LA FORET FRANÇAISE ET LES BOIS DE PAPETERIE
On peut, de tout ce qui précède, déduire les deux faits suivants :
1° L'importation de bois étranger est déterminée par l'insuffisance de la production française, et non par l'attrait du prix. Au contraire, le bois étranger rendu dans les régions forestières est nettement plus cher que le bois français.
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2° Le bas prix des pâtes étrangères empêche les prix du bois de se relever. Il constitue un plafond au-dessus duquel la fabrication en France devient impossible.
La production de pâte mécanique devient d’ailleurs de jour en jour plus difficile dans le Sud-Est. En effet, la pâte mécanique vaut, dans les ports, 330 fr. la tonne dédouanée. Et, pour la produire dans le Sud-Est, il faut, rien que comme achat de bois :
3 stères à 80 francs de bois français — 240 fr. ou 3 stères à 95 fr. de bois du Nord — 285 fr. La marge restant pour les frais de fabrication est trop faible pour inciter au maintien de la production.
Comment remédier à un pareil état de choses ?
Un certain nombre de mesures ont été préconisées par les intéressés : propriétaires forestiers ou fabricants de pâtes. Nous les citons sans commentaires. :
1° Abaissement du tarif de transport des bois de papeterie jusqu’à 300:kilomètres (distance habituelle des envois de bois de tremble de Côte-d'Or à Isère).
2° Tarif unique pour les feuillus et pour les résineux.
3° Relèvement de la protection douanière des pâtes à papier mécanique et chimique. Contingentement des bois étrangers destinés à la fabrication des pâtes.
4 Augmentation de la production française par des traitements forestiers appropriés et par le reboisement en épicéa.
Nous aurons l’occasion de parler, dans le chapitre suivant, du relèvement de la protection douanière demandé pour les pâtes, et du contingentement des bois de pâtes.
Nous nous étendrons seulement, pour l'instant, sur l’abaissement du tarif de transport des bois de papeterie et sur la nécessité de reboiser en bois de papeterie.