A. h., Gir., C 1695, ordonnance île 17.r
'• A. !>., Gir.. c. 621, tableau modèle envoyé par l'intendant, 23 février 1740.
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laite el jugea ni qu une enquête conduite, dans ce lui! pouvait • 1 1 • utile au bien général, confia l'entreprise au sieur Pudcfer, aide major de la ville, à qui incuinliail aussi, comme nous l'avons vu, l.i police '!"•> étrangers Voici le texte de la commission que I .mi n \ lui délivra, en l'occurence Pouvant être très avantageux ;hi\ habitants de la ville el faubourgs de Bordeaux que nous avons une connaissance exacte el circonstanciée de leur nombre, qualité, profession el demeure, el voulant nous procurer au plus loi cette ■ onnaissance, nous tfvons commis I'- sieur Pudefcr, aide
major il'- la ville, | ', lanl par lui que par les personnes donl il
-. servira, s'informer incessamment de rue en rue, dans chaque maison, de tout ce qui esl relatif à ladite connaissance suivant l'instruction < j m •- nous lui avons donnée Ordonnons, en consé quence, à tous les habitants de ladite ville, sauvelal el faubou il.- ne s'opposer en rien de ce qui regardera l'exécution de la pr< sente commission ••! 'I'- lui fournir au contraire tous les renseigne menls concernant icelle qui seront en leur pouvoir <-\ donl il les requerra, le loul a peine de désobéissance '. »
Dans l'instruction qui était jointe, rournj insistait avec beau coup '!'■ méthode --in- tous les détails de l'opérai ion. Celui qui en serait chargé, dans chaque quartier, devait commencer ;i l'une des portes de la ville •< par la rue d'entrée el passeï successive menl de l'une à l'autre, sans en omettre aucune. Dans chaque rue, il commencerait a droite el quand il aurait terminé, il reviendrai!
-m- ses pas ••! recommencerait ;'i gauche de la mé manière. Il
mentionnerait essentiellement pour chaque maison ilablissemcnl
l.i porte, ■ qu'il noiera cochère, b geoise, ou bouliquière, suivanl
qu'elle sera Si les maisons étaient habitées par les propriétaires
eux mêmes, H chercherait a savoir très exactement le n I'- ci -
propriétaires, leur qualité, leur profession, même leur origine, surtout dans le cas où ils ne seraient pas français l'uni- les établis gemenls publics, hôpitaux, collèges eti . il noterai! le nombre moyen des personnes j logeant. Les emplacements vides de\ raient
aussi Qgurer avec le o de leurs propriétaires, >■! avec leur
dimension en façade il'- la rue. L'on procéderai! de même pour les
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ce travail. . TtT
286 I IN 1 I NDANT m. B0RDBA1 \
raubourgs, el aussi | r 1rs maisons <>u domaines répandus dans
la campagne. On s'efforcerail en somme de ne rien oublier « de ce qui peul faire connaître le grandeur de la ville par le nombre de
ses maisons et de ses habitants ' ».
Le sieur Pudefer fil de son mieux pour s'acquitter de sa mission. Il répartit la population de Bordeaux entre 1rs six régiments des
troupes bourgeoises qui avaient chacun l'un des jurais pour colonel, et .qui se recrutiiieiil chacun dans un quartier de la ville. Il trouva ainsi que le régiment de Sl-Kémy comptait 1 1 .572 bouches, celui de St-Eloi 8.890, celui de St-Pierre 6.055, celui de St-Mexant 13.370, celui de Sle-Eulalie 16 020, celui de St-Michel 10.647, en tout 66.554. Les régiments étaient à leur tour divisés en compagnies, et pour répondre à toutes les questions qui pouvaient se poser, un grand tableau était dressé en 21 colonnes indiquant les colonels des régiments, les capitaines des compagnies, les chefs de famille, les enfants, les commis, garçons et clercs, les ouvriers et, ouvrières, les domestiques, les gens donnant à loger, les pensionnaires, les communautés, les hôpitaux, les châteaux, les conciergeries 2.
1 A. D., Gir., C 1270. 22 octobre 1747, instruction pour faire le dénombrement exact du nombre, qualité, profession et demeure des habitants de la ville et faubourgs de Bordeaux. — Cf, sur ce sujet. A. Nicolaï. La population de Bordeaux ou xviir siècle, dans la Revue économique de Bordeaux, t XVI, janvier 1900, p. 1, sqq.
