V. — Coopération
« Le Congrès romand,
Considérant que la coopération de production ne peut pas se généraliser dans la société actuelle, parce que si, d'un côté, quelques travailleurs peuvent, par leurs propres épargnes ou avec le secours des autres travailleurs, être mis en possession de leurs instruments de travail, il est impossible, d'un autre côté, de procurer les instruments de travail à la totalité des ti*availleurs, à moins d'exproprier les détenteurs des capitaux ;
Que cette impossibilité est surtout évidente lorsqu'il s'agit des grands instruments de travail, l'usine, la mine, la terre ; et qu'ainsi les corps de métier les plus souffrants sont précisément ceux qui peuvent le moins actuellement se constituer en coopération ;
Qu'ainsi, tandis que la plus grande partie des travailleurs resteraient misérables, une minorité, enrichie par la coopération, irait augmenter les rangs de la boui^geoisie ;
Considérant en outre que la coopération de consommation, lorsqu'elle est fondée sur des bases réellement socialistes, sans aucun avantage réservé au capital, peut avoir une utilité relative pour soulager la misère de quelques travailleurs, pour les grouper et les organiser ;
Mais que néanmoins la coopération de consommation, si elle se généralisait dans l'état actuel de la société, de manière à procurer à la totalité des travailleurs la vie à meilleur marché, aurait pour résultat un abaissement général des salaires, le salaire n'étant que