Mémoire de la Fédération junissicniic, p
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dcsiiru'o à rrsunur la pciisôe cotiimiiiu; ; clic clail ainsi conclue : « Le mcotiiig (le Lausaimc dcclarc (pic la crcation <1(; caisses de rét^istancc dans clwKiuc cor]»s de n)(''licrct la (rdrialion de ces caisses csl le seul inoyeii de I)ré|)ai(r la révolulion sociale ». Cette résolution lut votée à luiianiiiiHé : aucun des hommes de la coterie genevoise n'osa lever la main à l'encontrc, ni inémc s'abstenir ; mais nous avions senti cond>i(;n il y avait en eux de mauvais vouloir et de colère sourde; même, à l'égard de Perron et de Brosse!, leur animosité avait éclaté à ])lusieurs rcf)rises d'une façon violente'.
Perron j)ro(ila de l'occcision oirerle i)ar hi réunion de Lausanne pour « réveiller les clialeureuses sympalliics de l'audiloire en laveur d'un socialiste russe, Nctcha'icf, dont lé {gouvernement russe a réclamé i'extradilion au Conseil l'cdéral ; on a ])u lire dans divers journaux le récit détaillé de celte infamie à laquelle les autorités suisses paraissent disposées à prêter les mains'- ». An retour de sa visite chez Bakouuine à Loearno, Netcha'ief était venu me trouver à Neuchâlel; il m'avait cxpli(jué que la police russe, l'accusant d'un crime de droit commun (le meurtre de l'étudiant Ivanof), le recherchait comme assassin et faussaire et faisait des démarches pour oblcuir du gouvernement suisse son extradition. 11 me communiqua un numéro du journal clandestin imprimé à Saint-Pétersbourg-, disait-il, par la société secrète Narodiiaïa liasprava (la Justice du Peuple), dans lequel il élait raconté que Netcha'ief avait été étranglé par les gendarmes sur l'ordre du comte Mesentsof, chef de la « troisième section », dans un village situé sur la grande route de Sibérie, et il me demanda de publier une traduction de ce récit ; c'était une feinte destinée à dépister la police helvétique. Je n'hésitai pas à faire ce que désirait Netcha'ief, et le Progrès publia dans son numéro du 5 février, sous le titre d'Evénements de Russie, un long article que je lui envoyai. Quinze jours plus tard (numéro du 19 février), le Proi>rès insérait un article de Bakounine, non signé, intitulé La police suisse, rapjiclant les ex])loils des policiers vaudois, tessinois et genevois à l'égard de M""' ObolensUy, de Mazzini, de Bulewski, et î)rotestant contre les mensonges de c l'ours de Saint-Pétersbourg » qui travestit les réfugiés politiques en criminels de droit conimun ; et une lettre signée du nom'de Netcluuef, mais probablement rédigée j)ar Bakounine, qui parut également dans la Marseillaise de Paris, dans V Internationale de Bruxelles et dans le Volhsstaat de Leipzig. Enfin, dans le numéro du 5 mars, sous le titre d'Affaire Netchaïef, je publiai de nouveaux détails, entre autres un extrait (non signé) d'une lettre que Bakounine m'avait écrite de Loearno le 1" mars, annonçant qu'un commissaire était arrivé dans cette ville avec ordre de chercher chez lui Netcha'ief pour rarrèler. A ce moment, Netchaïef se trouvait en sûreté : nous lui avions procuré un refuge au Locle, chez des braves gens qui, sans être des nôtres, rendirent volontiers ce service à un proscrit Ce même numéro du Progrès contient la reproduction — continuée dans les deux numéros suivants — d'une lettre écrite par Bakounine à la Marseillaise à l'occasion de la mort toute récente d'Alexandre Herzen.
Je place ici un article du Progrès (n° 9, 26 février) sur la fête du 1" iiiars, dans lequel, mesurant le chemin parcouru en une année, je rappelais les paroles par lesquelles nous avions, le i^' mars précédent, engagé les ouvriers neuchâlelois à rompre avec la République bourgeoise, et constatais les résultats obtenus par notre propagande. Le voici:
La fête du 1"^^ Mars.
Ouvriers !
Il y a un an, nous vous invitions dans ce journal à ne pas célébrer la fête du i^'" mars.
1. « 11 y eut des discussions assez violentes, et VEgalité travestit de la manière la plus perfide, dHns son comptc-iondu, 1rs discou-s des collectivistes. » {Mémoire, p. 1()2.)