‹ L'intendant TournyChapitre 159 sur 198 · I. Le Départ de Philibert Orry. II. La Politique de · texte numérisé non relu

I. Le Départ de Philibert Orry. II. La Politique de

Machault. — 111. L'emploi des Contraintes. IV.

Une Tentative d'emprunt.

/. — Le Départ de Philihert Orry.

\n momenl où 1 • m ■ n i \ . Loul Ber de ses réformes fiuancières menées à bien "-n -i peu de temps <-t malgré la guerre, s'empres sait de Faire part au contrôleur général des importants résultats obtenus, Philibert Orry, qui étail au pouvoir depuis quinze ans, se voyail supplanté el remplacé pai Machault, l'intendanl <!>• Valen ciennes, que Louis X\ connul ;i l'occasion de la campagne de Flandre

fourn\ apprit la nouvelh de deux • la fois pai son ami

370 l'intendan r o\ bordeai x

Bertin, el par sa sœur Madame de Grancey, Leurs lettres, très intéressantes, fonl penser que ['impression produite lui considérable .

Berlin écrit : « Il n'y a jamais eu de retraite |>lus glorieuse que celle de M. Oiry: tout le monde convient que la victoire ne lui aurait peut-être pas l'ail tant d'honneur. Begretté des financiers el du peuple qui le suivaient dernièrement au sortir de la messe, il a été visité par la cour et la \ilb\ depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Sa tour n'a jamais élé aussi nombreuse qu'elle, le fut le troisième jour après sa démission qu'il reçut les visites; et pour couronner tout, il conserve les bontés de son maître qui lui en a marqué beaucoup en recevant sa démission... Le nouveau contrôleur général a élé accueilli de l'applaudissement presque général. Son nouvel état lui a ôté une partie de son flegme, et quoique plus liant en dignité, il est devenu plus humanisé dans son accueil. Il avait d'abord refusé, soit par humilité, par façon ou par prudence, et sur une deuxième lettre du roi, il est parti de \ alenciennes. Il a travaillé avec le roi presque aussitôt son arrivée, il a pris toute la maison de son prédécesseur... Tout est aussi tranquille que s'il n'y avait eu aucun changement '. »

La lettre de Madame de (îrancey est assez différente, non pas dans l'exposé des faits, mais dans l'accent el dans le ton : on dirait une lettre de condoléance ; la sieur va au-devant des impressions que le frère va éprouver : « Je crois, mon cher frère, écrivit Madame de Grancey à Tourny, que vous aurez été fort fâché du changement qui s'est fait, .le suis inquiète et fort curieuse de savoir si vous connaisse/. M. de Machault. Mandez-le moi, je vous prie. Sans doute que vous aurez écrit à M. Orry. Toute la France a élé chez lui l'aire son compliment sur le parti qu'il a pris de se retirer. J'y ai été aussi l'assurer avec bien de la sincérité que j'en étais fort tachée, que je savais que vous le seriez aussi beaucoup, que je craignais (pie cet événement qui changeait tout de face ne vous décourageât. Il m'a dit à cela qu'il fallait bien vous en garder, qu'il fallait cheminer, que le roi était bien intentionné pour vous, que dans toutes les occasions où il avait pu nous servir auprès de lui qu'il l'avait l'ail. Je l'en ai remercié,

1. A. !>.. Gir., C 1254, 35 décembre 1745, lettre de Bertin à Tourny.

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el I .h prie île vous conserver toujours ses bonli s il in ;i ilil qu il n'élail plus :'i porlée de vous rendre service. Je lui ;ii >lii Au menu-. Monsieur, accordez lui vos conseils dans les occasions <n'i il m aura besoin; vos lumières lui pourront ôlre forl utiles II m'a assuré • i ■ ■ ' i I \<>u- les donnerait avec grand plaisir. Je crois que

-i une chose à ne pas néj ' une fort bonne tôle.

Je n'ai pas eu de plus long entretien avec lui. -I'' I ;ii quille « • • i lui disant Je -uis outrée, Monsieur, de ce que vous vous êtes

relin M - vous devez êlrc bien content de la façon dont le public pense de vous II vous \<>ii partir ;i\'''- un grand regret, vous re

de •-• >n 1 1 1 1 •- le plus grand bonnéte homme du monde, qui ne quille que parce qu'il ne veut pas contribuer ;'i son malheur. \ i>u> sortez de place comme un général d'armée qui vienl de gagner une bataille el qui se relire couverl de gloire. ■■ Il m'a paru sensible n mes propos qui étaient <lii- d'un l<>n pathétique : car i fie» tivement, par rapporta vous, je suis Fort touchée de son dépari Conservez cet ami. Il pourra peul être vous iHre utile el je ne doute pas qu'il ne se trouve ;'> portée de bien parler <l>' vous el je en qu'il le fera '. ■>

- voudrions avoir la réponse de l'ourny, elle nous manque. Il est fort possible '|u>' Madame <l<" Grancej I ';iii brûlée, parce '|U'- Bon firère devait j épancher son cœur. L'impression qu'il éprouva dut être des plus pénibles

Mon seulement le marquis perdait ce prolecteur puissant, cel ami sûr qui l'avait fait pourvoir de l'intendance de Bordeaux, mais encore il perdait un admirable maître qui l'avail Formé dans la science -i complexe de l'administration, pendant -«ni intendance de Limoges. Docilement Tournx s'était mis à l'école d'Orry ; docilement il avait épousé ses principes «'I ses méthodes qui venaient

de Ponlchartrain • ■! de Colberl. Philibert Orrj le quiltail ai

ment même où, mûrie par le savoir el l'expérience, -;i personnalité se dégageait. Dans le grand vide qu'il sentirait du dépari du grand

1 \ p comte dr G l'J décembre 1745, lellre de Madame de Urancej a

I .mi m I n ce (pli ■ oncerne l intendant de I •■ elle lettre i - a paru, avec

l.i précédente, bien plus sigoilli ative el utile ■ > cilei i|iie loua les passage* de mr moires se rapportai)) au dépari d'Orrj duc de Luynea '•' • ^ 1 1 p ' ;>

I" décembre 1743 Moufle .1 Vngerville, La uie pri ■ Cl". I. n, p 215

I décembre 1 7< . tournai de Madame ■>■ - déjà cité, :. 'I imbre

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