‹ L'Interdépendance du Problème Papetier et du Problème Forestier: Régime particulier des papiers de presseChapitre 19 sur 190 · NOS COLONIES ET L'INDUSTRIE DU PAPIER · texte numérisé non relu

NOS COLONIES ET L'INDUSTRIE DU PAPIER

Le rôle de nos colonies par rapport à l’industrie papetière est de deux sôftes :

Un rôle de client : en elles, l’industrie métropolitaine du papier trouve un débouché intéressant. L'existence de ce marché d’outre-mer est une des caractéristiques de notre économie papetière.

Un rêle de réservoir de matière première : elles fournissent, en effet, des matières premières utilisables pour la fabrication du papier. Malheureusement, les résultats techniques excellents obtenus dans les laboratoires n’ont pas toujours eu pour conséquence le succès industriel.

D'une manière générale, nos colonies sont essentiellement africaines ou asiatiques. Or, ni l’Asie ni l’Afrique ne sont situées dans la zone de production papetière. Le bois colonial a un faible rendement en cellulose, et les forêts coloniales ne sont pas homogènes. D’où les difficultés d’exploitation aggravées par les difficultés de transport.

A cela, il importe d’ajouter encore les difficultés de traitements. Les végétaux de nos colonies se chargent, sous l’effet de la chaleur, de résines et de matières colorantes dont il est difficile de se débarrasser. Le traitement chimique est plus compliqué et il exige de l’eau pure et des matières premières (charbon, essences, produits chimiques) que les conditions d’approvisionnement rendent onéreuses pour l'exploitation.

Enfin, la main-d'œuvre qualifiée est difficile à recruter : la fabrication papetière suppose une tradition, partant des cadres qu’il est nécessaire de faire venir d'Europe ou d'Amérique.

Toutes ces raisons, que nous empruntons à une étude très précise de M. R. Bouvier sur le problème des bois coloniaux et de la papeterie (1), expliquent que le nombre des papeteries coloniales soit très faible.

D'une manière générale, par conséquent, nos colonies sont clientes, elles ne sont pas vendeuses.

Des industries locales ont bien existé autrefois au Maroc, existent encore aujourd’hui en Indochine et à Madagascar. Enfin, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc ont vu se développer de nos jours des fabriques utilisant, soit les

(1) René Bouvier, La Crise en Indochine.

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résidus de vieux papiers, les chiffons ou les matières premières importées, soit les végétaux indigènes, et au premier plan, bien entendu, l’alfa.

Cette industrie est d’ailleurs loin de suffire aux besoins de ces pays, qui se sont développés par suite des progrès de la colonisation. La colonisation, en effet, a apporté la Presse, a provoqué l’afflux des Européens, qui ont amené avec eux leurs habitudes. Ainsi, un courant d’exportations de papier s’est créé de la métropole à destination de nos colonies.

Le total des exportations françaises aux colonies représente environ la moitié du total de nos exportations. Ces échanges ont été facilités par le régime douanier, surtout pour les colonies lointaines.

Dans cette clientèle d’outre-mer, l'Algérie tient de très loin la première place. La franchise réciproque existe avec la métropole. Les produits étrangers y sont frappés, à l’entrée, des mêmes droits qu’en France. Cependant, la concurrence étrangère n’y est pas négligeable et la Norvège, l'Allemagne, la Suède et l'Italie pour le papier journal, la Suède pour le carton, la Belgique pour le papier d'emballage, l'Allemagne pour les diverses sortes ont obtenu des débouchés appréciables.

Au Maroc, où l'égalité économique a été stipulée par les conventions internationales, l’étranger importe des quantités qui dépassent au total celles en provenance de France.

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