TROISIEME PARTIE. CHAPITRE PREMIER 2D
nationaux » ; la rédaction « remercie les signataires de leurs paroles de sympathie, et espère avec eux que l'union renaîtra bientôt dans la Fédération romande ». — A la Chaux de-Fonds, malgré les intrigues des coullerystes, a plusieurs Sections nouvelles sont en voie de formation », et « la fédération ouvrière continue son travail d'organisation ».
La progagande a reçu une impulsion nouvelle : « On nous annonce la formation à Bienne et dans les environs d'une forte Section d'ouvriers pierristes et sertisseurs, qui a demandé au nouveau Comité fédéral son entrée dans la Fédération romande. » — « Nous espérons pouvoir donner prochainement de bonnes nouvelles de la vallée de la Brévine, des Ponts, de Fleurier, et d'autres localités du canton de Neuchâtel. Des Sections vont être créées dans plusieurs villages qui étaient restés jusqu'à présent étrangers au socialisme. La Section du Val de Ruz est en voie de s'organiser enfin d'une manière sérieuse ; des délégués de cette Section se sont mis en rapport avec le nouveau Comité fédéral. » — ^ Dans le Jura bernois, grâce à la propagande active de nos amis, on peut compter aussi sur la formation de plusieurs nouveaux groupes. » — « Une réunion a eu lieu le 1*"' mai aux Hauts-Geneveys ; cinq membres de la Section de propagande de la Chaux de-Fonds y assistaient, et, après une longue discussion avec les ouvriers et les agriculteurs qui étaient présents, une douzaine d'hommes dévoués, pour la plupart agriculteurs, ont signé l'engagement de se constituer en Section internationale et de travailler à la propagande dans tous les villages du Val de Ruz. » — « Il y a des Sections en formation aux Brenets, à la Chaux-du Milieu, aux Ponts. »
Tout entiers à notre (Euvre de propagande, et à l'espoir de ramener l'union dans les rangs des travailleurs que l'intrigue du Temple Unique et rinlrigue coulleryste, coalisées, avaient réussi à diviser, nous nous refusions à répondre aux injures de VKg-alité par le talion, à rendre coup pour coup ; nous nous obstinions à tendre une main de réconciliation à ceux qui ne rougissaient pas de nous dénoncer comme des ennemis de la classe ouvrière.
Voici le langage que V Egalité tenait à notre adresse :
« Ce malheureux incident est dû à de sourdes menées, à des germes de dissolution semés par quelques hommes que nous avons eus trop longtemps dans notre sein, pour qui le principe dominant est : Périsse l'In- TEBNATioNALF, pourvu quc nos individualités survivent, et c'est ainsi que ces hommes aux éléments dissolvants comprennent le collectivisme. » (Article de Wa^hry, 9 avril.)
« Que la responsabilité retombe sur ceux qui n'ignoraient point ce qu'ils faisaient, en travaillant dans les ténèbres à la désunion. Ce n'est point à eux que notre parole s'adresse, car ils sont résolus à rester sourds à toute parole fraternelle, conmie de notre côté, nous aussi, nous sommes résolus à les démasquer complètement, alinque lintrigue soit chassée une fois pour totites de'notrc grande et intime famille. . . Nous nous adressons à nos frères dissidents, qui se sont laissé égarer par le souille «le l'intrigue et de la calomnie, qui se sont laissé induire en erreur par les grandes phrases de quelques déclamateurs. . . Kst-ce (jue rambilion de AI. (iuillaume ne se contente pas d'avoir fait ses menées au Congrès romand ? Est-ce qu'il voudrait introduire dans notre sein cette maxime usée de lu presse bourgeoise : Calomniez, calonmiez toujours, il en reste tout de même quelque chose ? Eh bien non, celte fois-ci la calomnie sera réduite à l'impuissance, parce qu'il s'agit {)Our nous de savoir si rinlernatit)naK' veut devenir la risée de ses ennemis, grAce à ses faux amis, si l'Internationale veut se laisser <îétourner de sa grande «euvre [)ar de misérables tracasseries, ou bien si elle veut chasser l'intrigue de son sein et aeeoiuplir sa glorieuse oMivre par l'énergie de l'intelligence des travailleurs euxmêmes. » (Article dOuline, i(j avril.)
