G. II
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ne sera pas encore la (in. Comprends donc que j'ai commencé en croyant l'aire une l)rochui'e, et que j(; finis en faisant un livre. C'est une monstruosité, mais qu'y l'aire, si je suis un monstie moi-même? Mais bien que monsti-ueux, le livre sera vivant et utile à lire. Il est presque entièicment écrit. Il ne reste qu'à le mettre au point. C'est mon premier et dernier livre, mon testament. Ainsi, mon cher ami, ne me contrarie pas : tu sais, il est im[)ossible de renoncer à un projet cher, à une dernière idée, ou même de les modifier. Chassez le naturel, il revient au galop. Il ne i-este que la question d'argent. On en a recueilli en tout pour dix l'euilles ; or, il n'y en aura pas moins de vingt-quatre. Mais ne t'en inquiète pas : j'ai pris des mesures pour l'éunir la somme nécessaire. L'essentiel, c'est qu'il y a maintenant assez d'argent pour jmblier la première livraison de huit feuilles ; donc, imprimez et publiez sans crainte cette première livraison, telle que je vous le demande (et non telle que vous l'avez projeté). Dieu donne le jour. Dieu donnera aussi le pain \
Il me semble que c'est clair; faites donc comme je vous le demande, vite et exactement, et tout ira bien.
Si cela dépendait de moi. je n'aurais laissé partir pour Paris ni Ross ni Lankiew^icz, surtout le dernier. Mais je respecte la liberté des amis, et, une fois que je me suis assuré que leur résolution est inébranlable, je n'y contredis plus. Ross est déjà parti. Je crains qu'il ne tombe dans les griffes des ennemis avant d'avoir atteint Paris. Ces fils de chien sont maintenant acharnés contre tous les étrangers ; à Marseille ils ont fusillé des garibaldiens avec un plaisir tout particulier. Aussi longtemps qu'il ne se produira aucun mouvement sérieux en province, je ne vois pas de salut pour Paris. Je vois que Paris est fort et résolu, grâce aux dieux. On est enfin sorti de la période de la phrase pour entrer dans celle de l'action. Quelle que soit l'issue, ils sont en train de créer un fait historique immense. Et pour le cas d'un échec, je ne désire que deux choses : i» que les Versaillais n'arrivent à vaincre Paris qu'avec l'aide ouverte des Prussiens ; 2° que les Parisiens, en périssant, fassent périr avec eux la moitié au moins de Paris. Alors, malgré toutes les victoires militaires, la question sociale sera posée comme un fait énorme et indiscutable.
Et s'il est possible de changer encore, intitulez mon livre ainsi : L'Empire knouto- germanique et la Révolution sociale.
Ton M. B.
Le n° 3 de la Solidarité porte la date du 2d avril, il est entièrement rempli par des documents de la Commune de Paris, que précède la repi'o duction d'un article de la Liberté, de Bruxelles, intitulé : La fin de la bourgeoisie. Un supplément contient la Déclaration de la Commune de Paris au peuple français.
Le 25 avril Bakounine quittait Locarno, me télégraphiant pour m'annoncer son arrivée. Il avait reçu, le 23, mille francs de Gambuzzi (c'était un emprunt que Bakounine espérait rembourser avec l'argent qu'il avait fait réclamer à ses frères). Le 27 il était à Neuchâtel, le lendemain il se rendait à Sonvillier, — c'était la première fois qu'il allait au Val de Saint- Imier, — où il séjourna jusqu'au milieu de mai. On a vu, par sa leitre à Ozerof du 5 avril, que sa décision de se rapprocher de ses amis datait