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L'INTENDANT TOURNA

•• avec tous les meubles meublants, linge, ustensiles êtanl dans ce château de Tourny, situé dans le Vexin normand ».

\ ce moment, le futur intendant possédai! déjà de son chef 2.650 livres de rentes, plus un capital de 22.650 livres de billets de Banque portés au Visa, el < 1 i x dixièmes d'action qui avaienl coûté 10.000 livres. A l'occasion de son mariage, ses parents l'assuraienl de loi). 000 livres en espèces sonnantes, et s'engageaienl de nouveau à le reconnaître comme leur héritier. I)e son côté, le seigneur des Grassières consentait à sa tille, en plus de 250.000 livres, la jouissance entière de la terre, seigneurie el baronnie de Multy, el 'le- seigneuries de Crandcé. Aulnay et Bouron, leurs appartenances el dépendances, le tout près Bar-sux- Aube en Champagne '.

Le président Auberl s'éteignit quelques années plus tard. Il laissait, en plus de ses terres, une argenterie de 6.424 livres, quelques bijoux : une montre, une tabatière d'or, une croix incrustée de brillants, une paire de boucles d'oreille ornées de 2 diamants, une boucle de ceinture avec diamants, une bague d'or avec rose, le tout représentant quelques milliers de livres. Il laissait surtout une quantité de valeurs tellement considérable que leur énumération comporte 41 chapitres, se subdivisant parfois en A ou T> articles différents, et se rapportant, les uns aux actions de la Compagnie des Indes, les autres à des constitutions de rentes consenties par le Clergé ou par des Etats provinciaux. d'autres à des contrats conclus avec des particuliers de marque 2.

C'était là une fortune immense dont Louis Urbain recueillit la plus grosse part.

//. La Gestion du Patrimoine.

Louis Urbain montra moins de goût que son père pour la finance, pour les traités et la spéculation. En revanche, il s'intéressa davantage à la gestion de ses domaines; il tenait à la terre, et il lui plaisait de s'essayera l'administration.

1. A P., .'tuile Delestre, contrai de mariage de Louis Urbain Aubert, 24 juillet 1721. Nouve.iu d Hozier, t. w. p. 56

2. a. P., étude Delestre, inventaire après décès du président Aubert, Il septembre 1726

Ix i »im n i lit

Il lii gérer, plutôl qu'il m i lui même, ^mi bien de La

Fal lise, i>n il avait un chapelain el un Fermier ' Il t'occupa indi

recle ni aussi de ses terres de Pierrefille *, de Carcassonne el

de sa seigneurie de I' Vmbroisc { qui lui vint de ses beaux parents, el où il posséda il un chulcnu dominant la Loire Mais il voulut être, ••! il lui essentiellement, marquis de rourny.

Le Président n'avait été marquis que de nom, el ce nom même il l'avait porté rarement; il élail reslé, pour les autres <-l pour

lui-même, le Présidenl Wec L - I rbain, les gens de r/ourn)

retrouvèrent enfin leur marquis d'antan. Les vieux du pays en parlent aujourd'hui encore, d'a| qu'ils onl appris de la bou-

che '!>• leurs aïeuls. La tradition n'a pas oublié les visites fré quenles du marquis de Tournj a ses I erres normandes. Il j arrivai) en grand équipage, dans un carrosse attelé de quatre chevaux, el il avait, i Pressagny, un rendez- vous de chasse. Il était juste el magnanime; il était sévère, mais bon. II était bon, comme --;i mère, la Dame du Point-du-Jour », qui vivait seule à Vernon, depuis -"in veuvage, auprès de sa fille, la religieuse, dans ce chAleau du Point du-Jour ', dont elle portail le joli nom.

Le premier aveu présenté ;'i VI essire Louis I rbain pour l'un de ses - du \ exin remonte au 17 février 1718. A partir de celte date,

l i .--i de Louis I i bain Aubert,

stion Je La Falaise, dans une lettre

• ■ ir i ■ \ P ■ mssi la n inalion par Louis

- i.iut de ! le la pai oisse d i ponne, dio-

--■■IV mi choisi apparleDail au clergé de Bordeaux. \ h lient» non classés, pièce communiquée par M Corbineau. .' . ie de Pierrefltte se composai) des maison» nobles de

Philip Montre) le Pavillon I alllaud, Pélanl el autres mais

ieurii'H •■!! dép . locumenls non classés pièces mu

niquées pai M C irhineau, baux di le 1 7 : i

3 I •■ ttet de Carcassonne esl le moins connu des domaines il rbain Auberl II

■ .n pai isienne i \ .n- devons i M Gabon archiviste de la Loire-lnférieurr, d'avoir pu retrou

ie de I vmbroise Elle esl situ lans la commune de Sainl Sulp

■ ■■ni de Mail i I. Voii ■• ce sujel Céleslin Port, Diction-

biographique ■/<• Maine-et-Loire. Louis I rbain \ ii l ••- r t n --.•/ i.m.I seigneui de l Vmbroise : il l'est notamment dans

