‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 207 sur 314 · imprimée dans la Correspondance · texte numérisé non relu

imprimée dans la Correspondance

i^a l'internationale

La Solidarilé, n"' -j, 'i et 4. — Bakounine dans le Jura. — Nouveau mouvement d Lyon (7o avril). —La première livraison de L'Empire knoulo-gcrinanique. — Conférences de Bakoanine au Val de Saint-Imier. — Nos projets en mai.

Le second numéro de la noiivelle Solidarité porte la date du 12 avril 1871. Le premier article était de moi : j'y exposais la théorie rédéralistc telle que nous la comprenions, et que nous la supposions comprise par la Commune de Paris. Le voici :

Le fédéralisme.

Le véritable caractère de la révolution qui s'est acconi[)li<' à Pai-is commence à se dessiner d'une façon assez nette pour que tous, même les esprits les plus étrangers aux théories politiques, puissent maintenant l'apercevoir clairement.

La révolution de Paris est fédéraliste.

Le peuple parisien veut avoir la liberté de s'organiser comme il l'entendra, sans que le reste de la France ait à se mêler du ménage parisien ; et en même temps, il renonce de son coté à toute immixtion dans les affaires des départements, en les engageant à s'organiser chacun à sa guise, dans la plénitude de l'autonomie communale.

Les dirterentes organisations qui se seront de la sorte librement constituées pourront ensuite librement se fédérer pour se garantir mutuellement leurs droits et leur indépendance,

11 importe de ne pas confondre le fédéralisme tel que le comprend la Commune de Paris avec le soi-disant fédéralisme qui existe en Suisse et aux Etats-Unis d'Amérique.

La Suisse est simplement un Etatfédératif. et ce mot seul exprime déjà toute la différence de ces deux systèmes. La Suisse est un Etat, c'est-à dire quelle a une unité nationale ; et, par suite, malgré l'apparence fédérative, la souveraineté y est attribuée à la nation dans son ensemble. Les cantons, au lieu d'être considérés comme des individualités distinctes et absolument souveraines, sont censés n'être que des fractions d'un tout qui s'ai)pelle la nation suisse. Un canton n'a pas la libre disposition de lui-même : il peut bien, dans une certaine mesure, gérer lui-même ses affaires ; mais il ne possède pas la véritable autonomie, c'est-à-dire que ses facultés législatives sont limitées par la constitution fédérale ; et cette constitution fédérale n'est pas un contrat, dans le vrai sens du mot; elle n'a pas été acceptée individuellement par chacun des contractants : elle a été imposée aux cantons par le vote d'une majorité. Un canton n'a pas le droit de résilier le contrat iedéi-al; il lui est interdit de sortir de la fédération; il lui est même interdit, comme nous le voyons en ce moment dans les aifaires du Tessin, de se fractionner pour former des cantons nouveaux. Le moindre mouvement politique ou socialiste, une grève par exemple, peut amener dans le canton les troupes fédérales.

La fédération, en Suisse, n'est donc que dans les mots. Ce n'est

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