st. ‘965.000 st. 2.425.000 st
Dans l’état actuel de cette consommation, nos forêts françaises pourraient, sans doute, fournir tout ce dont nous avons besoin, mais il faudrait, pour cela, bouleverser complètement l’aménagement actuel de nos massifs boisés, dont la destination principale est de produire du bois d'œuvre.
Ce changement de régime demanderait d’ailleurs, pour être réalisé, de fort longues années ; il aurait, en outre, pour conséquence, l’appauvrissement du capital forestier et risquerait de compromettre l’avenir même de la forêt.
On ne peut donc, dans le cadre actuel de notre sylviculture, envisager de tirer de ces essences la totalité des pâtes au bisulfite qui nous sont nécessaires.
Mais si la production française actuelle effective ne dépasse pas 100.000 stères, il serait possible de la développer par une meilleure utilisation de nos possibilités et en raison de la mévente des bois d'œuvre.
Les chiffres indiqués par les forestiers eux-mêmes indiquent, suivant les évaluations :
Chiffres de l'Union des Pâtes : 400 à 500.000 stères (utilisation des bois d’éclaircie (bois moyen), rajeunissement des forêts, accroissement du rendement (éviter la pourriture rouge), amélioration des conditions de transport).
Chiffres du Comité des Forêts : 200 à 250.000 stères.
Mais il faut tenir compte, toutefois, des difficultés d’approvisionnement de certaines usines (Bellegarde-Lancey), et noter que, pour 1935 et 1936, les achats effectués représentent tout ce qu’on a pu trouver.
C'est donc piutôt par le reboisement avec ces essences qu'on peut espérer pouvoir alimenter nos besoins en sapin et surtout en épicéa.
Ce n’est pas seulement la quantité des bois disponibles, c’est aussi la différence de qualité de la fibre qui explique la préférence dont jouissent les sapins et les épicéas d'importation.
Nous ne reviendrons pas sur les qualités demandées aux sapins et aux épicéas nécessaires à la fabrication des pâtes à papier. Nous noterons simplement que :
En Scandinavie et en U.RSS. : en raison du climat, la croissance des atbres se fait lentement, la forêt possède de meilleures possibilités de régénération.
On trouve donc facilement des arbres droits, d’accroissement régulier, et des bois bien blancs. L'exploitation se trouve facilitée par la possibilité de raser à blanc les coupes papetières. Enfin, les arbres sont livrés écorcés, ce qui constitue une économie pour le transport.
En France : Par contre, c’est l'altitude qui doit remplacer la latitude, l’exposition qui doit remplacer le climat.
La sauvegarde des massifs en vue de leur régénération conduit à n’utiliser que des bois d’éclaircie — d’où arbres tordus, colorés (Jura : résineux et rouges).
D'une manière générale, on compte trop de sapins trop résineux. Enfin,