« Le Congrès est souverain, s'écrie la majorité de trois voix ;.. . et, après avoir abreuvé la majorité réelle de toute sorte de calomnies, elle
a6 l'internationale
nous tend la main par son rédacteur Guillaume pour la Iroisi âme fois ! Ce rédacteur nous envoie son baiser de Lamourelte ! Eh, où est donc fa souveraineté du peuple ? Peut-elle ôtrc foulée aux pieds plus elTrontément ?. . . Tout ce que nous disons ne concerne en aucune lagon les Sections qui se laissent égarer momentanément par les déclamations et les insinuations d'individus pareils... Mais quant aux baisers du rédacteur de la Solidarité, nous devons avouer que nous aimons mieux ses calomnies que son hypocrisie mal déguisée, et nous tâcherons de nous abstenir de toute réponse à pii. » (Article d'Outine, 23 avril.)
En regard de ces injures, je reproduis ce que j'écrivais dans la Solidarité :
Voici ce que nous pouvons dire aux Sections de Genève, avec l'assurance que nos sentiments fraternels sont partagés par tous les membres des Sections qui formaient la majorité du Congres :
Si vous trouvez nécessaire aux intérêts particuliers du groupe genevois de vous séparer de nous, faites-le, constituez une fédération à part : mais ne nous quittez pas l'injure à la bouche et le ressentiment dans le cœur ; souvenez-vous que, malgré nos dissidences, nous sommes tous des internationaux . . .
Si vous voulez conserver chez vous le journal YEgalité, n'en faites pas un organe destiné à nous faire la guerre. Que V Egalité et la Solidarité traitent, chacune à sa façon, les grandes questions sociales ; mais renonçons dès le début à une polémique irritante et funeste, à une lutte fratricide. . .
Puisque nous n'avons pas pu nous entendre pour avoir un seul Comité fédéral, un seul journal, une seule caisse administrative, tâchons au moins de fédérer, dans les deux groupes, nos caisses de résistance . . .
Au nom de la fraternité internationale, amis de Genève, ne repoussez pas la main que nous vous avons tendue trois fois déjà, et que nous vous tendons encore. {Solidarité du i6 avril.)
Notre journal a des devoirs sérieux à remplir. . , Aussi ne consentirons-nous qu'à la dernière extrémité à remplir nos colonnes du bruit de la querelle soulevée par quelques individualités qui prétendent représenter le socialisme à Genève, et qui, pour le prouver, ont consacré le dernier numéro de YEgalité à nous jeter de la boue.
. , . Nous continuerons à dire aux Sections de Genève : « N'abandonnez pas la Fédération romande ; examinez avec impartialité la situation, comparez la conduite des uns et des autres, vous Qnirez par reconnaître quels sont vos vrais amis, quels sont les socialistes sincères et désintéressés ; vous ouvrirez les yeux sur les intrigues de quelques meneurs qui vous ont trompés ; vous cesserez alors de suivre leurs conseils funestes, et vous accepterez la main de conciliation fraternelle que nous vous tendons encore et que nous vous tendrons toujours. » (Solidarité du a3 avril.)
Mais détournons les yeux du Temple-Unique. Si nous étions bassement insultés dans l'organe que rédigeait Ouline, nous avious la joie de nous trouver en pleine communion d'idées et de sentiments avec les internationaux de France, d'Espagne et de Belgique.
Une nouvelle grève avait éclaté au Greusot en mars, et les grévistes tenaient bon, malgré les condamnations prononcées contre vingt-six d'entre eux par le tribunal d'Autun. Les femmes et les enfants des