récompense. Sur là foi de ce premier salaire, toujours magnifique, l'homme doit marcher en avant; s'il ne marche pas, c'est lui qui aura él6 infidèle. Aussi peut-on dire que la persévérance n'est au fond qu'une juste gratitude, et une juste confiance f si elle était autre chose, elle serait trop difficile. Dans l'état malheureux de notre nature, nous n'irions pas loin dans une route trop long^temps sombre ; la poursuite d'un bien immatériel ; invisible, se iasse plus vite que tout autre, et a, plus que tout autre, besoin d'être encouragée. Il fiiut que, dans cette route, chacun de nos pas soit payé comptant; du moins ce n'est qu'aux forts, aux hommes faits que les refus o« plutôt les délais sont réservés, par une sagesse toujours miséricordieuse, par une bonté toujours prudente.

' IMPAIMEBIE BOUDON , BUE MaifTMABTRE, l3l.

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