IV. La ^Police des Jeux
Le dévergondage n'étail pas le seul vice à la mode, ni le seul qui put menacer gravement les intérêts du pays. La passion dujeu exerçait aussi ses ravages, dans la province comme à Paris, et surtout à Bordeaux où l'argent ne coûtait pas a gagner, et où l'on dépensait sans compter, par plaisir et par habitude.
Le Pouvoir central s'en émut vivement ; le Parlement de Bordeaux fil paraître un règlement d'interdiction en 1746, et Tourny intervint lui-même pour appuyer l'action de la Cour souveraine. 11 défendit à ses administrés de donner à jouer à tous jeux de hasard, tels que pharaons, roue de fortune, bosselte, hiribi, barherolle, pour ou contre, roulette, dés, passe-dix, lansquenets, etc.. On voit, par l'énumération de ces folies, à quels efforts de calcul et d'imagination les joueurs se soumettaient pour aboutir à leur ruine. Beaucoup s'obstinèrent, malgré les ordres reçus ; ils trouvèrent même des corps de ville pour les assurer de leur complicité. A la suite d'instructions précises du pouvoir central, l'intendant tenta de réprimer les défaillances des polices locales. 11 infligea de fortes amendes, et même il punit de prison certains particuliers qui tenaient des assemblées de jeux 2. Il accepta (pue les jurais de Bordeaux se chargeassent de la surveillance, sur le territoire des faubourgs Saint-Seurin et Saint- André, à la place des chapitres, prétendus responsables :i. Enlin il