‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 147 sur 314 · Nettlau, p · texte numérisé non relu

Nettlau, p

2 On le dit tout de tiK^ine à Genève, et l'Egalité (du 16 avril 1870) iaiprim;i que la Solidarité était « le Progrès transformé ».

3. Extrait du proci'S-verbal de la séance du 6 avril du Congrès romand collectiviste {Solidarité du 30 avril 1870. p. 2) :

(( Le Congrès s'occupe ensuite du journal. Il décide que l'organe de la Fédération romande sera publié pour cette année à Neuchàtel.

(1 GiiilUtuiiie. de NeuchiUel, est élu lédacteur au scrutin secret. Il accepte en déclarant que, en présence des calomnies que les délégués scissionnaircs se sont empressés de répandre, il croit devoir refuser l'indemnité prévue par le règlement du journal.

(( Scliiritzgiiébel et ([uelques antres délégués insistent, en disant que le travail de la plume mérite un salaire Cdinme tout autre travail.

« (ritiUaiiine maintient son refus.

« Une discussion s'engage sur le titre <v donner au journal.

« Quelques délègues proposent de s'en tenir au titre d'Eg^tlilé. Mais d'autres font remarquer (jue probablement les Sections de Genève continueront la publication de YEgulitr, et que. pour éviter des cbicanes qui feraient du tort à la cause du socialisme, il vaut Miieu.x renoncer au titre û'iigalilé, tout en constatant que nous aurions le droit de le revendiciuer comme les véritables représentants de la Fédération romande.

« D'autres délégués proposent, pour inaniuer la dilférence qu'il y a entre la uiinorilé et nous, d'intituler W journal VEgalite colli'ctuustc.

« Guillaume dit (]ue ce titre serait trop long, et (jue d'ailleurs il contient une redite inutile, car il est clair (jue la véritable igalité a pour base \y' ctilleclivisme, qu'en dehors du collectivisme il n'y a pas d'égalile.

n .loukovAlii/, de Genève, propose la Solxtarité.

« .\pi es une courte discnssion. Ii' titre de So//(/«/ri<e est accepté à l'unanimiti'. "

cesserait de paraître, et que ses abonnés seraient servis par la Solidarité jusqu'à la fin de leur abonncmcnl.

J'avais prévu que les fonelions de rédaeteur de l'organe fédéral m'imposeraient des devoirs pénibles : mais je dois avouer que je ne m'étais pas attendu à me voir en butte aux lâches insinuations, aux injures éco-urantes dont je fus immédiatement ass^ailli dans les colonnes de VEf^alité par la plume d'Outine. Quand je reçus, le dimanche de PAqucs, au matin, V Egalité du samedi 16 avril, je restai d'abord consterné de tant de méchanceté et de mauvaise loi : être vilipendé par le journal même que nous avions fondé quinze mois auparavant, dans la concorde fraternelle et la juvénile confiance en l'avenir ; voir notre chère Egalité, où Bakounine, De Paepe, Eccarius, Varlin, Perron, avaient tenu la plun)e aux applaudissements de tout le prolétariat international, devenue lofficine où un misérable insulteur distillait sa bave, était-ce possible? Sous le coup de cette impression douloureuse, j'écrivis, pour la publier dans la Solidarité, une lettre où j'exprimais en termes trop émus tout mon chagrin. Mais après un moment d'abattement, je repris courage, je déchirai ma lettre, et j'en rédigeai une autre, beaucoup plus calme, dans laquelle, après avoir relevé sans amertume ni émotion les vilaines paroles du journal genevois, je disais simplement : a Je remets le soin de ma défense à ceux qui connaissent ma vie privée comme ma vie publique, que ce soient des amis ou des adversaires ; et je place en particulier mon honneur sous la sauvegarde de notre digne et respecté père Meuron » {Solidarité du 23 avril 1870).

Maintenant que le lecteur sait comment se produisit la scission de la Fédération romande et connaît les faits tels qu'ils se sont passés, il faut qu'il lise la façon dont Marx a eu l'audace de présenter les choses. Voici le récit, écrit par lui, qui se trouve dans le pamphlet L'Alliance de la démocratie socialiste et V Association internationale des travailleurs (Londres et Hambourg, i8j3, p. 19) :

A l'ouverture du Congrès, deux délégués de la Section de l'Alliance ^ demandèrent leur admission. Les délégués genevois proposèrent le renvoi de cette question à la fin du Congrès et la discussion immédiate du programme comme plus importante. Ils déclarèrent que leur mandat impératif leur ordonnait de se retirer plutôt que d'admettre cette Section dans leur groui)e, vu les intrigues et les tendances dominatrices des hommes de l'Alliance, et que voter l'admission de l'Alliance, c'était voter la scission dans la Fédération romande. Mais l'Alliance ne voulut pas laisser échapper cette occasion. Le voisinage de ses petites Sections du Jura ^ lui avait permis de se procurer une faible majorité fictive. Genève et les grands centres de rinternationale n'étant que très faiblement représentés \ Sur l'instance (sic) de Guillaume et de Schwitzguébel, elle fut admise par une majorité contestée d'une ou deux voix ". Les délégués de Genève

1. Il n'y avait qu'un seul délégué de la Section de l'Alliance, Joiikovskj'.

2. Marx parle des Sections du Jura comme si c'étaient des Sections de l'Alliance ! Que dire d'une semblable mauvaise foi ? Il qualilie les Sections du Jura de «petites»: or, chacune des Sections centrales du Locle, de NeuchîUel. du district de Courtelnry, de Bienne, de Moulier, comptait autant de membres qu'en pouvait compter, en moyenne, l'une ou l'autre des Sections de Genève ; et il en était de même des Sections de corps de métiers, graveurs, guillocheurs. monteurs de boîtes, menuisiers.

3. Marx veut faire croire qu'il se trouvait, en dehors du Jura naturellement, plusieurs (( grands centres n insulïisammenl représentés au Comîrès. Ces « grands centres » sont tout bonnement de son invention : sauf Genève, il n'existait dans la Suisse française aucune localité qu'on pût qualifier de « grand centre de l'Internationale ».

4. Le vote donna pour résultat 21 oui contre 18 non, et cette majorité ne fut

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