TROISIÈME PARTIE, CHAI'lTkE X l8l
Entin, mon dernier mot : cessons d'avoii* lionte de nous-mêmes, de notre droit, de notre principe ; n'ayons pas l'air de demander pardon d'exister ; ne faisons plus de lâcheté sous le prétexte de sauver l'union dans l'Internationale ; ne tuons pas l'àme de cette dernière sous le prétexte de l'aire vivre son corps. Ne cherchons pas notre force dans l'habileté et dans la diplomatie, où nous sei'ons toujours les plus faibles parce que nous ne sommes pas des coquins. Luttons et triomphons au nom de notre principe.
Votre ami et frère, M. Bakounine.
Le jour même (le 6) où Bakouoine écrivait colle lellre, les membres de la Seclion de l'Alliance, avec une inexplicable précipitalion, tenaient une réunion à laquelle assistèrent un certain nombre de rétu^çiés français, et, après un discours de Joukovsky, qui raconta en détail rhiî^toire de l'AI- Hance, prononçaient la dissolution de leur Seclion. Joukovsky, leur négligent secrétaire, n'avait fait part à Bakounine ni de la lettre de Hobin, ni de ma proposition, dont Bakounine n'avait connu l'existence que par moi; et, après leur coup de tête, il resta plusieurs jours sans donner signe de vie : ce fut seulement le 9 c[u'il me griffonna troi.s lig-iies au craijon, — qui me furent apportées par un camarade espagnol venu de Genève à Neuchâtel pour me rendre visite, — afin de m'apprcndre que la Section de l'Alliance était dissoute ; et il n'écrivit pas un mol à Bakounine. qui apprit la dissolution de la Section de l'Alliance le 12 seulement, par une lellre d'Ozerof (calendrier-journal).
Des extraits de cinq lettres écrites par moi à Joukovsky, les 10, if, i5, 20 et 27 août, donneront des détails sur la suite de cette affaire, et sur quelques points concernant notre Fédération. Voici la première ' :
Neuchàtêl, 10 août 187 1.
Mon cher Jouk,
Je t'écris par la même voie par laquelle j'ai reçu ton billet d'hier -...
Les fameux comptes de la Solidarité sont-ils enfin envoyés à Schwitzguébel ^ ? Je sais qu'il t'a écrit dernièrement, mais j'ignore encore si tu lui as répondu. Je t'avais écrit par l'entremise de Perron une lettre fort indignée : te l'a-t-il connuuniquée?
(^uant à l'Alliance, je ne puis pas juger de ce que vous av«'z fait d'a[)rès tes trois lignes au crayon. Mais, dès maintenant, il me semble ([ue vous êtes allés un peu vite. J'avais insisté pour que Michel fût consulté et pour qu'on lui envoyât la lettre de Robin. Or, d'après une lettre de Michel que j'ai reçue h'er et que j'ai envoyée immédiatement à Perron pour qu'il la communique aux amis ', il send>le ([ue Michel n'a rien reçu de vous, et t[u"il n'a été instruit du [U'ojet de dissoudre l'Alliance que par moi. Tu verras, d'après sa lettre, cpi'il dillei-ait d'opinion avec nous, et (ju'il aurait voulu conserver le f<t(itn (/iio jus([u"au Congrès ; j'aurais ainu^ ([ue vous attendiez sa lettre avant de prendre une décision, afin (pie son opinion put être couqttée et discutée.
Et mainleiianl ([ue faites-vous ? J'espère cpi'au moins pour cette all'aire si grave, vous allez agir régulièrement. Il y a deux choses à faire tout d'aboi'd :
i. D'après ri)rij;in;il, (]ui m'a ("'té rciidu vu l'.NlIi par .M""' Joukovsky ■ 2. ("ost,-;i-(lirp. par le caniaradc ('spay:riol.
;j. \ oir p. liK) If rcsumi' ilc ma lettre du 2(1 juin, réelainaul à .loukovsky les comptes do, la SolidarUr.