VI. Le nouveau Limoges
/. — Les Raisons de I ' JlménagemenL
Au lendemain de son arrivée à Limoges, Tourny se préoccupai! déjà, nous l'avons vu, de préserver la ville de l'incendie. Il avait à cœur, d'autre part, de présider aux plus importants travaux de voirie. Mais il ne semble pas avoir conçu, dès ce moment, le projet de transformer l'architecture des centres habités, comme il renouvelait toute l'économie des voies de communication. Ce fut la réfection des grands chemins qui l'amena à voir la nécessité d'aménager les villes. Les premiers travaux qu'il entreprit ne furent que des retouches particulières et sans prétention ; elles ne tendaient pas à la réfection systématique de l'ensemble.
L'intendant s'intéresse aux églises à cause de leur clocher qui
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commande non seulement les maisons A alentour, mais en< ôre les hameaux dispersés el l>-- campagnes lointaines, d'où levoyageur les
aperçoit Leclocberper Idereconnaltre le chef lieu de la paroisse
qui représente une division territorial i plusieurs villages >i>nt
ob - 1 « ■ 1 1 1 1 j \ fait restaurer les églises aux frais des commu naulés qui s'imposent tantôt de 700 livres, Lantôl de 800 el plus, pour suflire :'i la dépense. Quand les frais sonl considérables, l'intendant se préoccupe de vérifier le devis des travaux, de le confronter avec l'adjudication, de faire le départ entre les réparations de l'église qui sonl a la charge • I » * la commune, el celles des chapelles que des particuliers riches se sonl chargés d'entretenir ' .
En même temps, il tient la main à l'entretien des balles, des inarches, des maisons de ville >|ui servenl de lieu d'assemblées Il renseigne le contrôleur général sur les travaux ;'* effectuer, pai
exemple au qhflteau d'Angoulêi Quand les ouvrages prévus
ne -<>nl pas de conséquence, il prend sur lui de les autoriser Les ayant autorisés, il ne s'en occupe plus guère, ou loul juste, semble l-il. pour exercer son droit de contrôle sur les finances des communautés
\\. lis parfois, les voies de communication exigent | r leur
aménagement que des alignements soient pratiqués h l'intérieui des villes, que des murs ou des portes soient rasées, que des fossés soient comblés, que des ponts --• » i • • 1 1 1 construits, que des quartiers entiers s'ouvrent devant ces voies el se laissent traverser.
En dépit de loul •■! de \<>u-. T n\ fraye le passage à ses
routes, el il esl ainsi amené à reprendre toute l'économie des villes, suivant un ordre absolument nouveau.
1 Voir essentiellement pour les réparations d'église \ \ H 154 relatifs
liions 'l ■ - Salon. — A. N., H 15-16, autres arrêts
poui Si i ii m I Bvaux, Sainl
Quentin d'Aubeterre, lyen .-t Rozère \ D Haute Vienne, ordonnances de
ur les églises de Sussac el de Neuvic
2 l i halli ris d'Angouléme peut servir d'exemple Cf. A. D Gir C 3798, instructions de rournj aux gens ■! Vngouléme \ n G 6, 17 juillet I leUrc du oontroleur général à l"ourn)
Sur les répa i château d'Angouléme, voir \ N'., G 16 10 avril 1731,
letlre du i Irôlcui gém rai à Toun une dera inde de réparai - formulée
par le duc ri lécembre 1731, nouvelle loiin' d'Orr^ au duc 'il ïès
donl la demande n a pas ei • été satisfaite Dans une troisième lettre du lv U
vrier 1737, \ V, G' 54, Orry écrit a rourny. en I ivoyant le dossi lire
Je vous prie de vouloir bien me parler de cette affaire, la première rois que nous ti < • < i — \ en ons
]~20 i.'in r en dan i roi rny
Les villes m- seronl plus fermées; leurs murailles tomberont. L'époque des remparts esl passée ; ils s'écroulenl souvent d'euxmêmes, comme à Limoges, el on les aide à disparaître, quand leur ruine tarde trop '. Les religieuses de Saint-Léonard ne se l'ont pas scrupule d'y ouvrir de véritables carrières'2.' Le roi fait mine de défendre les murailles, quand, par son ordonnance du '20 décembre 1740, il revendique la propriété des fosses, remparts, contrescarpes el places vaines8; mais celle décision esl un arrêt de înorl. L'emplacemenl de l'enceinte rasée doit èlre réservé à la route royale qui contournera la ville, en attendanl d'y avoir accès. La ville, alors semblable à une île, s'enveloppera de boulevards larges et plantés d'arbres comme les grands chemins. Au lieu de se renfermer sur elle-même, elle s'épanouira au plein air de ses abords, en se dotant d'une façade monumentale.
//. Brive et Angoulême.
Parmi les villes que Tourny aménage, l'exemple de Brive vaut d'être cité, el Angoulême lui fait pendant.
Brive est le carrefour de routes nombreuses et l'étape nécessaire du voyageur qui vient de la montagne ou qui va s'y enfoncer. Il y retrouve, pour un instant, le réconfort de la plaine. Brive est ainsi comme le contraire d'Angoulême, « la ville perchée » où l'on monte péniblement, en se détournant de sa route. En face de la ville « acropole », la ville « en fond de cuvette 4. »
Le premier service à rendre à Angoulême était de la mettre en contact avec le grand chemin, de lui taire descendre la pente de sa butte, de rendre moins étroits, moins abrupts, les sentiers qui y donnaient accès et d'amorcer les voies de communication aux portes mêmes de la ville. Pour Brive, on avait à compter avec la Corrèze, qui ravageait périodiquement ses rives, qui menaçait d'emporter le pont, et avec lui la grande route de Paris. Il s'agis-
1. (l'est la transformation notée par Carré, mais qu'il date seulement delà dernière moitié du règne de Louis X.V. II. Carré. La France sous Louis XV, p. 197.
2. Orrv dénonce cet abus à Tourny dans sa lettre du 7 février 1741, A.N., G' 58.