LA FABRICATION DU PAPIER
Le papier est un produit obtenu en partant de matières fibreuses d’origine végétale (cellulose) et de quelques ingrédients chimiques convenablement préparés et délayés dans une masse liquide. Pendant l’élimination graduelle de l’eau qui les tient en suspension, les fibres s’enchevêtrent, se colmatent, pour donner naissance à une feuille homogène, de dimensions et d'épaisseur variables, propre à recevoir l'écriture ou l'impression :
La matière première fondamentale de la papeterie est donc la fibre de cellulose.
Jusqu’au milieu du XIX* siècle, le chiffon resta à la base de cette industrie. Elle utilisait des chiffons (coton, lin, chanvre) qui, après pourrissage, lavage, trituration, étaient tirés en feuilles à la main. Aujourd’hui le chiffon est réservé au papier de luxe. |
Devant la consommation toujours croissante du papier, on rechercha alors activement d’autres sources de fibres cellulosiques.
Ce fut dans la deuxième moitié du XIX: siècle que la cellulose du bois devint la matière première la plus usuelle du papier.
En 1843, un tisserand allemand nommé Keller réussit en râpant du bois sur une meule à en dégager les fibres. Mais ce n’est qu’à partir de 1860 que se développa l'industrie de la pâte mécanique utilisant le bois par défibrage mécanique. à el FF
Elle fut suivie de près par l'industrie des pâtes chimiques. Expérimenté depuis 1870, le traitement chimique d’isolement de la cellulose par la soude et par le bisulfite de chaux, plus tard par le sulfate, se répandit, à partir de 1880, en Amérique et dans les pays scandinaves d’abord, en Alle-
Sn a
magne et en Autriche ensuite, et enfin en France. Cependant, le traitement des bois par la soude pour la production du papier Kraft ne fit son apparition en France qu’en 1922, date à laquelle fut créée la première usine landaise utilisant le pin maritime.
Depuis 1860, le bois est donc devenu la matière première prin-
cipale servant à la fabrication du papier.
Comme l’a très justement fait remarquer M. Charles Ettori dans son intéressante étude sur les « Industries du Papier » (1) :
« L'adoption de la pâte de bois comme matière première essentielle du papier a déterminé la structure économique de l’industrie papetière.
« Par elle se sont constituées deux branches de cette industrie, celle de la pâte mécanique et celle de la pâte chimique qui se sont ajoutées à l'industrie du papier et à celle du carton.
« Par elle, la connexité de l’industrie papetière et de la forêt, qui existait déjà est devenue plus étroite. Le problème du papier s’est associé au problème du bois. L’épicéa, le tremble, le bouleau, le peuplier ont donné une prospérité à leurs détenteurs. L’espérance de ressources latentes dans d’autres essences, l’appréhension d’un épuisement des bois exploités, la volonté chez les peuples pauvres en bois d’échapper à une sujétion vis-à-vis de l'étranger ont provoqué des recherches et souvent suscité des illusions économiques ».
Accessoirement, en dehors du chiffon, la papeterie utilise aussi l’alfa, la paille et des fibres coloniales diverses (bambou, raphia, papyrus, etc. .), mais le bois reste la matière première par excellence.
L'ère de la pâte de bois est devenue l’ère de la consommation massive du papier.
Par le bois, les tonnages de papier ont atteint des proportions considérables.