!.- p.-.- d.- ministérielle du 27 janvier I7i' \ \ s'attribue le me

litre dans une ordonnance rendue i l septembre 1 7 !•> \ 1' Haute

\ ienne, t' 19

-i I rbain tuberl 'i111 aurail fait construire h du Point du-Ji ur « i

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le futur intendant semble avoir souvent remplacé son père dans l'exercice des droits seigneuriaux, notamment en 1721, quand il reçut un aveu des Corneille, tenanciers du marquisat '

La prise de possession effective date de 1722. La première fois que Louis t rbain fait vraiment acte de seigneur el de marquis de Tourny, c'est à l'occasion des pieds el gage-pieds de l'année Les tenanciers sont convoqués solennellement : " A la requête de Messire Louis Urbain Aubert... stipulé par le Sieur Georges Petit son recex eur en ladite terre seigneuriale el marquisat duditTournj . par lequel seigneur domicile est élu en son manoir seigneurial dudit Tourny, Je, Guillaume Delamon, notaire royal à Tourny, prévôt de ladite seigneurie el marquisat dudit Tourny, y demeurant, faisons savoir à tous vassaux Lenanl el relevant de ladite seigneurie el marquisat de Tourny. que les pieds et gage-pieds de ladite seigneurie seront tenus au manoir seigneurial dudit Tourny, le jeudi neuvième jour de juillet prochain, à '.) heures du matin. par-devant M. le Sénécbal de ladite seigneurie, par quoi assignation est faite à tous vassaux tenant de ladite seigneurie, qu'ils aient à comparait re. payer tous rentes et redevances seigneuriales, présenter leurs aveux et leurs contrats d'acquisition, payer leurs treizièmes... el tous leurs droits et devoirs seigneuriaux dus a mondit seigneur, à peine de payer les amendes portées parla coutume. Cejourd'hui dimanche 26e jour de juin 1722, Je, prévôt de ladite seigneurie dessus nommé à l'issue de la grande messe paroissiale, a publié, à haute et intelligible voix, le contenu du présent exploit 2 ».

A peine installé, le marquis inaugure, dans la gestion du marquisat, une nouvelle méthode. C'est la constatation qui ressort de l'examen des documents. Les aveux sont transcrits avec plus de soin, classés avec plus d'ordre que par le passé. On y trouve partout des titres succincts avec des notes marginales. Il est pris lionne note des aveux manquants. Les tenanciers retardataires sont avertis à temps qu'une (irise de fief les menace. Les tableaux récapitulatifs sont dressés, pour certaines catégories d'aveux, par exemple pouf ceux qui sont dus par les gens de mainmorte. Les

I. A I' . 1'- Desabie, château de Tournj . 2 A l' . Cabaigne, de Tourny.

IV Sl'CCI SSIO.N l.l l-lu SIDI .'I

connu ,in. mil-» oublient Irop souvenl que lous leurs biens ne sonl pas exempts de loul droit; le marquis leur rappelle ;'i l'occasion qu'elles doivent avoir chacune un mandataire, un homme vivant, mourant cl coufis<|uanl \ • encore, provenant du même dossii ti'l autre tableau disposé en colonnes, pour la récapitulation de certaines renies seigneuriales. Le marquis voil du premieT coup d'reil, ''H -iii\.uil chaque colonne, qu'il recevra, a la Noël pro

cbaine, I chapons I ?, "29 sous 5 deniers el '■'< \ les 1 2 I ne ligne

esl laissée en blanc : il - ;i^r i i d'une v« uve que Louis I rbain lienl quille de ses sous, de ses poules et de ses chapons '.

Km 1726, ;iu inomenl de la morl de son père, Tournj l'ail arpenter le marquisat par !«• notaire arpenteur juré, fïuillaume de la Mare Le moyen esl bon | >< >ii r contrôler les aveux, pour sur prendre la mauvaise Foi de tel propriétaire, qui déclan des ar pents de moins dans l'espoir de payer moins de droits Surpris en fraude, le sieur de Chaulieu, sous lieulenanl de gendarn crut utile, un i"iir. d'însisler Le marquis se contenta de répondre d'abord par des bhlmcs n des aveux qu'il réfuta de poinl en point.

Comme le sieur de Chaulieu revenait encore a la charge, I ~nj pril

le parti de se transporter sur les lieux « <>ù étant, dil le sieur Ro bcrl Anselme >|ni ;• peut-être joué le rôle d'arpenteur malg lui ;i \ . >n- suivanl la démonstration qui nous en a été l'aile par

m Ii! Seigneur, marquis de rourny, procédé à ladite mesure el

arpentagt \-> novembre I72H Deux ans plus lard, le 2H juillet I7:!(t Chaulieu présentait enfin au marquis un aveu plu-- correcl

Les communautés se résignèrent aussi ;'i donner satisfaction ■ lis l rbain, quand celui-ci les eùl menacées de quelques exem pies. Kl il Huit par avoir raison même du lenancier de Cahaignes, qui, en bon normand qu'il était, discuta, plaida, marchanda pour un.' dette de ''- ihmi livres, de 1708 a 1740, pendant plus de 30 ans

La réputation de Tournj resta intacte au milieu de i"n~ ces procès Les héritiers de Guillaume de Lanlenay, <|ui n'avaienl pas trouvé de terme assez forl pour juger la conduite du Président, se tournèrent vers son lil- avec une confiance entière Le res

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