D'après une copie faite par Nettlau
Sa l'inteknationale
Le 27 août, lîakouiiiiic uw Caisait, [ur riiiteriiu-diaire d'Ozerol", l'envoi de la seconde |)arlie de sa Lettre à un l'rançais, 24 jjaj^es intitulées « Continuation, 20 août soir ou plutôt 2(j matin » ; le manuscrit de ces pa^es est conservé ; il est resté en ma possession, ainsi que toute la suite. Ces 24 pages n'ont pas été utilisées [>our l'impression, la rapidité avec laquelle les événements se succédaient leur ayant enlevé presque aussitôt leur intérêt. La paj^e ^4 se termine ain.si : « Dans une troisième lettre, je prouverai que l'initiative et l'organisation du soulèvement populaire ne peut plus appartenir à Paris, qu'elle n'est plus j)ossible que dans les provinces ».
L^n troisième envoi, dont les pages, écrites du 27 au ^o août, sont intitulées « Continuation, n\, 27 août », lut lait, le 3i août, non à Ozerof, cette lois, mais <à Ogaref. La lettre d'envoi (en russe, publiée dans la Correspondajice) dit : « Remets tout de suite à 0[zeror], et de la main à la main, je t'en prie, les grands et nombreux feuillets ci-joints (pages 1-26). C'est la continuation de mon immense lettre à mes amis français (j'ai prié 0[/.erot] de t'en lire ou de t'en donner à lire le conmiencement). Lis celte suite si tu veux, seulement ne la garde pas chez toi plus de quelques heures. Celle lettre doit être immédiatement copiée en plusieurs exemplaires et envoyée en dilTérents lieux. Cette lettre démontre que si la révolution sociale en France ne sort pas directement de la guerre actuelle, le socialisme sera pour longtemps perdu dans l'Europe entière. Sans relard donc, donne celle lettre à ()[zerolJ atin qu'il puisse en l'aire ce qu'il sait. J'envoie ces feuilles à ton adresse parce que je ne suis pas sûr qu'OjzerolJ soit à Genève. Dans le cas où il serait absent, je te prie de les envoyer immédiatement toi-même à Guillaume (Neuchàtel, Suisse, M. James Guillaume, Imprimerie, i4, rue du Seyon), en ajoutant que tu les lui envoies sur ma prière et que je vais lui écrire à ce sujet. »
A partir de ce troisième envoi, la suite du manuscrit me fut expédiée directement par l'auteur, en plusieurs fois : d'abord, le 1*' septembre, les pages 27-66 de la « Continuation, m » (la page 27 porte la date du 3o août) ; puis, le 3 septembre, les pages 67-81 (la page 67 porte la date du 2 septembre ; au bas de la page 81 on ht : Continuation suit) ; le 4 sep tembre les jjages 81 bis-Q6 (à la page 96, Bakounine a écrit en marge, le dimanche 4 septembre : « Fin après-demain ; et [mercredi le 7, biffé] vendredi le 9 septembre je pars ») ; enfin, le 8, les pages 97-112 (sur la page 112 il a écrit, le 8 : a Fin apporterai moi-même. Pars demain. Après-demain soir à Berne; 11 soir ou 12 matin chez vous ; télégraphierai de Berne. ») Les pages ii3-i25 furent apportées par lui-même à Neuchàtel le dimanche 11 septembre, comme il l'annonçait. Mais j'anticipe, et c'est tout à l'heure que j'aurai à parler de la visite que me lit Bakounine en se rendant à Lyon et de l'usage qui fut fait de son manuscrit.
Cependant les événements se précipitaient ; dans une action décisive, le 3o août, une sortie de Bazaine, enveloppé dans Metz, avait été repoussée, et l'armée de Mac-Mahon, qui traînait l'empereur avec elle, se repliait sur Sedan. Le dénouement ne pouvait tarder. Comme, dans notre opinion, la révolution en France devait entraîner la gueri-e générale, nous avions dû songer d'avance à l'altitude que prendraient, le moment venu, les Sections de l'internationale en Suisse. « Celle attitude ne pouvait être qu'un appui effectif accorde aux révolulionnaires français, soit en contraignant la République suisse, par la pression de l'opinion, à faire cause commune avec les républicains français contre Bismarck et la réaction, soit en organisant des corps de volontaires qui seraient allés, comme le firent ceux de Garibaldi, combattre sous les drapeaux de la révolution, non i^our défendre la France comme Etat, mais pour faire triompher la cause du prolétariat armé contre les gouvernements qui se seraient coalisés contre lui '. »