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Jung, secrétaire correspondant pour la Suisse, qu'il avait bien répondu à H. Perret, mais pas le oui ou le non demandé, le Conseil n ayant pas encore eu le temps de décider. Comme si le Conseil pouvait décider sur l'existence ou la non-existence d'un fait passé !
Après plusieurs semaines il fallait entin y venir. Alors le premier ministre de Marx, M. Engels ', me dit qu'on allait voter une Conférence, que l'alfaire suisse y serait traitée, et que je devais y remettre mon interpellation.
Le 16 mars [1H71] j'avais aussi proposé de réunir le j)Ius tôt possible une Conférence. Elle devait, selon moi, au point de vue administratif, remplacer le Congrès de 1870 empêché par force majeure. De plus M. Serraillier ^ avait récemment présenté son rapport au Conseil sur l'état de l'Internationale à Paris pendant le siège. Plusieurs membres, entre autres Malon, y étaient accusés de faits qui les eussent rendus indigues de continuer à faire partie de l'Association. 11 me paraissait juste de les convoquer à la Conférence pour entendre leur défense. Entin on y eût achevé d'apaiser l'incident suisse, que je pensais à peu près terminé. Ma proposition fut combattue par Marx et ses acolytes et repoussée presque à l'unanimilé. Pourquoi pareille proposition fut-elle adoptée plus tard ? Parce qu'on escamotait ainsi le Congrès de 1871, que rien n'empêchait ^
Je ne fus plus la dupe d'Engels. Je répondis qu'il ne s'agissait pas d'une discussion, que je remettrais volontiers à la Conférence, mais d'une simple question très brève. Impossible de l'éviter. Je lus alors l'extrait ci-joint des deux lettres :
1. Engels, qui avait habité pendant de longues années Manchester, où il était associe intéresse dans une lilature, s'était retiré des alïaires en juin IStJ'J, et, vivant désormais de sts rentes, avait établi son domicile à Londres en 1870. il .ivait pris immédiatement au Conseil général une situation prépondérante, par l'inlluencie qu'il exerçait sur Marx ; cette intluence venait non seulement de son caradérc dominateur et violent, de sa combalivilé, de son zclt; de polémiste, toutes choses qui lui donnèrent sur son ami — liien supérieur a lui, pourtant, par l'inlelligence — un ascendant subi jusqu'au bout sans révolte, mais encore des relations qui s'étaient établies entre eux au point de vue pécuniaire. On sait (jue, de 186ij à Isioy, Marx s'était trouvé dans de grands embarras d'argent ; il en sortit par une double intervention, celle de sa laiaille, en Allemagne, et celle d'Engels, qui, en liquidant sa situation commerciale à Manchester, assura à Marx, par un acte (jui honore également les deux amis, une rente annuelle dont nous ne connaissons pas le chillre. Marx écrit a ce propos a son ami Kugelmann, le 0 décembre 18t38 : <( Ma situation économique recevra a partir de l'année prochaine, par suite d'un sellleiiienl [arrangement], une forme satisfaisante ». et, le \2 décembre 18G8 : « En ce qui concerne le scllleiULUt, il ne pouvait pas être question pour moi d'accepter un emploi ou d'entrer dans les alïaires [comme Kiigelmanu se l'était imagine à la lecture de la lettre précédente), tant que mon livre n'est pas achevé. Sans cela, il y a longtemps (|ue j'aurais pu me soustraire a la gène de ma situation. Voici tout simplement la chose — mais ceci entre noU!> : d'unie part j'ai fait un arrangement avec ma famille, et d'aulre part Engels, à mon insu, par un accoid avec son parLner [associé] concernant ses propres revenus (il doit se retirer des atl lires en juin prociiain), a fait un setlLentenL pour moi, grAce au(iuel je pourrai travailler tranquillement à partir de l'année prochaine. »