I. Cl. A. D., Ha lettre* de Paris il il fi mars
28 décembre 1738 el 19 m li 1739 L'nd
ministrali lenlrale invite le sieur BirBou, trésorier des Ponts el chaussées ■•
Limoge», h se mettre en rapport avec l i
gnon, op .il i II. i • 98, et I III. ■ 78 l.c dernier d 'tcurgénéi
Punis el .h ni--..-- Du aux corvées qu'Orry, Trudaine el
fourn] ••!! étaient : i i nom du bien public
i in 1 1.\!>\\ i imnw
corvéables travaillent pour eux, toul en concourant au bien général. Le marquis, encouragé par Trudaine, comptai! sur l'emploi des corvées pour pouvoir restaurer toute sa généralité de
Limoges.
//. — Les %)oies de Communication dans la Çénéralité de Limoges.
Elle en avait ^ramlemenl besoin, privée, < une elle l'était, de
moyens de communication faciles.
Ses rivières lui servaient à peine : deux ou trois seulement pouvaient être utilisées, sinon pour la navigation. <ln moins pour le flottage. La Vézère portail quelques barques, et l'on pouvait, en cas de famine, tenter d'alimenter le Bas-Limousin avec des grains qui remontaient la Dordogne jusqu'à Souillai- '. La Vienne élail par excellence la rivière du flottage des bois '-'. La Charente servait au transport du sel et des grains : Angoulême y était « la tête de la navigation3. » Malheureusement toutes ees rivières n'avaient en Limousin que leur cours supérieur ; avec leur dessin capricieux, elles semblaient vouloir se dérober à l'aménagement, et, connue elles s'écoulaient chacune dans une direction différente, elles étaient incapables de former un réseau. Enfin, à l'époque que nous étudions, on les trouvait embarrassées d'écluses et surtout de péages.
Tourny comptait-il absolument sur ces voies d'eau ? On peut croire que non. In mémoire du '29 octobre 1730 préconisait l'ouverture d'un canal entre la Vienne et la Charente au seuil étroit de Confolens '. Si l'intendant le connut, il le négligea. 11 semble ne s'être intéressé à ses rivières limousines que pour les affranchir.
1. (X Bulletin de In Société historique ri archéologique de la Corrèze. t. III. p. 261.
2. Cf. A. H.. Haute-Vienne, C 307. 15 juillet 173?. arrêt ilu Conseil au sujet des droits de péage prétendus par l'évèque de Limoges sur les bois amenés par la Vienne.
3. A. N., F" 154. lettre de Tourny à son collègue Barentin, de La Rochelle, 26 juin 1741. Le Faubourg de l'Houmeau servait de port à Angoulême. Cf. lettre de Tourny au sieur Poitevin du ?'.* mars 1740. dans, le bulletin de la Société archéologidu Limousin, t. LVHI, 1908, p. 562.
t. A. AIT étrang., n I 178-63, mémoire sur un projel de jonction de la Vienne à la Charente, avec les plans présentés à Maurepas par Courcelles, ancien capitaine de brûlot.
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quand I présenl tutelle des rivera ns I ■
scil évoqua devant lui, en I7".l loulcs les i m
natlrc ;i propos <\<- la iiavignli le la Chnrenti - la \ ieni
le comte de la Keuilladc perdit le droit de péage | ■ -;i baronnie
Peyrusc I hapilrc de Sainl-Elienne <l«- Limof
pour l'écluse de son ilin M de l'isle • 1 1 1 Hast Fut dépouillé
même des droits qu'il prétendait sur les bois amenés par la \ • une jusqu au Naveix
L'intendanl en resta la | r les ri lil, pcul
son, qu'il avait mieux • > faire pour les grandes chaussi dont aucune n 'uhli- ni Imi^ parcours, la voie ouverte par
Durs 'I i Laça le des postes de 1032 mcnlionnail les routes suivantes pour la généralité il-- Limoges de Poitiers à < InHcauneuf par \ i-
vonne, Buffec >-i Angoul ■ d'Angoulémc ;'i Confolcns d'An
La Bochcfoucauld : d'Orléans a Bayonne par Château
