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TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE VIII l4l

qu'en soit l'issue, il faut reconnaître que ce sont des braves. A Paris s'est trouvé ce que nous avons vainement cherihé à Lyon et à Marseille : une organisation, et des hommes qui sont résolus à aller jusqu'au bout.

En même temps qu'il communiquait ainsi ses impressions, Bakounine s'inquiétait de la brochure dont la publication avait été confiée aux soins du trio OgarefOzerof-Joukovsky. et il disait à Ozerof, après avoir reçu quelques « bonnes feuilles » du commencement :

Pourquoi a-t-ou imprimé mon livre sur du j)apier si gris et si sale ? Je voudrais lui donner un autre titre : L'Empire knoiitogernianiqiie et la Révolution sociale. Si le tirage n'est pas encore fait, changez. Sinon, que le titre que vous avez donné reste.

Quatre jours plus tard, le 9 avril, dans une nouvelle lettre (en russe), à Ogaref ', il revient sur la question de son livre, et donne en même temps son opinion définitive — négative — sur la participation de ses amis au mouvement parisien :

Je voudrais t'entretenir simplement de la première livraison de mon livre. Notre pauvre ami 0[zerof , qui en ce moment ne fait plus que délirer avec les amis des Montagnes à propos de Paris et de la France, n'est plus en état de s'en occuper. Moi aussi j ai eu le délire, mais je ne lai plus. Je vois trop clairement que l'ailaire est perdue. Les Français, même les ouvriers, ne sont pas encore à la hauteur. Il a semblé que la leçon avait été terrible, elle a été encore trop faible. Il leur faut de plus grandes calamités, des secousses plus fortes. Les circonstances sont telles, que cela ne manquera pas, — et alors peutêtre le diable s"éveillera-t-il. Mais aussi longtemps qu'il n'est pas réellement éveillé, nous n'avons rien à faire là. Payer les pots cassés par d'autres serait fâcheux et fort désagréable, d'autant plus que ce serait parfaitement inutile. Notre affaire est de nous préparer, de nous organiser, de nous étendre, pour être prêts le jour où le diable s'éveillera. Flaire avant ce temps le saciifice de nos fail)les ressources et de nos quelques hommes — notre unique trésor — serait criminel et bête, (^'est là mon avis définitif. Je m'elforce — efforce-loi aussi de ton côté — de tout mon pouvoir de retenir nos amis 0[zerofj et Ross, et aussi nos amis des Montagnes. J'ai écrit hier à Adhémar. Dis-le à ()(zerofJ ; du reste, il lira lui-même aussi cette lettre.

Je reviens donc à mon livre. La première livraison doit se com- [)oser de huit feuilles. Pi-emière c(uestion : Avez-vous assez de copie pour l'emplir ces Imit feuilles ? Si non, demandez à l'imprimeur de combien de [)ages de manuscrit il aurait besoin pour la compléter : je les lui enverrai iminédialemenl. 2° ('.oulinu(>-t-on à imprimer, et y a-t-il assez d'argent pour i)ayer ces huit leuilles? si non. cpielles démarches ont été faites pour s'en procurer? i" Toi, vieil ami. veille à ce que l'impression soit bien faite, sans fautes. Ne pourrait-on pas utiliser ce Français qui autrefois a si bien corrigé les épreuves chez Czerniecki. ou, à défaut de lui, un autre ? \" Il sei-ait bon tpie la {)remière livraison fasse un tout, et (pi'elle ne se termine pas au milieu d'une phi'ase. 5" J'ai prié Ozei-of de m'envoyer vingt e\eml)laires des feuilles tirées et d'en ex[>édier queU|ues autres à des atlresses que je lui ai indiquées.

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