‹ L'interieur de l'etude, ou Le procureur et l'avoue, comedievaudeville, en un acteChapitre 9 sur 21 · PIED LÉGER · texte numérisé non relu

PIED LÉGER

Sans doute.... mais apportez-moi ma part , j’ai là de , l’ouvrage qui doit être (ini ce matin...

JOLIVET , pendant que tous les autres mangeai , regardant Piedléger.

En voilà donc un de la vieille roche !... c’est dans ce coinlà que te sont réfugiés les principes... ( Ils sont groupés différemment, tes uns à la table, les autres debout , mangeant sur le poêle. ) C’est qu’ils ne mangent pas... il dévorent., et du vin! du vin dans une étude !.. et autant que j’en puis juger... ça m’a l’air d’un excellent ordinaire.

VICTOR, la bouche pleine.

Ditft donc... monsieur Jolivel... si vous n’aviez pas dé" jeûné...

AUGUSTE. I

Si vous vouliez... être des nôtres... sans façon...

JOLIVET, à part.

Parbleu... je veux voir par moi-même jusqu’à quel point..: (^Haut.) J’ai bien là-haut mon café... mais, pour avoir !• plaisir de déjeûner ^vec de la jeunesse.

( Victor et Jolivet les aident à débarrasser la table; en étant les papiers et les plumes , et ne sachant où en poser une, il la place par habitude sur son oreille. •)

VICTOR

A merveille... place à notre doyen... Tenez , monsieur Jolivet... à votre santé.

i6 L’INTERIEUR DE L’ETÜDE,

TOUS

A Yotre santé... à votre santé...

AUGUSTE

Quel s per tac! e ! la nouvçlle et l'ancienne bazoche qui trin-‘ quent ensemble...

» Air t/e la Senfinelle.

Salut J Messieurs , Salut à uotrç ancien , ‘ ,

Qu’on V it jadis l’Iionneur de la bazoche !

De son élude , intrépide soutien ,

Il fut sans peur et presque sansreprocbe ;

Arec ses clercs , que sa roix ralliait ,

Du Béarnais imitant la coutume ,

Lui-méme au cpmbat les guidait,

Et chaque plaideur pâlissait

Aussitôt qu’il voyait sa plume. '

^OLÎVET s'incline et boit à leur santé; puis , après avoir bu , fait une grimace d'indignation.

Quel scandale !... c’est du bourgogne... du bourgogne le plus pure... (Xe ^oii/nn/ encore.) quel dommage , un vin qui aurait supporté l’eau !... (^regardant le oerre. ) J’aurais mis làdedans les deux tiers... et ça aurait encore eu du cor|)s.... et de la couleur... O abondance \ àc. l’âge d’or , où es-tu i*

VICTOR, rangeant la table.

C’est que j’aurais encore bu une fois... et qu'il n'y a plus de vin.... Kose, Rosel

AUGUSTE

Ce a’est pas la peine , elle a laissé 1.1 clef â l’armoire.

VICTOR , ouvrant r armoire.

Oh! messieurs... messieurs... une découverte.

TOUS, se levant.

Qu’est-ce que c’est?...

VICTOR

Un panier de vin de fronlignan...

JOLI VET , se cachant la tête dans les mains. Pauvre fronlignan!... c’est fait de lui...

AUGU.STE.

Je sais ce que c’est... On l’a monté parce. que notre patron donne aujourd’hui à dîner...

VICTOR

Oh bien ! alors... pas de bêtises... je remets le panier.

JOLIVET

C O M,E D'I E., ; .1 {ij joLiIvet, stupéfait.

Comment... il en réchappe... ,

AUGU.STE.

Sans doute... il n’y a pas de farces., .,p'''sque î’avoué .est bon enfant.

JOLlVKT. . .. f

Ah bien , de mon temps... il y aurait joliment passé...

VICTOR , se. metiant à écrire.

Allons, allons... maintenant ç.i va aller vite... (//s sonlious h leurs bureaux ^ et travaillent aeec ardeur.)

Les voilà tous â'l’ouvrage... ce n'est pas sans peine.

I — ... 1— Om

LES PRÈCEDENS, , habillé et sortant de son

cabinet.

derville.

M. Dubelair, voilà un acte qu’il faut potter è i'enregis.^ trement...

DUBELAIR.

Oui , monsieuT... ( Il le donne à un des clercs , èt dit à un autre) Et vous , allez à la justice de paix. ( Les deux clercs sortent. )

DERVILLE

Y a-t-il des lettres? i

VICTOR, les prenant sur le poêle et les lui donnant.

Voilà, monsieur.

DERVILLE, en ouvrant une.

Air; Ces postillons sont d'une maladresse.

C’est pour diner chez un de mes confrères.

( Ouvrant une autre. )

Ça, c’est un bal chez l’avocat du Roi !

. Qne de plaisirs noos donnent les .affaires!

On n’a vraiment pas un instant è toi.

i8 L’INTERIEUR DE L’ETUDE,

r/ett chaque Jour un dioer qui s’apprête.

Honiinrs H’aflair'rs! hommes d'êtatî

Ont à préseut luoiiit hrsoin de leur tête Que de leur estomac.

El celle-ci... Ah mon dieu! c’est de ce pauvre Derniont... un peintre dont on va saisir les meubles... j’y cours sur le champ... {Allant pour jeter la dernière lettre qui lui reste dans la main.') Que vois-je? c’est d 'Elise i* {S'auançant sui te deuant du théâtre et regardant si Jolhet ne V examine pus. ) Lisant.) « Mon ami , M. Franval, mon oncle et mon »u- » leur, ce riche et brave négociant dont vous avez peul- » être entendu parler, vient d’arriver aujourd’hui même à • Paris. Enhardie par ses boutés, je lui ai tout confié ; nn- » tre amour et nos espérances. J’ai vu que quelle que fut la » fortune, il aurait facilement consenti à mon mariage avec » toute autre personne qu avec un avoué.... Mais il a une si » grande pi%vention contre les gens d’affaires., qü’i! ne veut » seulement pas en c;ptendre parler... Cependant, ému par w mes prières, il m’a promis qu’il chercherait à s’assurer par » quelque épreuve , et que.... » Quel est ce domestique f

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