roux, l.i - - nl-Yrieix, Villeneuve, Vgen, eh : de Limo
i I uiil.Hi-.i- par I zerche, Brive, Souillac, Caliors el Monlau ban de La Chaire ;i Limoges par Guércl cl Bourganeuf : de
Cler ni a Tou'ouse par I ssel : de Lyon h Limoges par Cler-
moiil Pendant le siècle qui suivit, de 1632 h 1730, des amélio r;i l i< »n -~ nombreuses furent apportées h la grande voirie. Elles n ■il insuffisantes el surtout elles s'effacèrent très vite < 1;> 1 1 — les ^àts causés par les intempéries Dans ce pays humide, au sol inconsistant, les nouveaux chemins souffraient beaucoup du charroi des marchanda convois de troupes, ■ ■! du passage du
bétail qui, chaque année, mon la il des fermes aux pâturages, | r
redescendre ensuite. Il- souffraicnl aussi de la cupidité des pro priéla ires qui souvent empiétaient sur leurs lisières pour étendre leurs biens Les chaussées dévorées d'orni rmèrcnl
••n chemins creux, resserrés entre des baies menaçantes que des arbres puissants renforçaient. Les roules mal Iréquentées devin-
I \ Leroui \ p 219
- \. i nseil supprimant les
el \ \:T • - — tri .-i Marche I du
il. u.iht , rourti) 1'excculion du précédent
i \ li Hante \ Ih 15 juill«'i 1/
non, op ''il , t. I. |. '■' ;. sqq
108 i .'in ii:mi\m roi iinv
renl l'effroi du voyageur : celui qui s'j aventurail laissait, en parlant, son lestamenl à ses proches, el comme s'il risquait le stiprême voyage, il confiail son âme ;'i Dieu '.
///. — L'Organisation du Travail.
Cette misère des routes limousines frappa Tourny dès son arrivée. << Avant l'ait examiner, écrivait-il, leschemins de notre Géaéralité, qui communiquent d'une ville à une aulre, et ayant trouvé que la plupart sont très mauvais, plusieurs même impraticables, ce qui provient de ce que ces chemins, originairement trop étroits, ont encore été depuis resserrés par les propriétaires des héritages riverains, et creusés par la succession des temps, sans qu'on ait eu soin jusqu'à présent d'obliger les Paroissiens voisins à les entretenir par des corvées qui, laites à propos et dans le commencement des dégradations, n'eussent été ni pénibles, ni coûteuses.
11 nous a paru indispensable de prendre des mesures pour pourvoir au plus tôt à un objet aussi important, sur lequel les voyageurs et les habitants de la province réclament également notre attention 2. »
Le nouvel intendant veut avoir de bons el confortables chemins en dos d'âne, d'au moins 20 pieds de large et bordés, de part et d'autre, de fossés assez profonds. Le déblai des fossés doit servir à bomber le milieu de la route. La largeur ne peut être moindre de 20 pieds que dans deux cas: aux abords des villes, quand la roule passe entre deux maisons, et dans la montagne, pour éviter les déblais trop considérables. Pas de haies qui mangent la roule, et pas d'arbres, non plus, parce que « leur ombrage porle de l'humidité. » Des routes nettes et droites, qu'on peut suivre des yeux ; les courbes ne sont admises que pour compenser les trop fortes différences de niveau. On déclasse les chemins creux, on les aban-
1 Sur le mauvais état et insécurité des routes, voirJobez, la France sous Louis AT. t. Il p. 522. - el ~ur la région limousine eu particulier. Alfred Laveix, La sèn 'chaussée de Venladour, dans le bulletin de la Société scientifique, historique el archéologique de la Corrèze, t. III. p. 2(51 .
2. Lignes extraites du préambule d'une ordonnance de Tourny, en 7 articles, du
12 septembre 1732, relative aux réparations à faire aux chemins, A. L).. Gir., <; 1992, document limousin aux Archives de la Gironde.
