tonnes pâtes mécaniques
En plein rendement, les fabriques françaises devaient pouvoir produire : 150.000 à 160.000 tonnes de pâtes chimiques. 200.000 à 220.000 tonnes de pâtes mécaniques.
Or, que s'est-il passé ?
Au moment même où les nouvelles unités venaient de se mettre en marche, la crise mondiale s’est abattue sur l’ensemble des productions et a atteint de façon particulièrement grave l’industrie des pâtes à papier.
Nombreuses sont les usines de pâte chimique qui, de ce fait, n’ont jamais marché à plein ou qui n’ont pu faire qu’un démarrage de mise au point.
Les usines de pâte mécanique se sont mieux défendues. Elles bénéficient du fait :
1° Que, dans les plus importantes, la fabrication des pâtes sur place est nécessaire à la bonne marche des machines à papier modernes à grande vitesse;
2° Que, pour des raisons de qualité, les autres n’ont pas voulu renoncer à leurs fabrications de pâte mécanique, bien qu’elles aient pu et puissent se procurer les pâtes étrangères à des prix inférieurs à leurs prix de production.
La production forestière française ne suffit pas, dans son état actuel, — nous l’avons vu au chapitre précédent — à alimenter l’industrie des pâtes. La France est pauvre en épicéa, essence particulièrement propre à la fabrication du papier.
Déjà, en 1913, l'importation de bois de râperie atteignait 200.000 tonnes, en 1934, elle s’est élevée à 332.000 tonnes, après avoir suivi la marche ascendante que nous résumons ci-dessous : :
Notons que ce chiffre de 332.000 tonnes représente 63 % de la totalité des bois traités dans les usines de pâtes françaises.
Les importations de pâtes.
Les importations de pâtes étrangères ont été, en moyenne, de 300.000 tonnes pour les pâtes chimiques et de 120.000 tonnes pour les pâtes mécaniques, pour les années 1929-1932. Les premières ont été à peu près stables durant cette période, malgré une assez notable diminution de la consommation du papier en France. :
A cela il faut ajouter le groupe des pâtes Kraft dont l'importation
SUR Le
est passée de 35.000 tonnes en 1931 à 60.000 tonnes en 1932, témoignant, pour cette sorte, d’un envahissement certain de notre marché, plus encore que du développement de son emploi.
Les statistiques séparées concernant les pâtes blanchies sont encore bien récentes; on en peut déduire, toutefois, qu’elles constituent le quart environ de nos importations de pâtes chimiques, et que le développement en France de cette industrie est normalement requis par l’extension de nos besoins.
Actuellement, toutes les usines françaises de papier, sauf le groupe du Sud-Ouest, utilisent des pâtes étrangères en quantité considérable.
Rappelons qu’en 1934, les tonnages importés ont été les suivants (1) :
Pâte mécanique (Epicéa-Tremble) ............ 139.000 t. Pâte.au-bisulfite/écrue.(Epicéa) +"... 206.000 t. Pâte blanchie (Epicéa-Tremble) .............. 110.000 t. PAR RAC PR) TN eee ie 59.000 t.
représentant 67 % de la consommation totale en pâtes. LES PRIX Le tableau ci-dessous donne les prix des pâtes de chaque catégorie.
LES COURS DES PATES A PAPIER Pâtes mécaniques (à la tonne)
Pate Sapin-mécanique sèche CR: S7 2" 5. à 83 Pâte sapin mécanique humide à 50 % ................ 35 Pâtes chimiques
Pâte au bisulfite blanchie spr. CF. S:......:......... 205 à 215
Pâte au bisulfite blanchie ord. . :%:.:,..,.:.....:.4: 195 à 200
Pâte au bisulfite écrue facile à blanchir ............ 160 à 165
Pâte au bisulfite écrue dure, 1'° qual. ................ 135 à 140
Pâte au bisulfite écrue dure, ordinaire .............. 130 à 135
Pâte à la soude écrue Kraft prima ................ 136 à 140 à
Pâte à la soude éerue Kraft ordin. ....:....:........ 130 à 135 Les cours des pâtes ont subi, depuis 1929, une baisse importante qui ressort du tableau suivant :
PRIX MOYEN DES PATES A PAPIER (2) 1913 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935 6 mois
Pâtes mécaniques humides 6 » 44 » 42 » 35 » 21 » 21 »19 »15 »17 »
Pâtes au bisulfite écrues
sèches .... 20 »143 » 137 >» 110 » 70 » 69 » 64 » 54 » 57 » Pâtes kraft sè-
Cheg ce 0013450108 >» 1785 265 :»DB8 :»:56 > 01. » 58 -» Pâtes blanchies
sèches .... 33 »210 » 187 »158 >» 105 » 101 >» 91 » 78 » 84 »
(1) Voir Chapitre I, page 31.
(2) Les moyennes des années 1929 à 1936 ont été calculées sur les prix figurant sur le graphique joint.
Ce graphique a été établi d’après les prix fournis par le Moniteur de la Papeterie et applicables au calcul de la taxe à l'importation en France.
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LA PROTECTION DOUANIERE
Nous consacrerons un prochain chapitre à l’évolution du régime douanier des pâtes et à la nouvelle tarification réclamée par les forestiers et les fabricants de pâtes (1).
Nous étudierons ensuite, en analysant le régime nouveau institué par la Convention de. 1936, la protection douanière accordée aux pâtes par ces conventions.
Nous nous contenterons de donner ici le tableau général de la protection des pâtes, antérieurement au 22 avril 1936.