QUELS BOIS EMPLOYER EN PAPETERIE
Les bois résineux sont :
1° Homogènes, car constitués à raison de 90 © environ par les trachéides, appelées couramment fibres, et de 10 %, par les rayons médullaires et les canaux résineux.
2° A fibres longues, car les trachéides, ou fibres, ont de 3 à 5 millimètres de longueur sur une largeur 100 fois moindre.
3° Tendres, car le ciment que constitue la « lamelle moyenne » interposée entre les trachéides est peu résistant.
Les bois feuillus sont :
1° Hétérogènes, car constitués, en proportion très variable, de : a) Vaisseaux ; b) Fibres ; c) Parenchyme et rayons médullaires.
2° A fibres courtes, car les fibres ont 1 millimètre en moyenne de longueur.
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3° Tendres ou durs, suivant la consistance de la lamelle moyenne qui réunit les cellules et les fibres.
Les essences employées sont donc, de préférence, des résineux ou des bois feuillus tendres, car les qualités essentielles du bois de papeterie sont, comme nous l'avons vu, la longueur de la fibre et la faible résistance de la lamelle moyenne.
Les résineux eux-mêmes ne sont utilisables que lorsque leur teneur en résine n’est pas considérable.
Les bois les plus intéressants sont :
En Europe : l’épicéa, le sapin.
En Amérique : l’épicéa de Sitka, les hemlocks, divers sapins (concolor, etc...).
Seules ces essences conviennent à la fabrication de tous les papiers. Elles donnent, en particulier, les papiers blancs d’écriture et d’impression. L’épicéa est d’ailleurs supérieur au sapin.
Les autres essences ont des emplois spéciaux.
Le tremble est utilisé en assez grande quantité.
Le bouleau et le châtaignier en moins grande quantité.
Quant aux pins (pin sylvestre, pin maritime), beaucoup plus riches en résine, ils conviennent plutôt pour la fabrication de papiers d'emballage.
Fabrication de la pâte mécanique.
Les résineux, peu chargés en résine, épicéa, sapin, conviennent parfaitement à cette fabrication.
Par contre, les résineux qui contiennent une proportion notable de résine, pin, ne peuvent pas être employés, car cette résine collerait aux meules et se retrouverait dans le papier.
Les bois feuillus « durs » ne peuvent pas non plus être utilisés, ils sont toujours très colorés et donneraient une pâte brune inutilisable pour le journal ou l’impression ; en outre, sans fournir pour cela un rendement supérieur à celui des bois tendres, ils provoqueraient une dépense de force quatre à cinq fois plus grande pour leur « défibrage » (râpage à la meule).
Enfin, si les bois feuillus « tendres » conviennent à la fabrication de la pâte mécanique, ils ont toutefois le grave inconvénient de donner une pâte molle en raison des vaisseaux et du parenchyme qui restent mélangés aux fibres; cette pâte ne peut servir qu’à certains usages et dans un proportion souvent faible. On ne peut pas l’employer à la fabrication du papier journal.
Fabrication de la pâte chimique.
On emploie deux sortes de lessives :
Le bisulfite, qui à l'avantage d’être bon marché et de ne pas colorer la pâte, mais qui ne dissout pas la résine. On peut traiter au bisulfite l'épicéa et le sapin, peu chargés en résine, mais pas les pins.
La soude, qui teinte la pâte en brun (Kraft), mais qui dissout les résines ; c’est par le procédé à la soude (ou le procédé dérivé dit «au sulfate ») que sont traités tous les pins et autres arbres résineux très chargés en résine. La soude, en outre, attaque plus vigoureusement que le bisulfite les fibres dures. On l’emploie pour le châtaignier, l’alfa et la paille.
Les lessives dissolvent les lignines et dissocient les éléments du bois en
attaquant les « lamelles moyennes ». Après leur action, il ne subsiste à peu près que des fibres délignifiées ; les vaisseaux, les parenchymes ont presque entièrement disparu et ce qu’il en reste est sans valeur pour la pâte ; il en résulte pour les feuillus une diminution de rendement ; cette perte s’accentue du fait que, dans les lavages ultérieurs, les fibres les plus courtes passent facilement au travers des tamis.
Les feuillus, en définitive, donnent une pâte chère à cause de ces déchets et qui, de plus, ne peut servir que comme appoint, car la fibre est trop courte pour donner un papier solide. On fait toutefois un peu de pâte chimique de tremble et de bouleau, et aussi de la pâte de châtaignier, mais seulement après extraction du tannin, car alors les tissus sont étuvés et bien préparés à l’action de la lessive.
Au contraire, l’épicéa et le sapin traités au bisulfite fournissent un excellent rendement en pâte à fibres longues, propre à tous les usages. Cette pâte est, en outre, déjà assez blanche et peut être blanchie facilement.
Les pins traités à la soude ont un excellent rendement en pâte à fibres longues; cette pâte, très teintée par la lessive, s'emploie généralement telle quelle (Kraft) ; un nouveau procédé, mis au point en Amérique et, en France, dans les Landes, permet de blanchir cette pâte.
En résumé :
On peut dire que les essences types pour la papeterie sont :
Pâte mécanique : épicéa, sapin, tremble, bouleau.
Pâte chimique au bisulfite : épicéa, sapin.
Pâte chimique à la soude : pin maritime, pin sylvestre, châtaignier.
Ces trois sortes de pâtes ayant des propriétés différentes, nécessitent l’emploi de bois différents. Seuls, l’épicéa et le sapin pourraient servir aux trois fabrications ; par mesure d’économie, on les réserve aux deux premières. À l'opposé, les pâtes mécaniques de bouleau et de tremble ne peuvent être employées qu’en quantités limitées et pour des papiers spéciaux, car elles sont très molles ; elles n’entrent pas, notamment, dans la fabrication du papier journal, et cela réduit singulièrement leur utilisation.
EPICÉA ET SAPIN
Ces deux essences conviennent particulièrement pour la production des pâtes chimiques par le procédé dit « au bisulfite ». Elles donnent une gamme de pâtes écrues, faciles à blanchir et blanchies, d’où l’on tire toutes les sortes de papier, aussi bien d'emballage que d'écriture et d'impression.
L’épicéa fournit également des pâtes spéciales destinées à la fabrication de la soie artificiee.
Enfin, avec l’épicéa et le sapin, et dans une moindre mesure, le tremble, on fabrique la plus grande partie des pâtes mécaniques : celles-ci entrent pour les trois quarts dans la composition du papier journal et des papiers ordinaires.
Ces deux essences sont donc l'objet d'une consommation fort importante, et pour laquelle il est fait appel très largement à l'étranger.
RÉ © WpRur CONSOMMATION (en stères)
Importat. de pâtes Fabrication franç. Totaux Mécaniques ...... 300.000 st. 653.000 st. 953.000 st. Bisulfite ........ 1.160.000 st. 312.000 st. 1.472.000 st.