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donne à leur sorl, >'ii les faisant servir île lossés | ■ flanquer les
routes nouvelles '. En vue d'aménager sa généralité, l'inlendanl .■ia. si besoin, In nature. Il s'accommode de l'espace, el quant au
temps, c esl h peine s'il compte avec lui : | r percer do roules le
Limousin, il parle de Irois ou quatre ans
Dans ces conditions, il lui esl difficile de ne pas vouloir user, jusqu'à l'abus, des ressources donl il dispose. I < » 1 1 1 le monde con tribuera à l'œuvre de bien public qu'il entreprend. Le i"i ne veul
donner par an que quelque 60.000 I . con Ponds à consacrei
aux travaux publics de la généralité '. Cette somme ] rrail suffire à
peine h entretenir In grande roule de Paris h Toulouse el si répa ni- les ponts Reslerail a payer le personnel donl s'entoure l'in génieur en chef Nourissarl >us ingénieurs qui onl ensemble
2 7» m t I.. 1rs s piqueurs < pi t <'ii onl sm sans compter les outils qui coûtent 15001., la poudre qui en vaul 600 el tous les autres ustensiles \ force de s'ingénier, l'inlendanl découvre le moyen dégrossir sa première masse par 1 mrces imprévues. Deux
sortes de fonds secrets vont aider aux dépenses, ><-|(.n l'aveu de l'inlendanl : L'un vienl de quelques adjudications simulées
qu'avail faites M. d'Orsaj en mé temps qu'il faisait travailler
par économie j'ai trouvé a j regralter, el j'en ai employé le roveii.hiI bon à l'achat d'outils. L'autre consiste dans le parti que j'ai pris de charger les adjudicataires d'ouvrages où il j a des déblais, remblais cl transports de terre 1 faire par corvées, de payer les piqueurs qui doivent conduire ces corvées '. ■>
Aux communautés, le marquis ne demandera pas les deniers donl elles -cul avai.-.. mais elles auront à fournir la main-d'œuvre I>un> une première ordonnance du 27 septembre 1731, Tournj avaii rendu les propriétaires responsables de la mise en étal des roules qui traversaient ou qui longeaient leur domaine L'an
I \ h 1 ourn) au sieur \ • <•
ment limousin aux archives de la Gironde
2. A. D février 17;.'.. lettre de roumj à rrudaine document li
nousii 11 le
n . Il 1 ..!•'.. arrèl du \~ décembre 171 " 1 es ronds prévus pour les Ponts el . .• ne dépassent pa • i généralité de I i
moges figure : ins le 1 ibleau de reparution pour un peu plus du quarantième, exac lemenl r.T 600 1 I. A. D., Gir., C 19 tire de fourn) à rrudaine
\ D., Gir • ■• ordonnant - 1731, document l main aux
Archive- delà (jironde.
I lu i. i\ i i:\ii\n i roUlt.NV
d'après, celte mesure lui parul insuffisante, étanl donné le bul poursuivi. Après avoir mûri la question, en confrontant les instructions données par ses collègues '. l'intendaul se décide h prendre la grande ordonnance «lu 12 septembre 1732 qui impose la corvée. Le préambule en esl intéressant, llyesl ditque la corvée rendra service aux corvéables ; quand les routes seront faites, ils pourront transporter aisément leurs denrées sur de nouveaux marchés. Les paysans n'onl pas à craindre d'être distraits de leurs travaux par la corvée ; elle n'aura pas lieu durant les « saisons précieuses » des semailles onde la récolte. Chaque communauté fournira un certain nombre de travailleurs choisis parmi les laillables, et elle y ajoutera le plus possible de voilures. Les corvéables seront commandés par un syndic de leurcommunauté. Ils viendront avec leurs pelles et leur- pioches. Les heures de travail seront celles des ateliers ordinaires, sans que les travailleurs puissent s'absenter sous aucun prétexte. « Les subdélégués tiendront la main à l'exécution du règlement ; ils dresseront la liste des paroisses corvéables ; ils se mettront d'accord avec les syndics sur le temps de la corvée, sur le nombre des travailleurs et des voitures ; ils contrôleront les listes d'après les rôles de la taille ; ils feront entre les syndics le partage du travail : ils promettront des récompenses aux plus zélés ; ils feront craindre aux récalcitrants l'intervention de la maréchaussée ; cette première crainte aidera beaucoup la suite de l'opération. » Enfin, pour que leur collaboration avec le commissaire départi soit complète, les subdélégués auront à apprécier par eux-mêmes l'importance de chaque roule : et ils rédigeront des mémoires circonstanciés pour proposer à l'intendant tous les tra-
1. On trouve clans la liasse C 1992, aux Archives d.e la Gironde, un certain nombre d'ordonnances relatives aux corvées rendues par les intendants des généralités voisines du Limousin. Tourny avait dû les demander en communication, pour se former une opinion personnelle.
2. A II ., Gir., C 1992, ordonnan.edu 12 septembre 1732 et lettre de Tourny aux sub lélégués, datée du 21 septembre 1732 : documents limousin- aux Archives de la Gironde .
I \\ll N M.l Ml \ . III
Il — Le 'Programme des Travaux.
