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TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE II 4l

à nous ; c'est désolant de voir ce Genève si compact. » Tu me dis que les charpentiers et les cordonniers nous donneront des abonnés et peut-être viendront à nous. Bien : mais dans combien de temps ? Dis-moi d'une façon un peu précise à quelle époque aura lieu quelque chose. Faites quelque chose que nous puissions annoncer, dont nous puissions parler ; ne vous contentez pas de propagande silencieuse et souterraine. Par exemple, tâchez d'obtenir une chose très simple : que Deshusses et Ozerof envoient les annonces de leurs Sections ' à la fois à /'Egalité et à la Solidarité. Cela se peut du mcins pour les charpentiers, puisqu'ils ont décidé de rester indifférents entre les deux fédérations -.

Un passage d'une lettre écrite (en russe^ de Locarno par Bakounine à Mroczkowski ' le 3i mai nous donne son appréciation sur l'allilude de Joukovsky et de Perron, 11 recommande à Mroczkowski de ne pas communiquerà Joukovski ce qu'il lui raconte des affaires russes, à cause de leur divergence d'opinion au sujet de Netchaïef ' ; mais il ajoute quïl est très étroitement lié avec Jouk pour ce qui concerne les affaires de l'Internationale et de la Section de l'Alliance, dont Joukovsky s'occupe avec beaucoup de dévouement et d'emijressement, o romine un enfonceur zélé de portes ouvertes •' » ; c'est un honnête homme et il rend des services. Perron, un autre au)i très sincère, « s'est retiré pour un temps de toute activité publique, mais j'espère que ce n'est pas une retraite définitive " ». (Nettlau, Supplément inédit.)

Le néant des résultats obtenus à Genève par la propagande théorique des membres de la Section de l'Alliance était, pour nous, la preuve que nous avions vu juste en nous refusant à procéder aux Montagnes comme Bakounine et ses amis l'avaient fait à Genève. La Section de l'Alliance avait insisté pour être admise dans la Fédération romande ; il avait été fait droit à sa demande : et qu'en était-il résulté? Depuis qu'ofiiciellenient elle faisait partie intégrante de la Fédération, elle était isolée à Genève plus que jan)ais ; ses réunions de quiuzaine n'étaient plus fréquentées que par une poignée de dévoués ; Joukovsky, secrétaire de la Section depuis le mois de mars, se donnait beaucoup de aiouvcment, mais il s'agitait dans le vide '.

Cependant, à la grève des tuiliers, à Genève, était venue s'ajouter celle des plâtriers-peintres, <|ui pioduisit luie grande agitation dans la population tout entière. Les ouvriers plâtriers-peintres, qui réclamaient depuis deux ans un nouveau tarif, s'étaient décidés à quitter lo travail ; les patrons, alarmés, tirent poser des afliclies qui invitaient le gouvernement à« réprimer les menées de l'Internationale» et à expulser les ouvriers étrangers à la Suisse ; à cette démarche patronale, il fut répondu par la

\. Destmsses était charpentier. Ozerof cordonnier.

2. Lettre reproduite par Noltlan, note 20:26, d'après i'oriirinal retriuivc dans les papiers de Joukovsky.

;{. Mroczkowski s'était retiré à Londres avec la princesse diioiensky.

4. Joukovsky ne prenait pas Netchaliof au sérieux, el uj"avail vivement reproché d'avoir iiublii- dans li' l'roiirrs l'article traduit du n" 2 dos l'iihlicdlii'ii:^ tlv la Socu'tt' ta Jii!<hcr du l'ciifilc : il di-ait (jue cet article ne pouvait être qu'un roman

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