2. A. [)., Gir., C 1270, élat général daté du 4 mars 1748 En matière de police générale, Tourny intervient encore, dans l'intérêt de la-Salubrité publique, pourpréserver Bordeaux de la peste de Lisbonne en 1756. Un navire bambourgeois venant de Lisbonne était remonté jusqu'à Bordeaux : Tourny donna des ordres pour sa mise en quarantaine à l'île de Pâtiras. A. N., Ministère de la Marine. B; 532, lettres du 1" juin 1756 de M. de Rostan, de M. de Tourny et des jurats au garde des sceaux : autre lettre des jurats datée du 19 juin faisant connaître que toute crainte est dissipée.
Une autre partie de la police fut enfin traitée, incidemment, par Tourny: la police des marchés. A Bordeaux, les bouchers avaient ruiné le marché aux bestiaux, en 0 se transportant, les jours de marché, hors de la ville, au-devant des gens qui conduisaient le bétail. Tourny se fit l'avocat des jurats. quand ils demandèrent le rétablissement de leur marché. A. D., Gir., G 18, correspondance entre St-Florentin et Tourny.
C'IIAIMIRI. IX
La Tutelle des Communautés
Le Recours à l'Intendant. 11. La Reddition des
Comptes dans les Elections de Condom et d'Agen. III. L'Exercice du Contrôle financier et la Direction des Services municipaux. IV. Les Querelles communales et la Paix de l'Intendant.
/. Le Recours à l'Intendant.
Comme !<• subdélégué de Sorius le remarquait, en parlant de Bordeaux en particulier, Tournj s'occupa, bien plu9 que son prédécesseur, des affaires com n;il>->. il trouvai) une occasion de
les traiter pendant ses tournées annuelles, el les communautés ne négligeaient p*» de le consulter, tout en lui faisant leur cour. I>:in~ ses tournées, rapporte l'un de Bes biographes, le marquis était essible pour tout le monde . il expédiait sur-le-champ la pluparl des requêtes qui lui étaient adressées II aimait » s'informer lui-même de la vérité el la suivre comme & la trace, !.■■
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peuple, toujours disposé à louer celui qui lui prouiel le bonheur, s'accoutumait à regarder le Commissaire du roi comme un ange de Paix, qui venail l'apporter. » '
On a déjà vu comment Tourny avait effectué son premier déplacement à Libourne. Un autre jour, comme il passait à Castillon, il s'étonne de voir tous les habitants en habits de fêle. Il s'informe el il apprend qu'on célèbre la dédicace de la nouvelle église qui s'honorait d'avoir Turenne pour fondateur. Il met pied à terre et vient mêler ses prières à celles des villageois. - A Bourg, où il est en tournée avec l'archevêque, après avoir été reçu solennellement au son des fifres et des tambours, il va vérifier les archives de l'Hôtel-de- Ville, pendant que l'archevêque procède, de son côté, à la confirmation des jeunes enfants. :| A Agen, on attend le marquis avec impatience pour régler les contestations qui éclatent trop souvent.
Il arrive que les affaires à traiter devant être résoluesd'urgence, les communautés vont au-devant de Tourny, comme à la rencontre de la solution. Les paroisses des campagnes envoient des délégués dans les villes qu'il visite. ' Ces villes à leur tour font partir leurs mandataires à Bordeaux. Comme l'intendant se laisse aborder, on l'assiège de requêtes : au cours d'une seule visite, les édiles libournais lui en présentent quatre à la fois : pour qu'il diminue leur taille ; qu'il leur permette d' « enchérir -> sur le domaine du roi; qu'il leur accorde mainlevée pour diverses amendes; qu'il fasse défense à l'élapier de prendre des vins hors de la sénéchaussée. Ils purent se flatter d'avoir l'assentiment de Tourny sur les deux premiers points et sa bienveillance sur les deux autres. Ce résultat valait bien le voyage et les 12 1. de pourboire qu'ils avaient donné au suisse et au valet de chambre du marquis. '
Ouand elles ne peuvent se mettre en rapports directs avec l'intendant, les communautés lui adressent leurs demandes par écrit.
1. Marie de Saint-Georges. Essai historique sur l'administration du marquis de Tourny, Bruxelles, 17N2, p. 45-47.