‹ L'intendant TournyChapitre 60 sur 198 · A. D. Corrèze, C222, mémoire de · texte numérisé non relu

A. D. Corrèze, C222, mémoire de

de la Corn ' I 'inenle coule dans une vallée fertile, parmi

des hauteurs parfois ramas 1 ■ 1 1 1 1 ■- ~ . parfois ;i en

|m:i idies '-ii hémicycles La variété

terrains donne du Ion au re S ix rocheux «pu m

tite bande hi digne la transition

enli liniformes et les pen leuses qui s'encais

^rnl de |>lu- en plus \>éi^ le fond de la \;ill<-'- Le niveau aquili conslanl du pied di I élermiué l'élablissemenl d'une

lominant les pentes liasiques '. De loul pays qu'on retient, c'esl un simple détail,

tour démesurément long [u'on retrouve el qui vous suit

partout, qui fail signe dans le ciel, comme un iluiyi 1 • ■ x <"- . C'esl la tour de César, la tour Reine, qui aurait donné son nom au pays Elle ligure par deux n les armes des vicomtes * et elle" pi

Bonnifle la \ icomlé.

ind on a gravi péniblement les marches usées de l'antique

signal, "ii retrouve toutes l>-» impressions de Charlotte de lu

Vlarck, épouse d'Henri I . qui se plaisail tant, nous dil-on, sur la

plate forme de la tour, à cause du paysage immense qui s'offrail

I ••■ nulle pari ailleurs, semble-t-il, les Vicomtes ne

pouvaient mieux dominer leur domaine4. Au nord, l'boriz ;sl

borné de t<>iil près par les ntagnes de Brive très sombres. Plus

étendu au sud, il s'arrêb au remparl uniforme des Causses \ le levant, il se prolonge au-dessus du couloir de la tourmente, qui s'épanouil en éventail dans une multiplicité <l>- lignes, jusqu'au

lointain vaporeux où l'on cherche les n tagnes du Cantal Aussi

loin que le regard porte dans cette direction, il ne quitte pas le pays de t"urenne \ défaut d'autre unité géographique, la \ icomté • il celle de l'horizon où elle semble s'encadrer. I. unité d'horizon, c'était la sauvegarde dans ce passé lointain où les villag et les roules appartenaient au château qui, de très loin om-

mandait. < > son unité d'horizon que la Vicomte,

- le Biil/i

te, hit torique et \ n particuliei le

t\ III l.i bul elin, 18 l - I | M Mourel esl un géologue,

• . 1910, p 1 17 \ • l uren ition • !•■ I église du lieu

i N- eui

I 1 1 l. INTENDANT tOUfi.Ni

ancienne vicaria Torinensis des Mérovingiens, ancien pagus Torinensis du iv siècle1, avail toujours conservé son intégrité territoriale, qu'elle avail même empiété, de proche en proche, sur le domaine royal • ■! qu'elle résistai! encore au xvnr siècle i> l'œuvre de l'unité française 2.

lui r> 15, le vicomte de Turenne épousail la fille du connétable Anne de Montmorency. A partir de 1550, il se signala par des usurpations inouïes H il obtint dos lettres patentes les ratifiant. Ses successeurs, pour ne pas déchoir, prétendirenl conserver l'exercice de lous les pouvoirs régaliens. Ils se firent forts de battre monnaie, d'octroyer le droil de commerce ef de consulat, de connaître de tous les crimes et délits commis sur les chemins publics, de louer péages, de convoquer et de l'aire tenir tous les ans les Étals de la vicomte, et encore d'ordonner des levées de deniers en forme de taille. Ils allèrent jusqu'à vouloir défier la royauté.

Le vicomte lit, un jour, armer ses châteaux contre Henri IV :1, el en plein xvnc siècle, les Vicomtins délibéraient encore «que s'il passait des troupes du Hoi dans la vicomte, sans roule, on sonnerail le tocsin et que toutes les paroisses s'assembleraient et courraient sus, el que si au contraire, les officiers avaient des roule-, on avertirait les officiers du vicomte de Turenne, qui viendraient leur faire entendre que les troupes du Hoi n'avaient point droit de venir en vicomte, et qu'en cas qu'elles voulussent exécuter la route qu'elles auraient de la Cour, on les traiterait comme si elles n'en avaient point J ».

Avec leur esprit d'indépendance, les Vicomtins se firent mal juger et il ne fallut pas moins que la gloire du grand Turenne

1. Voir la belle étude de M. René Fage intitulée Les Étais de la Yicomlé île Turenne, Paris, 1894, t. II, p. 13, sqq., de l'introduction.

2. En passant, une remarque de géographie humaine. Il ne nous parait <pas que l'on se soil beaucoup arrêté, jusqu'à présent, à l'élément « horizon ». On pourrait y trouver pourtant un important facteur géographique qui a exercé, sur le développement des villes et des états, une influence au moins égale à celle de l'exposition des lieux, ou de la nature des terrains. A l'époque ancienne, le morcellement en petites principautés semble répondre, dans bien des cas, bien moins aux articulations du relief, qu'à une sorte de découpage de l'horizon commandé par les acropoles.