En l'ail de grands travaux, le premier devoir d'un inlcndanl de
I. - élail d'entretenir et, si besoin, de refaire la grande
roule de Paris l'oulousc qui Iravcrsail la généralité de pari en pari. l'Hiriix lui consacre tous ses soins, dans les premières
années de son iiilendi I •■ célèbre I rbain \uberl, dil une
chronique, signala le commencement de son administration à l.iiii<«^r»--~ par la réparation de celle roule jusqu'à neuf, dans toute l'étendue de sa g< néralilé ' ». La chaussée en question comprenail nombre de travaux d'art donl l'enlrelien élail difficile, nolammenl le ponl de Pierrebuffière sur la Briance, celui il I zerche sur la Vézère, <-l celui de Brive sur la Corrè/.e. rournj les lii réparer \><\\~- les trois De crainle de voir coupée la roule de ["oulouse, le Bureau des puni- cl chaussées n'hésita pas, vers 1740, à promettre au marquis son plus entier concours pour la reslaurati lu ponl il I zerche4 T n\ j lil travailler activement, sans avoir le temps d'aboulir. Ses collaborateurs s'élon naienl plus lard de la hardiesse de l'ouvrage I. un d'eux, le sieur Ponchon, lui écrivait à ce sujel : L'on aura forcé nalure, cel exemple m'a rendu hardi3. \ Briye, !<■ prédécesseur de rournj n'avait pas été heureux dans la réfection du ponl à 6 arches ' Le marquis se remil .1 l'œuvre dès son arrivée In deux ans, I ~- î 1 -•I 1732, il oblinl du 1 îonseil la somme de 30.000 I .. applicable lanl
a la restauration de l'anciei vrage qu'à la construction d'un
nouveau, el à l'ouverture d'un canal destiné à diviser les courants,
, empêcher par là môme que le vieux | 1 ne i'iïi emporté
Le nouveau puni, appelé puni Cardinal, fui établi ^m- un système de ■> arches en anse de panier. Il porte la date de 1734.
I ■ - autres roules importantes 'I ^ngouléme à La Rochelle, de
1 l v'i 1 ! I une notice -ur le département de la ' orrèze dans le Bulletin polyma- Iht'iue 'le 1 • VIII, p 302, période révolutionnaire
v '. erabre 1741, i'-the du Bureau des Ponta el chaussées
lurnj — A. D des environs d I zerche. montrant 1rs deux
projets préparés [•• "i r le ponl
v r 1254, 27 octobre 1744, lettre a l ournj
\ \ Il 1544, 1731-17 rendus
1 12 I IN I BNDAN1 I 00I1NY
Poitiers à Bordeaux, de Limoges à Clermont, & Moulins, à Poitiers et à Angoulême, eurenl eh a ri nu- leurs équipes de travailleurs cl leur mise en étal fui avancée '.
Celte œuvre de restauration qu'un autre eûl jugée suffisante ne satisfit Tourny qu'à moitié. Il était curieux de nouveaux projets qui ressemblenl à des intuitions de génie.
Tel qu'il existait, le réseau des roules rendait assez peu de services à la province; il semblait vouloir éviter le Limousin et il n'unissait même pas entre elles toutes les villes principales. La roule des postes de Paris-Bordeaux laissait Angoulême à quelques lieues. La route de Bordeaux-Lyon se détournait du Périgord: et faute de giand elieiiiin, on ne pouvait aller en voilure publique de Limoges à Aurillae . Ainsi. Angoulême, le Périgord et le canton d'Ussel, sans parler d'Aurillac, semblaient voués à l'isolement.
Traverser le Périgord el l'unir au Limousin, rappeler Angoulême à la vie, en la mettant sur la grand'route, projeter la grande voie Paris-Montpellier par Limoges et Aurillae. telles furent les trois idées principales de Tourny.
" Quand j'étais intendant de Limoges, écrivait-il plus lard. je désirais pour le bien du commerce de cette ville que son chemin de communication avec Périgueux fût l'ail 3 •>. Ce grand chemin auquel il faisait allusion fut tracé par ses soins, avec 10 pieds de large. Débouchanl de la porte des Arènes à Limoges, il atteignait à Firbeix la frontière de la généralité. En ce point, l'intendant projeta de jeter un pont de 3 arches sur la Dronne. Il y lit travailler, mais l'ouvrage ne devait être achevé qu'en 174o, après le départ du marquis 4.
1. Cf. A. N., ¥>■ 154, 9 juillet 1741, lettre de Tourny. — A. D., Haute-Vienne, C 731, ilevis d'ouvrages à exécuter. — Schelle, Œuvres de Tunjot, t. II, p. 122.