‹ L'intendant TournyChapitre 58 sur 198 · IV. — La Restriction des Privilèges · texte numérisé non relu

IV. — La Restriction des Privilèges

Qu'on se récriât ou qu'on approuvât, l'intendant n'était pas près de faire des concessions en matière de finances. Il se montra inflexible, pour 1rs privilégiés, authenlhiques ou prétendus qu'on accusait communément en Limousin — Colberl le dit — « de faire un grand nombre de vexations sur le peuple3.» Le public eut sa revanebe avec Tourny. C'est de gaîté de cœur, dirait-on, qu'il mena campagne contre le^ exemptions d'impôt, aussi onéreuses pour la majorité que les privilèges de police ou que les droits de péages.

Les gens d'Angoulême se déclarent exempts, certain jour, des droits à payer sur les vins et autres boissons. Un trafic frauduleux en est la conséquence. Des bandes armées se livrent de nuit à la contrebande; les commis des fermes n'ont garde de les affronter « à cause du danger qu'ils auraient à courir. » Conlre ces abus révoltants, un arrêt intervient le 23 avril 1737: il condamne » la téméraire intervention des maire et échevins d'Angoulême, qui ont pris l'ait et cause pour les fraudeurs. » D'autre part, une ordonnance de l'intendant décide, le 20 janvier 174'2, confirmativement à un arrêt de 1731, que les habitants de l'élection « seront tenus de faire ouverture de leurs caves, celliers et autres bâtiments

1. Cf. lettre des receveurs des (ailles de Hourganeuf à Tourny. datée du 7 janvier 17:il .

"2. A. D., Gir., <'. 'Îl7f>, lettre des receveurs d'Angoulême à Tourny. du "24 janvier

'3. Cité par Lavisse, Histoire de fronce, t. \11. 1. p. SHiV

IIMIM.VMIIII-UNW I II

eux appartenant, > In première réquisition des commis dos fermiers chargés do découvrir les fraudi

De longue date, dés le \ll siècle, l'ordre des l'rinilain fondé pour rachelcr l«^ cli des Turcs <hi permit ;i

membres de quêter, el on leur c :éda par la suile d'autres

privilèjj temption de garde, séquestration, tutelle,

curatelle, colle» le el logement ries ^i-w- de guerre. I n nombre considérable de particuliers s'aftilia n l'ordre, pour (|uéler '■! . • • ■ — i pour profiler des exemptions I • - quêtes ne rapportaient

re : mais le i bre '!<•> quêteurs aug nl.nl sans

toujours pai l'appfll des privilèges allacbés ;'i la fonction l'rop

d'abus • laienl c nu-. Les intendants les dénoncèrent, le Conseil

intervint I n arrôl du 10 avril \~'.'.> réduisit de beaucoup les pri vilèges fiscaux concédés h l'Ordre Les élus du Limousin furent iin par une erreur de transmission, d'avoir connaissance de l'arrél. rourny, qui le connaissait, fui amené par le hasard ;'i faire une enquête Je me suis aperçu, écrivait-il le 24 septembre 1734, que i el arrêt, les Electeurs de ma Généralité avaient - privilèges >-l en faisaient jouir les préposés, surtout depuis quelque temps que l'augmentation des impositions el fa levée des milices rendant | • I * i — onéreuses les charges des col lecteurs lies, donnait à chacun plus d'empressement pour les yens de . is abus réitérés pouvant nuire au

ouvremcnl el porter préjudice au Trésor, Tournj demande au seil d'intervenir d'une façon définitive contre les quêteurs en slion Lui même prescril aux élus d'appliquer l'arrél de 17*25 •■I de regarder comme nuls lus prétendus privilègi

Dans le même temps, Philibert Orrj donnait l'exemple au marquis, son émule, dans la lutte contre les privilèges, en privant la noblesse du dernier grand fief qu'elle conservait en France, la \ icomté de rurenne.

1 I rendue par l'intendant, le 20 janviei i loute

rente.

2 lents utiles i consulte! gc trouvent dans la liase des

ml --il- publiés pai M \ Leroux, dans son recueil miitii \i \ i en outre

Li u-iii une instructive communication

sur le même su LXI du bulletin, 1911, p 507 l ri 1913, M Franck

n de la réilemption d« - i iptifs du n. I LVIII p 19 ■-!! i lenl définitif-».

Page 1