‹ L'intendant Bigot [microforme]Chapitre 30 sur 44 · CHAPITRE VI, SOURNOIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI, SOURNOIS

Avant de constater si le pressentiment de Beaulac était bien fondé, voyons un peu ce qui devait se passer le même soir à Beauport et à Beaumanoir.

Terrifiée par la perte de la bataille, l'armée

française s'était réfugiée dans l'ouvrage à corne construit à la tête du pont de bateaux, Durant l'après-midi, le gouverneur, M. de Vaudreuil, avait convoqué un conseil de guerre pour aviser à ce qu'il restait à faire. Tous ceux qui le composaient, à l'exception de M. de Vaudreuil et de Bigot, opi nèrent pour la retraite de l'armée à Jacques-Cartier.

Selon nous, il n’est pas étonnant que Bigot fût d'avis de livrerimmédiatement une seconde bataille; car il savait bien quelle influence énorme la défaite du jour aurait sur les troupes francases, qui 8e laissent le plus facilement démoraliser par un revers, Ensuite, il connaissait assez le marquis de Vaudreuil pour savoir qu’il n'avait pas les qualités d'un général, et que, M. de Lévis se trouvant absent, on serait très-probable. ment battu de nouveau, faute d'un commandant habile, Ce qui assurait aux Anglais la possession immédiate de la ville, partant la conquête du pays, et à Bigot la réalisation de ses desseins, Quant au marquis de Vaudreuil, outre qu'il dût se laisser influencer par l'intendant en cette occasion, il n'aurait pas été fâché, sans doute, de tenter, par lui-même, la fortune

(1) Il demanda à Arnoux combien d’heures il avait a vivre.--Jusqu’'à trois heures de cette nuit, répon- “dit celui-ci,—{l se prépara tranquillément à la “ mortet avec beaucoup de présence d'esprit, Je ‘‘ mours sontent, dit-il, puisque jo laisse los alaires “du roi entre bonnes mains. J'ai toujours eu uné haute idée de l'intelligence st de la capacité de M. # de Levis.’ M. Ferland.

(2) On voitencore dans la côte qni porte ce nom, l'ancienne demeure seigneuriale, avee pignon sur 18 rue, de ja famille de Léry.

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