‹ L'intendant TournyChapitre 101 sur 198 · I I 'I ROI · texte numérisé non relu

I I 'I ROI

il !••> réunil en conseil, >•! il se laisse guidei par eux vers la •! sion h prendre.

Po ir que tous l>-> renseignements utiles puisscnl être confrontés, il dresse des étals, de beaux états divisés en colonnes, très lisibles, très clairs, a telle On que les conclusions puissent sauter aux yeux, que les laits puisscnl parler eux mêmes*. Il fail tenir a jour des cahiers où l'on peul suivre avec les dates, les progrès il<' la >licussion

Les enquêtes doivent durer aussi longtemps que l'affaire n'esl pas instruite, mais pas un jour de plus Kllcs doivent dans l< m - les i leur terme. Elles ne -'>nl opportunes qu'à condition d'aboutir dans l<- | • 1 1 1 — bref délai I »urn\ ne supporte pas i\\\>- les affaires traînent en longueur : si l'esprit vient ■ < s'en détacher, toute l'information est .• reprendre. \u^«.i l'intendant n'accorde-l il point de !■•'• | ■ 1 1 a ses partenaires, il leur écrit chaque jour, et même plusieurs ("i- par jour

D'une autre manière encore, on ne doit pas se laisser distraire de la ligne droite que suit l'affaire en cours. Pour le marquis, l'amitié, la considération que l'on ;i pour un important personnage, n'engagent pas a des préférences, qui ne seraient que d'indignes faiblesses. Il écrit quelque part: ■ Ma Façon de peu

doit être la même h l'égard '!<• l'hoi que je considère, c me

;i I égard de celui qui m'est inconnu ' » Pour un peu, il ne ferail pas 'I'- différence, en matière d'administration, entre un marquis et un manant, pas même entre un protestant et un catholique. La justice est stricte, t "»"•< j 1 1 î l < • s'impose à l'administrateur; elle lui rend la tâche facile; il ne se -••ni gêné que du moment qu il cesse

I i omme modèle, "Wcirculaire aux sub du i mars 1752, \ D., Gir .

iple, le registre spécial de correspondance de la Jurad< borde laise ive< î inl nées 1751 et Yi - - instructions

mrnj les Jurais ne persévérèrent que i « dnna la lenuc 'lu

il re

Les lurala -■ plaigi licnl que Tourn) leur eùl adressé lusqu'â sepl lettres,

'. i iraj

i \ D., Gir. lire de Tourny du 8 octobre 1749 M. de Sarrau lui écrit

sujet d'une requête poui laquelle les Bollicitcui

plus .1.- vingt lieues Vous l'auriez aussi bien ou aussi mal reçue sans eux

com -.-11111 que ' lusions justes ou déraisonna

2 l<» i'im ENDANT M UOBDEAl S

d'observer la règle. L'intendant fait, à ce propos, la leçon à l'un tic ses subordonnés: « L'embarras où \<>u> me marquez vous trouver ne vient que de ce que vous êtes sorti de la règle... Vous deviez savoir qu'un juge ne • 1 « * ï t jamais rien ordonner que sur des requêtes, ni s'écarter des formes judiciaires '. » La justice doit suivre son cours, en s'appuyanl sur l'autorité de la règle". L'administrateur est un jusl icier.

Tournj esl toujours dans son rôle, et il prend toujours ce rôle au sérieux. Poli el courtois dans ses lettres mondaines, dont le style esl parfois enjoué, il ne se déride jamais dans sa correspondance administrative, <>u y reconnaît la gravité rigide d'Orry et de Colbert. L'intendant laisse dire qu'il <■ ne sait jamais faire le plus petit plaisir, ni rendre aucun service '-' », que la douceur, l'affabilité, l'aménité sont îles qualités indispensables à qui veut plaire. L'intendant ne veut pas plaire ; il veut exercer ses pouvoirs : il ne croit pas que la douceur et l'affabilité soient, pour ainsi dire. de son ressort; il refuse de se livrer à des amis, de peur de s'exposer à des compromissions; il veut pouvoir donner des ordres au plus célèbre de ses administrés el lui écrire: « Si quelque chose de celle espèce s'était commencé, je vous prie, qu'il n'ait point de continuation 3. »

Administration signifie pour lui, non pas confiance aveugle, mais contrôle incessant, méfiance de principe, avec recours éventuel à l'autorité. L'intendant ne peut pas oublier qu'il esl le dépositaire de celle autorité, qu'il l'a reçue de son souverain. qu'il en use en son lieu et place. Il veut être et il s'intitule : Commissaire du Conseil, Commissaire du Roi.

///. — La Commission du Roi.

Après la méthode, voici maintenant l'objet auquel elle s'applique. Dans l'exercice de ses fonctions, Tourny prend pour guide la Commission qu'il a reçue du roi '.

Page 1