‹ L'intendant Bigot [microforme]Chapitre 44 sur 44 · AE · texte numérisé non relu

AE

Le délire de le faim avant envahi le cerveau de l'ex-intendant, il eut une vision terrible,

[lui sembla voir le spectre F baron de Rochebrune planer sur les enux, C'était bien lui, le vieil ofticier, avec son vira age décharné, ses granuls yeux creusés pur la rnisère et les lacmes, ct ce sombre regartl Jeil Tançait sur ]' assernblé sw brillante qui fréimisanit à ses Ingubres prédictions dans In nuit de Noël mil sept cent cinquan de-cinq; Alors qu'il jetait À Bigot et À ses complices, avec sou dernier soute, cette malédiction supreme: 4 Pnigsa mon spectre funèbre escorter votre passage de l'éternita!"

—Rocbebrune! crin É- got. .. Encore toit.

Que me veux-tu donc, visillnel trois fois mate

agonie au

dit?,.,..Que Vai-je he pour que es me Pour auives ainsi depuis Le Canada jusqu'au donion de Ja Bastille et en p eins mér?,..,Tu ms ioutres ta poitr ine,,.,.,0c'eat vrai. Qu ditque tu mourus de taira par la faute ds mes eme ployés,...Maia je n'sn savais rien... Tu ris. Ohltnes bien vengé, va, car je sonftre les inctmes torbures, à mon tour ,.,,,Combien de jours mis-& done à mourir?,,,,1l y en à deux que j'expire, moi, et je suis encore vivant. Tu t approe hes!.,, Oh { ne me touche pas! Va É | Vat'en!!!

55 le misérable criait d'une voix tellement ant que les deux hommes, qui 5e tes naient craimponnés à l'autre extremité et au milieu du gui, oubliaieut leur propre misère et sentaient leurs cheveux s6 dresser sur leur tête.

—Cet homme doik être nn bien grand crimis nel, dr lé second,

Oui, plis encore que je ne 13 croyais, ré pondié le capitaine; 06 c'est Ini qui a, sang doute, attiré sur notre bord les maledictions du ciel,

La nuit se passu dans ces terreurs SAS NOTA,

Quand T4 seconde anrore vintécluicar l'épave,

la positiou des trois naufragés était désespérée,

Lis sentaient leurs forces s'en ailee rapidement, l'un sUreroit de lt aihenr, la mer se fai uit telle.

ment grosse qu'il leur fallut dl'iminenses eftorts

ui pur les vagues

pour n'ètre pas acrachés dn y i'triCises,

Le capitaine, qui lait le raoins ubaltu de tous, se souleva à demi «ur l'épave eb promena ses regards autonr da lui, A peine 40 furent-ils arrètés sur l'ouest qu'il jeta un grand cri:

Une voile!

Le second regarda à son tour

lle vient sur uoust ditil,

Bigot voulut imiter ses compagnons, Mais es forces Le trahiréent ot il s'utlaisss lourdement sur lo gui, qu'il embrasse avec Ja fré guus qui s8 noient,

Le navire vosunib effectivement de leur côté, St, par binlieur, il venait en druite ligne, il les utteiudrait en doux heures,

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94 L'INTEN Pallottés entre l'espérance et la crainte, lea deux marins se soulevaient À chaque instant hors de l'eau pour constatée lea progrès et la direction de la course du navire en vue,

[Il vicat! il vient sur nous! répétaient-ils

vec ces transports de joie d'hommes pleins de vie, mis par un accident subit aux portes du tombe et quise voient tout à coup miraculeusement sanvés,

Raniraé par leurs cris, Bigot recouvra quelque peu de force,

—Nous allons donc être sauvés, dit-il, Et malgré que j'attire sur vous, À votre dire du moins, les mnitdiatious du ciel, je ne crois pas que ce Dien que vous craignez tant m'excepte de votre délivrance,

—Lcoutez! s'écria le capitaine, gi vous CON tinuez vos trailleries impies, foi de Breton, je vous pousse à l'eau tout de suite,

La menace était si bien accentuée que Bigot p'osa pas l'affronter. ;

Plus d'une heure s'était écoulée depuis que lé navire biait en vue, eb ses voiles, qui d'abord n'en parsissaieat faire qu'une seule et n'étaient pas plus grandes à l'horizon que la blanche aile d'une moustte, 8e dessinaient clairement maintenant entre le ciel et leu,

S'il ue peut pas changer son allure! disait le capitaine avec tr. regard d'angoisse, dans une derni-beure nous serGus sains eb saufs !

Le cœur battait bien fort aux trois naufragés, La miante suprème où ils pourraient être aperçus approchait,

Le uavire venait toujours en plein sur l'& pove. Avant mème qu'il fût à portée de voix, les malheureux se mirent à crier de toute la force de leurs poumons affaiblis.

Longtemps leur appel courut snr les flots, sans être entendu de ceux qui incutaient le bütiment,

Aiuis comme le navire n'était plus qu'à deux cents pieds du gui flottant, la figure d'un mate lot se pencha sur le bastiagnge, puis successivement plusieurs autres quise rairent à crier de leur côté.

Oa les avait aperçus.

Il étut temps, car les plus de soufHe,

On urrète ie navire, une chaloune est rnise À la mer et fait force de rames à leur secours,

naufragés n'avaient

XDANT' BIGOT,

—$i Dieu existe, dit Pigot, après tout, c'est un brave homine !

Le capitaine va se jeter sur Ini,

Mais La chalonpe nrrive,

—Dépéchez-vous!t crient les matelots de l'embarcation, Un requiu suit le sillage du vaisseau depuis deux jours, ét dans un clin.

d'œil il peut être ici,

Le mer est si grosse qu'il est impossible da longer de trop près l'épave contre laqueile la chaloupe pourrait se briser, Aussi, lo er et le second se jettent-ils À la nage, ls ga gucat en dix brassées l'embarcation à bord de laquelle ils sont hissés pardes bras emprensés,

Bigot veut les iiniter; inais il a compté sans sus forces épuisées et sans l+ poids de sa ceinture bourrée d'or, dont il ne s'était pas séparé,

A peine t-il lâché l'épaye qu'il eutonce sous la vague.

11 veut crier l'eau,

—{Le requin! s'écrie l'an des matelota, voici le requin!

On se penche sur les rames pour voler au 8ecours du malheureux, quitte à heurter Le gui flottant.

Bixzot & pu entendre le cri d'alarme.

La terreur lui donne comme un choc élace trique et communique à ses muscles une vigueur ianttendue.,

Ses bras frappent vigourenséement la lame et sa tête remonte bors de l'eau,

Encore deux brassées, deux secondes st il attcindra l’embarcation,

Mais les matelots poussent ne exclamation de terreur et leurs rames s'arrêtent immobiles,

Une éclair argenté sillonne l'eau verte à trois pieds de Bigot,

Puis uns grande gueule rouge bordée de dents longues et blanches jaillit bors de In me lance encore, s'ouvre et 8e referme Avec un bruit nat sur le corps du misérable nageur,

Un seul cri, mais horribie, épouvantable, ra tentit. Le monstre murin rentre sous les vagues, L'eau se teint de sang ét ballotte un instant que arr débris humains qui, eux aussi, finissent par disparaître sous les flots .,..,,,,

, Mais sa voix se perd sous

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