3. Lavisse. Histoire île France, t. 1V-II. ch. II, § 5, p. 15.

4. A.N., U978, Abrégé de l'histoire de Turenne, eh. IX. — Cf. aussi P.. Fage, teS Elnts de lu vicomte, I I, p. 7. sqq.

I X III I \|l.\ l.l I V \ I. i.M I I Kl II l.l \\l 145

pour les réhabiliter. La reconnaissance du Roi pour le sauveur de ! Usa ci ne suffit pas d'ailleurs pour mellre la vicomte a l'abri il«"~

convoitises • t ■■ | voir central. Il (Ha il réservé h Orrj de réunit au

domaine la vicomte de rurenne, dans le temps même où Chauvelin etFleun donnaient la Lorraine a la Fran

//. — L'Acte de C

ositm.

La vit omté de I urenne était une proie bien tentante Ses dimen lirai modestes, 7 lieues mu ."> seulement . mais -.1 campagne, sans être partout 1res riche, était pourtant du bon pays comme on disait alors, avec des champs de blé, des vignobles el de nombreux troupeaux. <>n cultivait le chanvre du côté de Beaulieu. Si les i'Ii.ï aigniers qu'on j trouvait attestaient le voisinage du Limousin, la présence des truffes rattachait la vicomte an IJuercy, el les plantations de tabac Faisaient penser ;'i la plaine de la G ironne La vicomte avait des industries; on exploitait quel qiies gisements el des carrières; des fours a chaux travaillaient ' activement; les Vicomlins fabriquaient de la poudre ;i

canon el aussi de la poudre de chasse que l'on ] vail employer

sur place, près d'Argentat, dans des guérels très giboyeux '.

La vicomte n'avait que 7 petites villes, Beaulieu, Argenlat, Turenne, Servières, Sain < ère, Gagnac el Martel. Elles étaient petites '-n vérité, mais assez animées, el surtoul l'on j \i\;iil >i bien ' Le bon pays que rurenne pour ceux qui avaient goûté de I administration royale ' Les sujets du roi venaient, à l'occasion, \ chercher un refuge, el --n 1722 encore quelques communautés avaient demandé, comme une grâce, leur retour à la vicomte.

Pendant que les Français de France succombaient sous le I •• > î • I -. des impositions, les sujets du vicomte s'accommodaient fort bien de leur taille qui les dispensait d'autres impôts Heureux

comme ils étaient, ils éprouvaient cependant le bes lèse plaindre.

Ils exp >s dent leurs doléa - au < > de leurs assemblées d'Etats,

tout '-n volant la taille : non contents de se plaindre, ils ne surent

I \ |. , ,-i \ Muzai / 1 fabrication • '<• la poudi

1 m- le Bulletin de el arlt 'le , I ulle . 1910 p. 29 sqq.

I 16 L'iN HAhW I loi l(>1

pas rester unis. I.nir seigneur ne fui pas plus clairvoyant, lui 1703, il commit l'imprudence de demander l'intervention de l'armée royale, pour venir à bout « 1 « - quelques perturbateurs et le jour d'après, comme il élail criblé de dettes el que ses Étals refusaient de les acquitter, il eul la navrante faiblesse de se retourner encore ilu côté du roi.

Louis XV, ses ministres H ses intendants guettaient depuis longtemps la proie. « L'usurpation ne demande que le désordre », disait un Vicomtin '. Taudis que Louis XIV avait accepté de confirmer les privilèges des vicomtes par un acte de 16.">7, Louis XV avait refusé en 1722 de satisfaire à la demande de nouvelles lettres patentes présentée par le duc de Bouillon, titulaire de la vicomte2. Ce refus constituail déjà un grave symptôme. D'autres s'y ajoutèrent. Les ennemis de la vicomte avaient travaillé à un fallacieux mémoire dalé de 1711, qui tendait à « dissiper la vraie chimère de souveraineté » trop exploitée par les vicomtes 3. Ces derniers parvinrent encore à racheter leur domaine de la capitation, mais en négociant un compromis dangereux. Un peu plus tard, les Fermiers, intervenant en vicomte, à propos des plantations de tabac, réussissaient à s'en rendre maîtres, en échange d'une pension de 1*2.000 I. que le roi consentit au vicomte 4. Les Yicointins espéraient encore contre toute espérance ; ils raisonnaient de la façon suivante . « Lorsque le Roi se soumet un pays, il en fait une ferme particulière..., comme il tit l'année dernière de la Lorraine ; or Sa Majesté, n'ayant pas fait du vicomte une ferme particulière, il est évident qu'elle entend nous laisser continuer de jouir de nos libertés5... » Quelle illusion fâcheuse ! Les Yieomtins ignoraient sans doute encore le mot que l'on prêtait à Louis XV : « La vicomte, disait-il, si je n'en deviens pas maître de gré à gré,

1. Harangue d'un bon Vicomtin à toute la vicomte ,1e Turenne, public par R. Fage, Les Étais de la vicomte'. .. t. n. |>. 284.

2. Cf. R. Page, Les États de la vicomte..., t. n, p. 12, sqq.

3. Ce mémoire est conserve aux Archives nationales sous la cote l 978. Il comporte dix chapitres. 11 tend à l'aire croire que la vicomte n'a que de prétendus droits à l'indépendance.

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